La demande intérieure de gaz naturel, stimulée par un parc électrique dépendant à plus de 95% de cette ressource, a dépassé les 45 milliards de mètres cubes en 2023. Cette tendance structurelle pèse directement sur les volumes disponibles pour l’exportation. En 2024, les exportations de gaz naturel ont atteint environ 49 milliards de mètres cubes, en léger recul par rapport à 2023, dont 11 à 12 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) principalement destinées à l’Europe. Cette tension s’explique par la nature rigide du secteur : les capacités de production, de transport et de liquéfaction, régies par de longs cycles d’investissement, ne permettent pas d’ajustements rapides, d’autant que l’essentiel des exportations est lié par des contrats à moyen et long terme.
Pour relever ce défi et préserver sa souveraineté énergétique, l’Algérie poursuit un objectif ambitieux de production gazière annuelle d’environ 200 milliards de mètres cubes d’ici cinq ans, contre près de 137 milliards en 2023. Ce plan s’inscrit dans un programme d’investissement plus large de 60 milliards de dollars sur la période 2025-2029, majoritairement consacré à l’exploration, au transport et au traitement des hydrocarbures. Bien que les montants spécifiques et les objectifs opérationnels du plan 2026-2030 de Sonatrach n’aient pas été détaillés, ses priorités sont claires : consolider les capacités de production, sécuriser les infrastructures critiques comme les gazoducs, et fiabiliser l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement pour servir simultanément le marché domestique et les clients internationaux.
Le succès de cette stratégie est crucial pour l’économie algérienne. Il déterminera la capacité du pays à garantir sa propre sécurité électrique tout en maintenant son rôle de fournisseur gazier fiable pour l’Europe, dans un environnement géopolitique et énergétique mondial volatile.


