Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a annoncé une accélération sans précédent de la stratégie énergétique nationale. Invité de l’émission En Vérité le 3 mai 2026, le ministre a dévoilé un plan visant à ajouter 1 250 mégawatts supplémentaires au réseau d’ici 2027, soit une augmentation de près des deux tiers par rapport à la capacité actuelle du pays, estimée à environ 1 902 MW.
Ce bond en avant repose sur un portefeuille de quatre projets majeurs portés par Senelec : deux centrales solaires d’une puissance respective de 250 MW et 500 MW, une centrale à gaz de 500 MW développée avec le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), ainsi que le renforcement du parc éolien existant. « Cette capacité colossale est destinée à répondre durablement à la demande croissante et à concrétiser l’accès universel à l’électricité pour l’ensemble des Sénégalais à l’horizon 2030 », a déclaré le ministre.
Au‑delà de la simple augmentation de la puissance installée, le Sénégal engage une transformation structurelle de son mix électrique. Les autorités ont fixé un objectif de 40 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique national à l’horizon 2029. Cette ambition est conforme au Pacte national pour l’énergie du Sénégal, qui prévoit de multiplier par environ 1,7 la capacité de production à partir de sources renouvelables tout en mobilisant 2,3 milliards de dollars d’investissements privés. Cette politique de diversification, qui intègre le solaire, l’éolien et le gaz, est conçue pour réduire progressivement la dépendance au fioul, encore dominant aujourd’hui.
Parallèlement, le pays accélère sa stratégie « Gas‑to‑Power » en misant sur ses ressources gazières nationales afin de réduire le coût de l’électricité, actuellement compris entre 82 et 159 FCFA/kWh selon les zones, et renforcer la compétitivité industrielle. Un des projets phares est la centrale à cycle combiné de Cap des Biches (366 MW), reprise en main par Senelec après une période de blocages de gouvernance. L’infrastructure, dont le taux d’avancement atteint 97,5 %, a été synchronisée au réseau en avril 2025 et devrait couvrir près d’un quart de la demande nationale. Le ministre a par ailleurs confirmé que Senelec bénéficie désormais d’une planification claire des investissements jusqu’en 2040, offrant une visibilité inédite sur la programmation annuelle des infrastructures solaires, gazières et éoliennes.
Avec un taux d’accès à l’électricité d’environ 84 % en 2024 – l’un des plus élevés d’Afrique subsaharienne – le Sénégal est sur la bonne voie pour atteindre l’accès universel d’ici 2029, un an avant l’objectif mondial. Les zones urbaines bénéficient déjà d’une couverture complète, mais des disparités territoriales persistent : dans les régions rurales, le taux d’accès n’est que de 66 %. Pour y remédier, Senelec prévoit de raccorder 6 471 villages supplémentaires au réseau national d’ici 2029, pour un coût estimé à 400 milliards de FCFA (environ 724 millions de dollars), avec l’appui de la Banque mondiale.
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