Le 23 avril à Alger, en présence des présidents Mahamat Idriss Déby Itno et Abdelmadjid Tebboune, les ministres du Pétrole des deux pays, Fatima Haram Acyl pour le Tchad et Mohamed Arkab pour l’Algérie, ont signé un accord-cadre pour la construction d’une raffinerie sur le territoire tchadien. Cet accord stratégique vise à réduire la forte dépendance de N’Djamena aux importations de produits raffinés et à sécuriser son approvisionnement.
Un contexte marqué par une dépendance persistante aux importations
Le Tchad est un pays producteur de pétrole depuis 2003, avec une production nationale estimée entre 110 000 et 120 000 barils par jour. Pourtant, le pays ne dispose que d’une seule infrastructure de raffinage, la raffinerie de Djermaya, mise en service en 2011 et d’une capacité nominale de 20 000 barils par jour. Cette unique installation, opérée en partenariat avec le groupe chinois CNPC International Chad, est insuffisante face à la demande intérieure.
Le déséquilibre est criant : une grande partie du brut tchadien est exportée, tandis que le pays doit importer massivement ses carburants pour combler le déficit de transformation locale. Cette situation rend l’économie nationale vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux et aux tensions géopolitiques. Ainsi, en mars 2026, les importations de gazole ont chuté de 19 % et celles d’essence de 30 %, sous l’effet des tensions internationales, tandis que la consommation nationale reculait de plus de 5 % pour ces deux produits.
Les contours d’un projet de grande ampleur
Si les détails précis sur la capacité, le coût et le calendrier de la nouvelle raffinerie n’ont pas encore été dévoilés, l’accord-cadre signé avec l’Algérie prévoit la construction d’une infrastructure dont la capacité pourrait atteindre 20 000 barils par jour, avec une extension possible à 50 000 barils par jour. Ce projet s’inscrit dans une logique de complémentarité avec la raffinerie de Djermaya, afin de renforcer les capacités de transformation locale du brut tchadien.
L’entente bilatérale prévoit également une coopération technique approfondie, notamment à travers un mémorandum d’entente entre le groupe algérien Sonatrach et la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT). Ce partenariat englobe la préparation, le financement, la réalisation et l’exploitation de la future raffinerie. Par ailleurs, un accord-cadre a été signé avec l’Institut algérien du pétrole pour renforcer et valoriser les capacités du secteur pétrolier tchadien. L’Algérie, qui dispose d’une capacité de raffinage supérieure à 600 000 barils par jour, apportera ainsi son expertise dans la conception, l’exploitation et la maintenance des infrastructures pétrolières.
Un partenariat stratégique aux multiples facettes
Cette signature s’inscrit dans une dynamique bien plus large de relance de la coopération entre N’Djamena et Alger. Au total, 34 accords bilatéraux ont été paraphés lors de la visite d’État du président tchadien. Ces textes couvrent des domaines aussi variés que les travaux publics, les télécommunications, l’industrie pharmaceutique, le transport aérien ou encore la lutte contre le terrorisme. Ils traduisent la volonté commune de passer « d’une amitié traditionnelle à un partenariat stratégique de nouvelle génération », selon les termes employés par Mahamat Idriss Déby.
Ce rapprochement énergétique intervient alors que les échanges commerciaux dans le secteur des hydrocarbures entre l’Algérie et le Tchad ont déjà atteint environ 120 millions de dollars en 2025. Avec ce nouvel accord, l’Algérie affirme son repositionnement sur le continent africain, dans un contexte de concurrence accrue avec d’autres puissances régionales.
Pour le Tchad, la construction d’une seconde raffinerie représente un enjeu de souveraineté économique : il s’agit de valoriser localement une ressource nationale, de réduire une facture d’importation pesante et de stabiliser un marché des carburants régulièrement secoué par des tensions. Le partenariat avec l’Algérie, fort de son expérience industrielle et de sa capacité d’investissement, offre une perspective concrète pour transformer cette ambition en réalité. Reste à préciser les modalités opérationnelles du projet ainsi que son financement, des étapes clés dont dépendra la réussite de cette nouvelle infrastructure énergétique au cœur du Sahel.
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