Alors que les nations ouest-africaines cherchent à capter une part plus juste de la rente extractive, l’année 2026 marque une divergence stratégique dans les politiques de redevances. Si l’objectif commun reste l’augmentation des recettes publiques, les mécanismes choisis par Bamako, Accra et Abidjan révèlent des priorités économiques distinctes, oscillant entre captation immédiate de la valeur et incitations à l’industrialisation.
Mali : Le choix de la maximisation étatique
Sous l’impulsion de son nouveau code minier, le Mali a instauré en 2026 l’un des régimes de redevances les plus exigeants de la sous-région. La structure fiscale malienne ne se contente plus de redevances « ad valorem » (basées sur la valeur du minerai) ; elle intègre désormais des taxes sur les superprofits déclenchées dès que les cours mondiaux dépassent certains seuils. Pour l’or, pilier de l’économie, les redevances combinées aux diverses taxes de production peuvent désormais atteindre des taux effectifs de 10 % à 12 %, contre environ 6 % auparavant. Cette stratégie vise à financer directement les fonds de développement local, mais elle impose une pression accrue sur les marges des opérateurs en phase d’exploration.
Ghana : La flexibilité au service de la transformation
Le Ghana a opté pour une approche plus nuancée, particulièrement dans le secteur émergent du lithium. Pour 2026, Accra applique un système de redevances glissantes. Le taux de base a été relevé à 10 % pour le lithium, mais le gouvernement offre des « rabais fiscaux » significatifs aux entreprises qui s’engagent dans le raffinage local du spodumène. À l’inverse, pour l’or, le Ghana maintient une certaine stabilité avec un taux pivot de 5 %, privilégiant la pérennité de ses exploitations matures tout en utilisant la fiscalité comme un levier pour inciter les nouveaux projets de métaux critiques à créer de la valeur ajoutée sur le territoire national.
Côte d’Ivoire : L’attractivité par la stabilité
La Côte d’Ivoire conserve en 2026 le cadre le plus favorable aux investisseurs parmi les trois pays, avec des redevances sur l’or indexées sur les cours mondiaux allant de 3 % à 6 %. Abidjan mise sur un volume d’investissement massif plutôt que sur un taux d’imposition élevé. La stratégie ivoirienne repose sur l’élargissement de l’assiette fiscale : en attirant davantage de projets grâce à une fiscalité prévisible, l’État compense la modération de ses taux par une multiplication des sites en exploitation. C’est un modèle qui séduit particulièrement les « juniors » minières et les investisseurs occidentaux à la recherche d’un environnement fiscal moins agressif.
Synthèse des tendances régionales
Le tableau suivant résume les orientations fiscales majeures pour l’année 2026 :
| Pays | Taux de Redevance Moyen (Or/Lithium) | Particularité 2026 |
| Mali | 10% – 12% | Taxe sur les superprofits systématique |
| Ghana | 5% (Or) / 10% (Lithium) | Modulations en fonction de la transformation locale |
| Côte d’Ivoire | 3% – 6% | Indexation stricte sur les cours mondiaux |
En conclusion, l’arbitrage pour les investisseurs en 2026 dépend de leur horizon temporel : le Mali offre des gisements riches mais une fiscalité lourde, le Ghana propose un partenariat industriel stratégique, tandis que la Côte d’Ivoire demeure la destination de choix pour la sécurité des marges bénéficiaires.


