La Côte d’Ivoire, consolidant sa position de producteur d’or en Afrique avec une production annuelle dépassant les 3,5 millions d’onces (selon l’USGS), s’apprête à accueillir un nouvel acteur de poids. La société Aurum vient d’officialiser le dépôt de trois demandes de permis d’exploitation minière pour son projet phare de Boundiali. Cette démarche réglementaire marque la transition du projet d’une phase d’exploration intensive vers un développement industriel à grande échelle, couvrant une zone stratégique de 572,67 km².
Pour optimiser ses chances de succès et garantir une flexibilité opérationnelle, Aurum a opté pour une soumission séquentielle de ses demandes auprès du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie. Cette approche permet à chaque segment du projet de progresser indépendamment dans le processus de validation technique, financière et environnementale.
La zone est ainsi découpée en trois blocs distincts :
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La demande BST, déposée en mars 2025, couvrant 167,36 km².
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La demande BD, soumise en décembre 2025, sur 130,38 km².
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La demande BM, également déposée en décembre 2025, englobant 274,93 km².
Cette structuration permet de pallier d’éventuels retards administratifs sur une zone spécifique sans bloquer l’intégralité du développement. En s’appuyant sur l’acquisition de Major Star Plus (35 % de participation), Aurum consolide ses partenariats locaux, une stratégie éprouvée pour répondre aux exigences réglementaires ivoiriennes et assurer une gestion optimale des risques politiques.
L’année 2025 a été celle de tous les records pour le projet. Grâce à la réalisation de 108 000 mètres de forage au diamant, les ressources estimées du site de Boundiali ont bondi de 1,59 Moz à 2,41 Moz en seulement douze mois. En intégrant le gisement adjacent de Napié, les ressources combinées atteignent désormais 3,28 millions d’onces d’or.
Cette envergure place Boundiali parmi les projets aurifères les plus importants d’Afrique de l’Ouest. Selon les standards actuels de l’industrie, une telle ressource pourrait générer une production annuelle comprise entre 200 000 et 400 000 onces, en fonction de la configuration finale des installations de traitement. La vaste superficie du permis laisse d’ailleurs entrevoir de nouvelles découvertes, les systèmes aurifères régionaux abritant souvent des gisements multiples au sein de leurs corridors minéralisés.
Le projet bénéficie d’un atout géographique majeur : son implantation au cœur du corridor aurifère ivoirien. La proximité des réseaux de transport, des infrastructures énergétiques et des chaînes d’approvisionnement existantes réduit considérablement les besoins en capitaux par rapport à des sites isolés.
L’année 2026 sera consacrée aux études de faisabilité approfondies. Ces travaux fourniront les évaluations économiques détaillées, les prévisions de coûts d’investissement (CAPEX) et les calendriers de production nécessaires aux décisions finales de financement. Aurum affiche une solide position de trésorerie, lui permettant de mener ces études techniques sans contraintes majeures.
Si les conditions de marché restent favorables, le cours actuel de l’or assurant une rentabilité robuste pour les opérations à grande échelle, la phase de développement effectif est anticipée sur la période 2027-2029. Avec Boundiali, Aurum ne se contente pas d’ajouter une mine au cadastre ivoirien ; elle participe activement à la montée en puissance de la Côte d’Ivoire sur l’échiquier minier mondial.


