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Afrique du Sud : Discours de Chahar Boulakhras, directeur général de Sonelgaz

Afrique du Sud : Discours de Chahar Boulakhras, directeur général de Sonelgaz
Afrique du Sud : Discours de Chahar Boulakhras, directeur général de Sonelgaz

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais remercier les organisateurs pour l’invitation à cette conférence. Je suis ravi d’être ici au Cap et de participer à cette session consacrée à la «croissance énergétique». Je suis particulièrement heureux de prendre la parole devant un auditoire prestigieux composé de hauts dirigeants, de hauts fonctionnaires et de chercheurs de renom pour débattre des industries énergétiques et de leurs incidences sur la croissance économique et l’inclusion sociale.

C’est pour moi une excellente occasion d’entendre différents points de vue sur différentes tendances énergétiques et de présenter brièvement le potentiel et la croissance du secteur de mon pays.

Mesdames et Messieurs,

Notre continent recèle un potentiel abondant en ressources énergétiques. Ces ressources pétrolières et gazières seront essentielles pour répondre à la demande mondiale croissante, d’autant plus que les combustibles fossiles resteront dominants dans l’approvisionnement énergétique mondial et couvriront plus de 80% de la demande d’énergie primaire au cours des 20 prochaines années. L’Afrique continuera de jouer un rôle important dans l’approvisionnement mondial en combustibles fossiles.

Pour les pays africains exportateurs de pétrole et de gaz, les ressources énergétiques occupent une place prépondérante dans leur développement socio-économique, car elles constituent leur principale source de devises.

Les fortes incertitudes entourant les marchés pétroliers et la chute des prix des hydrocarbures expliquent pourquoi ces pays, y compris l’Algérie, sont confrontés à des difficultés, accentuées par la forte croissance de la demande intérieure. Des études montrent qu’à long terme – à l’aube du XXIe siècle -, 40% de la population mondiale vivra en Afrique, qui est aussi le continent le plus menacé par le changement climatique.

Les difficultés économiques auxquelles sont confrontés tous les pays africains, y compris les pays exportateurs, peuvent nous amener à penser que les préoccupations concernant le développement durable seront reléguées au second plan.

Cela ne pouvait être moins vrai, dans la mesure où des stratégies et des politiques énergétiques efficaces fourniront aux pays un développement structurel contribuant à la réalisation des objectifs de développement durable, objectifs qui ne pourront être atteints sans une consommation d’énergie substantielle dans les pays émergents. Dans tous nos pays, l’accès à l’énergie contribue à la prospérité économique, au bien-être social et au développement durable. C’est un gros défi si l’on compte les 645 millions d’Africains qui vivent actuellement sans électricité.

Le défi consiste donc à couvrir cette demande, à créer des richesses et des emplois, à réaliser des investissements et à assurer le développement économique et industriel de nos pays.

Après cette brève introduction, je voudrais aborder les initiatives algériennes dans le secteur de l’énergie.

La demande intérieure en Algérie a considérablement changé ces dernières années. Par exemple, la production commerciale d’énergie primaire s’est maintenue au niveau mondial au cours de la dernière décennie, atteignant 165,2 millions de tonnes d’équivalent pétrole à la fin de 2018.

Cette évolution a eu lieu alors que la consommation totale d’énergie augmentait régulièrement pour atteindre 65 Mtep en 2018, ce qui représente 39,3% de la production totale. La consommation finale d’énergie a fortement augmenté, atteignant 48,1 Mtep, principalement à cause du gaz naturel, du gaz de pétrole liquéfié et de l’électricité.

En ce qui concerne l’électricité, les investissements que nous avons déjà réalisés dans les centrales classiques pour répondre à la demande et notre politique énergétique incluent désormais le développement des énergies renouvelables afin de mieux préparer la transition énergétique des combustibles fossiles.

L’expérience algérienne en matière d’accès à l’énergie est intéressante à plus d’un titre. Les efforts déployés par l’État pour renforcer la capacité de production d’électricité, mais aussi l’infrastructure de transport et de distribution d’électricité et de gaz. Aujourd’hui, tous les citoyens ont accès à l’électricité et au gaz à des prix abordables.

Le nombre d’abonnés au réseau électrique a considérablement augmenté depuis 2000, passant de 4,5 à 9,5 millions pour l’électricité et de 1,4 à près de 6 millions d’abonnés au gaz naturel. L’État a pris en charge le raccordement électrique et gaz afin d’atteindre une électrification totale du territoire algérien et un taux de pénétration du gaz par pipeline. Des solutions hors réseau ont également été développées dans des localités isolées. L’Algérie étant un producteur de gaz, le gaz naturel est responsable de plus de 97% de sa production d’électricité. Afin de préserver les combustibles fossiles pour les générations futures, nous avons également privilégié des centrales à cycle combiné plus efficaces.

Parallèlement, d’autres efforts ont également été déployés en faveur de l’utilisation de produits propres, notamment l’utilisation généralisée de l’essence sans plomb dans les transports et l’utilisation de l’électricité pour compléter l’utilisation du gaz naturel et du GPL (butane). .

Mesdames et Messieurs,

Les énergies renouvelables sont devenues une priorité nationale.

Compte tenu du potentiel solaire de l’Algérie, son immense territoire, notre transition énergétique est axée sur le développement des énergies renouvelables, notamment par la construction de centrales solaires photovoltaïques. Nous avons lancé un ambitieux programme national d’énergie renouvelable et de gestion de l’énergie adopté en 2011 et mis à jour en 2015. Nous nous sommes fixé des objectifs ambitieux et prometteurs en matière d’énergie renouvelable et nous nous engageons à faire des vingt prochaines années l’ère du déploiement des énergies renouvelables le pays. Le programme fournit 47 à 51 TWh d’ici 2035-2040.

Ce programme est en cours de mise en œuvre. Nous avons déjà achevé 22 installations photovoltaïques d’une capacité totale de 350 mégawattpeak dans les régions du sud et des hauts plateaux. Nous avons également construit un parc éolien de 10 MW et de petites centrales à énergie renouvelable fonctionnant avec différentes technologies. Cette capacité installée nous a permis d’identifier les contraintes et les défis pouvant survenir dans le développement des énergies renouvelables à grande échelle.

Les compétences et les capacités nationales dans ce domaine existent et notre stratégie sera axée sur le développement des énergies renouvelables autour de deux composantes: l’énergie et l’industrie. Cette double stratégie nous semble décisive puisqu’elle favorisera le développement à grande échelle d’installations renouvelables.

En outre, d’autres mesures d’aide à l’investissement sont prévues pour soutenir le développement des énergies renouvelables hors réseau, y compris des applications dans l’agriculture, les ressources en eau, l’utilisation individuelle et les agglomérations isolées.

Notre stratégie repose également sur l’efficacité énergétique en visant à réduire la consommation globale d’énergie de 9% d’ici 2030 en améliorant la performance énergétique des maisons et des villes.

Nous lançons des actions en faveur des systèmes d’isolation des maisons, des lampes à basse consommation, des chauffe-eau solaires, des lampes à sodium, ainsi que de la promotion de combustibles propres tels que le GPL et le gaz naturel comprimé.

Une autre direction importante consiste à créer des centrales électriques hybrides dans des réseaux isolés du sud du pays, utilisant l’énergie solaire et l’énergie éolienne; cela permet de réduire la consommation de carburant dans les centrales et les combustibles utilisés pour son transport et par conséquent de réduire les différentes émissions de polluants.

Sonelgaz produira plus de 50 mégawatts d’énergies renouvelables pour hybrider ces centrales actuellement alimentées au combustible.

Mesdames et Messieurs,

Sur le plan régional, l’Algérie a déployé des efforts considérables pour consolider et développer les échanges énergétiques régionaux, tant dans la direction du Maghreb, vers l’Europe que vers l’Afrique.

Nous participons également aux grands projets d’interconnexion électrique avec nos voisins et aux autres grands projets, en partenariat, qui ont abouti au vaste programme de développement.

Je tiens à réaffirmer notre engagement à collaborer davantage avec notre magnifique continent plein de promesses et d’opportunités. L’Algérie poursuit ses efforts pour mener des projets de grande envergure qui stimuleront les investissements et les opportunités commerciales en Afrique où l’accès à l’énergie constitue un défi majeur.

Nous croyons fermement aux partenariats et à la coopération gagnant-gagnant qui consistent à créer de la richesse localement et à développer le savoir-faire et les compétences de la ressource humaine. Nous envisageons notre partenariat avec l’Afrique plus loin que la région méditerranéenne.

Au-delà des projets d’interconnexions électriques, nous souhaitons aller encore plus loin vers l’Afrique subsaharienne. Nous avons développé une expertise que nous pouvons partager à travers des partenariats de formation, d’études mais aussi à travers la construction de réseaux électriques, notamment dans le cadre de l’électrification rurale.

L’amélioration de l’accès à l’énergie en Afrique est prévisible grâce aux petits réseaux de petite taille que nous avons déjà développés avec succès dans des zones difficiles d’accès en Algérie. Nous avons également progressé dans la production de petites et de grandes turbines de puissance, de systèmes de contrôle, d’alternateurs, de transformateurs, d’isolateurs, etc.

Cependant, toutes ces opportunités ne pourront être concrétisées que si nous pouvons créer un espace de prospérité partagée. De ce point de vue, nous considérons les énergies renouvelables comme une opportunité donnée à l’Afrique de réduire le chômage, d’améliorer l’inclusion sociale et l’injustice économique entre les pays.

Ce sont des conditions qui consolideront la sécurité de notre population et le développement local. Une fois encore, des partenariats à long terme doivent être envisagés pour que le développement durable ne se limite plus à chaque pays individuellement.

Le développement de l’Afrique doit être planifié dans une perspective continentale, y compris des projets clés à grande échelle.

Mesdames et Messieurs, le développement de l’Afrique ne peut être compris comme tel que si cela profite à tous.

Merci de votre attention.

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