Le Groupe des partenaires internationaux (GPI) et l’Unité de gestion du projet JET ont publié, à la fin de l’année 2025, leur rapport d’étape conjoint marquant douze mois de mise en œuvre du Partenariat pour une transition énergétique juste (JETP) en Afrique du Sud. Ce document met en lumière des progrès significatifs dans la transformation du système énergétique sud-africain, confirmant la pertinence et la solidité de ce mécanisme innovant de coopération internationale au service d’une transition énergétique propre, inclusive et socialement équitable.
Le GPI, composé du Royaume-Uni qui en assure la présidence, du Danemark, de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et des Pays-Bas, a réaffirmé son engagement financier et politique en faveur du JETP, malgré le retrait des États-Unis du partenariat en février 2025. Les membres du Groupe international de partenariat se sont engagés à hauteur de 10 milliards de dollars, auxquels s’ajoutent des contributions bilatérales portant le total à 12,4 milliards de dollars. En incluant les engagements des banques multilatérales de développement, le volume global de financements mobilisés atteint désormais 13,7 milliards de dollars, illustrant la confiance persistante des partenaires dans la trajectoire sud-africaine.
Le rapport souligne que la transition énergétique juste de l’Afrique du Sud progresse de manière cohérente, portée par des avancées notables dans les réformes du secteur de l’énergie, l’augmentation des investissements dans les énergies renouvelables, l’ouverture accrue au secteur privé dans le transport de l’électricité et le renforcement des infrastructures de distribution. Ces évolutions confirment que le pays reste sur une trajectoire positive, malgré un contexte mondial marqué par des incertitudes géopolitiques et économiques.
Les JETP s’imposent désormais comme un modèle de référence à l’échelle internationale, en alignant les priorités nationales avec les financements publics et privés internationaux. Cette approche, centrée sur le leadership des pays bénéficiaires, gagne en visibilité et inspire d’autres initiatives de transition énergétique propre dans les économies émergentes. En Afrique du Sud, ce modèle s’est traduit par des progrès réglementaires et institutionnels significatifs, ouvrant la voie à la mise en place du marché de gros de l’électricité sud-africain, le South African Wholesale Electricity Market (SAWEM), dont le lancement est prévu pour avril 2026.
À cet égard, l’octroi par le régulateur NERSA d’une licence d’opérateur de marché à la National Transmission Company South Africa (NTCSA) constitue une étape structurante. Parallèlement, un vaste programme de développement des infrastructures de transport est en cours, avec la construction prévue de plus de 14 000 kilomètres de lignes de transmission au cours de la prochaine décennie. Ce programme est soutenu par des projets de transport indépendants portés par le secteur privé et par un mécanisme de garantie de crédit adossé à la Banque mondiale, destiné à réduire les risques et à mobiliser davantage de capitaux.
La dynamique politique a également été renforcée par la présidence sud-africaine du G20, qui a mis l’accent sur la décarbonation tout en maintenant l’accès universel à l’énergie comme priorité stratégique. Les portefeuilles du JET sont désormais pleinement intégrés aux structures de gouvernance nationales, permettant une coordination renforcée et une mise en œuvre plus efficace des projets à tous les niveaux de l’administration et des territoires.
Sur le plan opérationnel, les projets soutenus par le GPI ont contribué à des avancées concrètes dans plusieurs secteurs clés. L’Allemagne, à travers la KfW, a accordé un prêt de 150 millions d’euros à la ville du Cap afin de renforcer la résilience et la capacité de son réseau électrique. Le Royaume-Uni, via BII et PIDG GuarantCo, a mis en place un financement de garantie innovant de 100 millions de dollars au bénéfice d’une société de négoce d’énergie, facilitant ainsi le déploiement de nouvelles capacités de production. L’Union européenne, par l’intermédiaire de la Banque européenne d’investissement, a signé un prêt de 350 millions d’euros avec Transnet, tandis que la France a récemment annoncé un nouveau financement de 300 millions d’euros pour accompagner la stratégie de décarbonation de cette entreprise publique stratégique.
L’assistance technique demeure un pilier essentiel du partenariat. Le Danemark, notamment, poursuit le renforcement des capacités des institutions sud-africaines dans les domaines de la régulation, du développement du marché de l’électricité, de la planification énergétique et des modèles d’approvisionnement, contribuant ainsi à la réussite du futur marché de gros de l’électricité.
La dimension sociale de la transition reste au cœur du JETP. Des progrès notables ont été enregistrés dans le soutien aux petites et moyennes entreprises, grâce à l’attraction d’investissements ciblés et à des programmes de développement des compétences le long de la chaîne de valeur des énergies renouvelables et au-delà. Un exemple emblématique est celui du Centre d’expertise horticole de Grootvlei, financé par les Pays-Bas, dont la construction est bien avancée sur le site de l’ancienne centrale de Grootvlei. Ce projet vise à créer des emplois alternatifs durables en promouvant une agriculture respectueuse du climat et économe en eau, tout en formant une nouvelle génération de travailleurs, de gestionnaires et d’entrepreneurs agricoles dans la région.
À l’horizon 2026, le Partenariat pour une transition énergétique juste devrait continuer à produire des effets tangibles en consolidant un environnement propice à la transition, en mobilisant des financements à grande échelle et en maintenant un fort élan politique. Les partenaires entendent désormais mettre l’accent sur une mise en œuvre efficace, tout en capitalisant sur les enseignements tirés pour orienter les futurs JETP et les plateformes de coopération de nouvelle génération.
L’Unité de gestion du projet JET prévoit de conduire, en collaboration avec les membres du Groupe de pilotage intégré et l’ensemble des parties prenantes, une évaluation approfondie de la mise en œuvre. Le soutien du GPI demeure solide et l’ensemble des partenaires réaffirment leur engagement envers les objectifs définis dans la Déclaration politique de 2021, le Plan d’investissement de 2022 et le Plan de mise en œuvre de 2023. Dans un contexte géopolitique incertain, ce partenariat illustre l’importance stratégique de soutenir une transition énergétique juste, intégrant pleinement ses dimensions économiques, environnementales et sociales.


