Meridiam et Eramet, via la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG), demandent à la Multilateral Investment Guarantee Agency (MIGA), agence de garantie des investissements de la Banque mondiale, des garanties politiques d’un montant record pour soutenir un vaste programme de modernisation du chemin de fer Transgabonais, évalué à 704 millions d’euros.
Les deux groupes français cherchent à sécuriser des couvertures exceptionnelles contre les risques politiques (expropriation, restrictions de transfert, guerre et troubles civils, rupture de contrat) afin de débloquer le financement nécessaire à la remise à niveau et à l’extension de cette infrastructure stratégique longue de 650 km, reliant le port d’Owendo près de Libreville à Franceville, au cœur de la région minière.
Ce projet revêt une importance capitale pour l’économie gabonaise. Le Transgabonais assure le transport de près de 90 % du fret minier du pays, principalement du manganèse produit par Comilog (filiale d’Eramet), mais aussi potentiellement du fer et d’autres ressources. La ligne transporte également environ 330 000 passagers par an. L’objectif du programme de 704 millions d’euros est d’augmenter significativement la capacité de transport (de 12 à 19 millions de tonnes par an selon les ambitions antérieures), d’améliorer la sécurité, la fiabilité et la performance globale de l’infrastructure vieillissante.
Cette répartition découle de l’accord de 2021, qui avait permis l’entrée de Meridiam au capital via une augmentation de capital d’environ 30 millions d’euros, accompagnée d’un engagement supplémentaire de 40 millions d’euros et d’un apport d’expertise ferroviaire.
MIGA avait déjà accordé des garanties à Meridiam pour SETRAG : 61 millions d’euros en juin 2023, puis une augmentation de 30,7 millions d’euros en décembre 2024, portant l’exposition à environ 91,7 millions d’euros. La nouvelle demande représente donc un saut majeur, faisant de cette opération potentiellement la plus importante garantie jamais accordée par MIGA pour un projet ferroviaire en Afrique.
Ce montage s’inscrit dans une série de financements multilatéraux et privés. En février 2026, un package de 350 millions de dollars avait déjà été annoncé avec l’International Finance Corporation (IFC), combinant prêt senior, subventions européennes et apports en equity d’Eramet et Meridiam. Le recours aux garanties MIGA vise à attirer des investisseurs et prêteurs supplémentaires en réduisant le risque pays perçu au Gabon.
Pour Eramet, ce projet est essentiel au maintien et à la croissance de ses exportations de manganèse, premier produit d’exportation du Gabon. Pour Meridiam, spécialiste des infrastructures durables en Afrique, il s’agit de démontrer son modèle d’investissement à long terme dans des actifs stratégiques. L’État gabonais, quant à lui, voit dans cette modernisation un levier pour diversifier l’économie, soutenir l’industrialisation locale et augmenter les recettes minières.
Le dossier est en cours d’examen chez MIGA. Si validé, ce soutien record du groupe Banque mondiale constituerait un signal fort pour les investisseurs internationaux et renforcerait la position du Gabon comme hub logistique minier en Afrique centrale. Aucune communication officielle n’a encore été publiée par les parties prenantes sur le montant exact des garanties demandées ni sur le calendrier de finalisation.
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