Selon le dernier rapport du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), la demande africaine de gaz naturel a enregistré une croissance solide de 4 % en 2025. Avec 185 milliards de mètres cubes consommés, cette dynamique met en lumière le rôle incontournable du gaz comme pilier de la souveraineté énergétique et moteur du développement industriel sur le continent.
L’appétit énergétique de l’Afrique poursuit sa structuration. En 2025, la consommation de gaz naturel du continent a franchi un nouveau palier en s’établissant à 185 milliards de mètres cubes (Gm³), contre 178 Gm³ l’année précédente. Ces chiffres, issus du très attendu Annual Gas Market Report 2026 du GECF, confirment une tendance de fond : les économies africaines s’appuient de plus en plus sur leurs ressources gazières pour combler leur déficit infrastructurel et accélérer leur transition vers un mix énergétique moins dépendant du charbon et du fioul lourd.
L’essentiel de cette hausse continentale est porté par le secteur de la production électrique. Face à l’urgence de sécuriser l’approvisionnement – alors que la fiabilité des réseaux demeure un défi majeur – les États privilégient massivement les projets de type « Gas-to-Power ». Cette flexibilité thermique permet non seulement d’accompagner une urbanisation rapide, mais aussi de soutenir l’émergence d’industries lourdes et énergivores telles que la pétrochimie, la production d’engrais et l’exploitation minière. La demande résidentielle, dans le cadre des politiques d’accès aux énergies de cuisson propres, joue également un rôle d’accélérateur.
Si la croissance est globale, la géographie de la consommation reste asymétrique. L’Afrique du Nord domine toujours largement le marché, avec l’Algérie et l’Égypte en chefs de file (absorbant chacun près de 60 Gm³ annuels) grâce à une demande interne forte et des infrastructures matures.
En Afrique subsaharienne, le Nigeria confirme sa position de locomotive avec une consommation qui gravite autour de 21 Gm³. Toutefois, le fait marquant de 2025 réside dans la structuration des marchés importateurs de Gaz Naturel Liquéfié (GNL). Des pays comme l’Afrique du Sud et le Ghana consolident leurs capacités de regazéification pour stabiliser leur réseau industriel. À court terme, l’entrée en production très attendue de nouveaux bassins de classe mondiale, notamment dans la zone MSGBC (Sénégal et Mauritanie), devrait offrir de nouveaux relais d’approvisionnement régionaux et stimuler les échanges gaziers intra-africains.
Malgré ces signaux au vert, le marché gazier africain fait face à un défi de taille : le financement des infrastructures « midstream » et « downstream » (gazoducs, terminaux de stockage, réseaux de distribution). Cette hausse de 4 % de la consommation souligne la nécessité vitale pour les États d’adapter leurs cadres réglementaires et fiscaux afin d’attirer les capitaux privés.
Alors que les investissements mondiaux fluctuent, l’Afrique démontre que son marché intérieur possède la profondeur nécessaire pour absorber une part croissante de sa production. En 2026 et au-delà, le gaz naturel est définitivement positionné non plus comme une simple ressource d’exportation vers l’Europe ou l’Asie, mais comme le véritable carburant de l’intégration économique continentale.
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