L’Agence internationale de l’énergie (AIE) examine sérieusement la possibilité de puiser massivement dans les réserves stratégiques de pétrole de ses pays membres. Cette mesure sans précédent viserait à enrayer la hausse vertigineuse des prix du brut provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
L’idée a été officiellement avancée lors d’une réunion extraordinaire de l’AIE tenue mardi à Paris. Le volume envisagé dépasserait les 182 millions de barils déjà libérés en deux phases par les pays membres en 2022, au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Cette initiative intervient alors que les cours du pétrole affichent une volatilité extrême. Vers 2 h 40 GMT mercredi, le baril de Brent gagnait 0,40 % à 88,15 dollars, après avoir brièvement dépassé les 100 dollars en début de semaine – son plus haut niveau depuis mi-2022. Les ministres des Finances du G7, réunis lundi à Paris, avaient déjà évoqué l’hypothèse d’un recours aux stocks stratégiques.
Le président Emmanuel Macron doit par ailleurs présider une visioconférence des chefs d’État et de gouvernement du G7 consacrée aux « conséquences économiques » de la guerre au Moyen-Orient, avec une attention particulière à la « situation énergétique » et aux mesures pour l’atténuer.
En 2022, le déblocage coordonné de 182 millions de barils avait permis de répondre à la perturbation des marchés consécutive à la guerre en Ukraine. L’opération actuelle, si elle est confirmée, constituerait donc un effort encore plus massif, témoignant de la gravité de la crise actuelle.
Pour l’instant, aucune confirmation officielle n’a été émise par l’AIE ni par les chancelleries du G7. Les marchés restent suspendus à la décision attendue dans les prochaines heures, qui pourrait marquer un tournant dans la réponse internationale à la crise énergétique déclenchée par le conflit au Moyen-Orient.


