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ENTRETIEN

Jehu NDOUMI, organisateur du Dakar Petrogaz Expo 2019 au King Fahd Palace : « Le Sénégal a beaucoup à gagner avec la Sonatrach »

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Jehu NDOUMI, organisateur du Dakar Petrogaz Expo 2019 : "Le Sénégal a beaucoup à gagner avec la Sonatrach"

La Sonatrach pourrait participer au développement de l’industrie gazière et pétrolière au Sénégal. Jéhu Ndoumi, P-dg de Netoil Invest, société organisatrice de la première édition du salon Dakar Pétrogaz Expo 2019 du 03 au 05 décembre au King Fahd Palace, revient dans cet entretien sur les opportunités d’affaires dans ce pays à fort potentiel énergétique.

Vous organisez la première édition du Salon international du Pétrole et du Gaz, le Dakar Petrogaz Expo 2019. Comment est née l’idée d’organiser un tel événement au Sénégal ?

L’idée d’organisation du Dakar Petrogaz Expo est née d’une volonté du CICES (Centre International du commerce extérieur du Sénégal) organisme public sous tutelle du ministère du Commerce du Sénégal qui, dans le cadre de ses missions organise régulièrement des salons, foires et manifestations commerciales sur différentes thématiques. La rencontre du CICES avec la société Netoil Invest ainsi que les nouvelles découvertes d’hydrocarbures au Sénégal, dont l’exploitation débutera à l’horizon 2022, ont accéléré la démarche d’une co-organisation d’un salon international consacré au Gaz et pétrole selon le format et design du Dakar Pétrogaz Expo. La complémentarité entre le CICES et Netoil Invest, la position géostratégique de Dakar en Afrique de l’Ouest, le démarrage de l’exploitation des réserves de pétrole et de gaz constituent des facteurs qui feront de l’événement Dakar Petrogaz un événement sous régional destiné à avoir un rayonnement particulier.

Quels sont les objectifs de cette première édition en matière de participation et de mise en relation?

Pour cette première édition, nous nous sommes fixés des objectifs spécifiques. Le Dakar Petrogaz vise à contribuer à l’amélioration du niveau d’information général des professionnels et du grand public sur le pétrole, le gaz et ses enjeux sur les plans économique, politique et social au Sénégal et en Afrique. C’est aussi un événement qui permettra la mise en place d’un cadre inclusif d’échange d’informations et de pratiques orienté vers le « local content », le benchmarking, l’amélioration des compétences et de l’expertise locale dans la nouvelle économie et la mobilisation de financements innovants. Nous souhaitons également offrir un espace qui participera à impulser une dynamique de créativité, d’innovation et d’entrepreneurship dans la nouvelle économie du pétrole et du gaz en Afrique et du Sénégal en particulier.

En termes quantitatifs, nous attendons 2000 à 3000 participants à la dizaine de conférences, ateliers et panels et centaine d’exposants au minimum, essentiellement des entreprises étrangères et locales dans l’amont et l’aval du gaz, du pétrole et le parapétrolier. Les sessions de B2B et B2G devraient devrait contribuer à environ 300 mises en relations.

D’importantes réserves de pétrole ont été découvertes au Sénégal. A moyens termes, quel devrait être l’impact des hydrocarbures sur l’économie du pays ?

De nouvelles ressources financières pour le budget du Sénégal vont être générées par l’exploitation du gaz (Bloc de Saint-Louis Offshore) et du pétrole (Bloc de Sangomar Offshore) à l’horizon 2022. Avec une capacité de production globale de pétrole estimée entre 200 000 et 300 000 barils par jour sur plusieurs années, l’impact direct sur l’économie nationale devrait avoisiner plusieurs centaines de milliards de francs cfa par an. Cette manne financière devrait permettre à l’Etat de disposer de ressources additionnelles importantes dans son budget annuel d’investissement. Pour la production du gaz, un développement des sociétés de services pétroliers et parapétroliers est déjà amorcé avec la construction du FPSO (unité flottante de production, de stockage et de déchargement) et du port artificiel à la frontière Sénégal-Mauritanie et va aller crescendo dans la décennie à venir. L’impact sera direct sur le P.I.B du Sénégal et le tissu industriel local.

Le groupe Sonatrach est l’invité d’honneur du Dakar Pétrogaz Expo 2019. La compagnie algérienne d’hydrocarbures peut-elle jouer un rôle dans le développement de l’industrie pétrolière sénégalaise ?

L’expérience de la Sonatrach de plusieurs dizaines d’années dans l’exploration, la production, la valorisation et le trading des hydrocarbures pourrait bénéficier au Sénégal à tout point de vue dans la chaîne de valeur du pétrole et du gaz. Initier un programme de  coopération entre la société nationale Petrosen et la Sonatrach devrait  permettre  à la compagnie sénégalaise de renforcer ses moyens humains et techniques d’intervention en particulier  dans le domaine de la  maîtrise et le contrôle des coûts de production, d’améliorer ses capacités de négociation en matière de contrats de recherche et partage de production, de contrats de services. D’autre part, en termes de benchmarking, le Sénégal a beaucoup à gagner avec la Sonatrach dans  bien des domaines : élaboration de plan directeur de développement des projets gaziers et pétroliers, politique des ressources humaines et de local content, appui à la négociation des projets gaziers et pétroliers, renforcement des capacités institutionnelles, génie industriel et le HSE.

Le Sénégal pourrait-il offrir des opportunités d’investissements intéressant pour le groupe algérien ?

En termes de stratégies et opportunités d’investissement le Sénégal présente bien des possibilités pour la Sonatrach en particulier dans le secteur gazier et la valorisation du gaz. Le Sénégal offre des possibilités d’exportation de gaz butane algérien à court terme mais d’exportation de savoir-faire et compétences dans l’industrie gazière en particulier le développement de complexe de liquéfaction de gaz naturel.

Les questions liées à l’écologie et aux énergies renouvelables seront abordées lors du Dakar Petrogaz Expo. Est-ce que les autorités sénégalaises prennent en compte cet aspect dans le processus de développement des ressources pétrolières ?

Le Sénégal s’est engagé au niveau international dans le sens d’une réduction de ses rejets de gaz à effet de serre à la COP 21 de Paris en 2015.En cohérence avec les nombreux programmes nationaux de développement qui prennent en compte les objectifs de développement durable, la source d’énergie que représente le gaz devrait permettre de réduire fortement  les rejets de CO2 ne serait-ce qu’en remplaçant les centrales à charbon par des centrales à gaz. Les réserves de gaz du bloc Saint-Louis Offshore devraient permettre de ce point vue d’impacter de manière importante la trace carbone du Sénégal dans les cinq années à venir.

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Sénégal – Mauritanie : Hassana Mbeirick parle des enjeux du champ Grand Tortue.

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Sénégal - Mauritanie : Hassana Mbeirick parle des enjeux du champ Grand Tortue.

«Pour la seule phase 1 du projet GTA,  BP est déjà à presque 10 milliards de dollars d’investissements»

Aperçu du gisement Grand Tortue Ahmeyim à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie.

Spécialiste des négociations commerciales internationales et ancien Directeur de SNC-Lavalin Mauritanie, Hassana Mbeirick justifie d’une expérience de plus de 25 ans dans le développement du secteur privé mauritanien dont 17 ans dans le secteur minier et pétrolier. Il est aujourd’hui le Directeur-Fondateur de Meen & Meen, une firme d’Ingénierie-Conseil dans le secteur Oil&Gas. Polyglotte, Hassana Mbeirick est un fin connaisseur des rouages de l’économie mauritanienne, de son potentiel économique ainsi que de son environnement des affaires. Sa faculté d’analyse prospective et son esprit indépendant le placent aujourd’hui parmi les rares spécialistes du secteur dont l’objectivité fait référence. En sa qualité de consultant indépendant, ses multiples mandats nationaux et internationaux l’ont mené aux quatre coins du monde au grand bénéfice d’une expertise qui s’affine jour après jour. Dans cet entretien réalisé à son bureau de Nouakchott, l’expert nous entraine à la découverte du projet Grand Tortue/Ahmeyim.

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Comment est structuré le  projet  gazier Grand Tortue Ahmeyim entre la Mauritanie et le Sénégal?

A la genèse, c’est un schéma classique observé partout dans le monde dans le secteur de l’exploration/exploitation des hydrocarbures. Très souvent, ce sont les juniors qui partent investir dans ce que le jargon désigne par Upstream ou Amont (Autrement dit, exploration, les études géophysiques, bref la recherche dans son ensemble).  Quand ces juniors découvrent un gisement, elles doivent passer à l’exploitation ; ce qui bien entendu nécessite des moyens plus conséquents. Le plus souvent, ces juniors n’ont pas accès à la ressource financière suffisante et se voient obligés ou jugent plus intéressant de faire appel aux majors.  Il n y a pas un gisement détenu à 100% par un seul groupe. Excepté les très gros gisements qui sont seulement entre les majors.  En Russie, ce type de gisement est détenu par Total et Gazprom ou Rosneft.  C’est le même schéma dans le secteur minier où les Big Four du secteur comme BHP Billiton, Rio Tinto ou encore Vale détiennent les plus grands gisements. 

Quelles sont les quantités de gaz découvertes sur le gisement Grand Tortue/Ahmeyim et d’une manière générale entre la Mauritanie et le Sénégal?

Il y a d’abord plusieurs gisements potentiels entre les deux pays dont Marsouins, Teranga, etc. côté Sénégal. Sur le champ gazier GTA proprement dit, le gisement est évalué à 15 milliards de mètres cubes  sur 33 000 km2.  C’est un projet d’une durée de vie de 30 ans dirigé par BP. Je salue ici l’accord inter-Etat conclu entre les deux pays et qui témoigne d’une grande maturité de part et d’autre ainsi que d’une clairvoyante vision prospective pour nos deux peuples.  

Comment est structuré le projet GTA ?

Le projet GTA est structuré en 03 phases. Et Tout le tapage auquel nous assistons depuis deux ans ne concerne que la  phase 1 qui prévoit la production de 2 500 000 mètres cubes dont la commercialisation  débutera en 2022. Au terme des phases 2 et 3 la production devra passer à 10Millions de mètres cubes. Je rappelle ici que les études de préfaisabilité (FEED) sont déjà en cours et ont été confiées à KBR, déjà auteur de celle de la phase I. L’incidence en termes d’investissement est énorme entre la première et la deuxième et Troisième phase ; sachant que BP est aujourd’hui à presque déjà 10 milliards d’investissement (phase 1). Il est à noter que le champ gazier GTA est  constitué de 12 puits et la phase actuelle d’investissement porte sur l’exploitation de seulement quatre (04) puits.

Justement, quelles sont les parts des deux Etats (Sénégal et Mauritanie)  dans ces projets?

Dans un cas comme dans l’autre, la participation des deux Etats est de 10% gérée côté Sénégal par Petrosen et côté Mauritanie par SMH-PM. La petite différence porte sur le profit share entre BP et Kosmos. Sur le Sénégal, c’est 60% BP, 30% Kosmos et 10% Etat du Sénégal. En Mauritanie, c’est 62% BP, 28% Kosmos et 10% Etat de Mauritanie. Le schéma est à peu près le même. Le ticket d’entrée de BP était de 1 milliard de dollars au profit de Kosmos Energy. Dans ce partenariat, il est stipulé que Kosmos continuera de s’occuper de toute la partie exploration (Upstream) et à BP reviendra la responsabilité de l’Intermédiaire (Midstream) ainsi que de l’Aval (Downstream).

Est-ce que la Mauritanie et le Sénégal ont reçu une part du montant de la transaction entre BP et Kosmos, à savoir le Milliard de Dollars qu’à empocher cette dernière ?

Autant que je sache, non. A ce propos, je me rappelle qu’en 2010, au moment du rachat de la mine d’or  de Tasiast par Kinross à Redback Mining pour 7 milliards de dollars à la bourse de Toronto, j’avais posé cette question lors de la première édition des « Mauritanides ». Je trouvais et je trouve toujours illogique que les gouvernements ne trouvent pas leurs parts d’une quelconque façon dans de telles transactions de Cession-Fusion-Acquisition. Pour en revenir au cas de Redback Mining, elle a investi en Mauritanie et s’est consituée une substantielle plus-value, soit. Mais il est tout aussi logique que l’Etat qui leur a accordé beaucoup d’avantages y gagne quelque chose.  Les législations minières et pétrolières doivent prendre en compte cette problématique de la phase de prospection.  Quant à la phase d’exploitation, il n’y a pas de problèmes puisque les Etats disposent de 10% de prise de participation.  

Est-ce que dans les codes pétroliers et gaziers des deux pays, les transactions portant sur ces blocs en prospection ou en exploitation sont fiscalisés ou défiscalisés?

Intéressante question. Il y a en effet tout un mécanisme de privilèges fiscaux inhérents à ce type d’investissement ; et c’est normal. En l’occurrence, L’Accord de coopération inter-Etats (ACI) entre le Sénégal et la Mauritanie relatif au développement et à l’exploitation conjointe du champ GTA a été signé en février 2018 et plus tard on y a greffé un acte additionnel relatif au régime fiscal et douanier applicable aux sous-traitants. Autrement dit, les sous-traitants devront – par voie de conséquence – bénéficier des avantages fiscaux dont bénéficie leur commanditaires (ici BP).

Est-ce qu’il y a eu des bonus de signature lors de l’entrée de BP dans le projet?

A priori non, pour la simple raison que BP a racheté des parts d’une entreprise qui opérait déjà.   Les bonus concernent le plus souvent les nouveaux contrats de licence.

Comment le gouvernement mauritanien doit-il utiliser les recettes issues de ces ressources?

Cette question renvoie à la notion de Bonne Gouvernance. Et il y a plus qualifié que moi pour en parler. Je dirai seulement que la « malédiction du pétrole » ou l’oil curse se fonde essentiellement sur les appareils statistiques des économistes. Elle est souvent assez théorique, comparatiste et internationaliste, réduisant la question des effets politiques du pétrole à la corruption et à l’autoritarisme.

Ceci dit, nous devons déconstruire certaines idées reçues et tordre le coup à la vision, communément partagée, de la production pétrolière et gazière comme facteur de corruption et d’autoritarisme. Certes, nous ne sommes pas encore épargnés par un tel stéréotype qui appauvrit l’analyse en occultant les autres mécanismes de production du politique et d’appropriation des ressources extractives.

L’économie politique des hydrocarbures est bien trop complexe pour qu’on la limite à des rapports d’exploitation entre des multinationales «modernes» et des communautés d’autochtones plus ou moins «traditionalistes». A nos gouvernants de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de la postérité.

Comment associer le secteur privé ?

C’est la question la plus qu’intéressante, car elle touche à une dimension plus fondamentale et plus pertinente que celle concernant la bonne gouvernance. Ceci est valable autant pour la Mauritanie que pour le Sénégal qui – soit dit en passant – a déjà une bonne longueur d’avance sur nous concernant le développement de ce que l’on appelle communément le Local Content. Je vous préviens que sur ce sujet, je pourrais m’attarder un petit peu. C’est, pour ainsi dire, ma corde sensible.

Vous savez, ce type de projets suscite des fantasmes qui donnent lieu à toutes sortes de théories plus ou moins fantaisistes. Mais tout réside dans le rapport de l’Etat aux citoyens.

Cette notion englobe des aspects comme l’emploi et la formation des travailleurs locaux, l’approvisionnement et les opportunités d’affaires pour les entreprises locales. Ce concept qui est un véritable moyen pour les populations locales et les opérateurs économiques nationaux d’être directement impliqués dans les activités

Le contenu local se définit comme la somme des biens et services produits dans le pays, des salaires et des dividendes perçus respectivement par les employés et les entrepreneurs nationaux.
 
Dit autrement, le contenu local est la composante privée des retombées économiques des projets pétroliers et gaziers. Cette composante privée vient s’ajouter aux revenus de l’État pour faire “tourner la machine économique“ du pays.

Ainsi, il faudra que notre secteur privé soit présent sur toute la chaine de valeur mais de manière compétitive. Cela veut dire qu’il faudra qu’il soit formé au gré des exigences spécifiques du secteur de l’exploitation des hydrocarbures.

Avec une stratégie réaliste et ambitieuse, nous y arriverons au fur et à mesure du développement de ce projet et d’autres.
Malgré des lois souvent ambitieuses et volontaires, le taux moyen de contenu local en Afrique ne dépasse probablement pas 20% des coûts de développement et de production.

Le développement du contenu local a été au coeur des accords entre BP et les deux Etats mauritanien et sénégalais et a été un des principaux leviers des négociations. Afin de soutenir les deux pays dans cette voie, La Banque Mondiale a octroyé un don de 20 millions de dollars pour chacun des pays. Côté mauritanien, on n’a pas encore avancé dans ce sens. Le processus d’élaboration d’une stratégie pour le développement du local content en Mauritanie n’a même pas encore été enclenché sans parler de l’adoption d’une loi y afférent. Le Sénégal – qui bénéficie au moment où je vous parle d’un financement de la BAD pour son projet PADCEJ – a d’ores et déjà adopté sa loi en la matière !  

Est-ce que chacun des pays va commercialiser de son côté sa quote-part de la production du gaz ?

Pas du tout. La commercialisation de la production du gaz a déjà fait l’objet d’un appel d’offres international qui a été remporté par BP Gaz Marketing (une filiale de BP) et le contrat définitif devra être signé en début 2020 pour une durée de 20 ans. 

Comment le projet a-t-il été structuré dans ses différentes composantes? 

Le  projet GTA s’articule autour de quatre (04) principales composantes: la construction d’un brise-lames en haute mer qui va abriter l’usine de liquéfaction. Ce contrat de type EPC a été confié au consortium franco-italien Eiffage-Saipen pour un montant de 350 millions de dollars (contrat EPC).  La composante  ingénierie sous marine d’extraction de gaz a été remportée parMcDermott en partenariat avec Baker Hughes (filiale de Général Electric) pour 750 millions de dollars en mode EPCI (engenering, procurement, construction and installation). La troisième composante est le navire flottant FPSO pour un contrat d’environ 1 milliard de dollars remporté par TechnipFMC en mode EPCIC qui va de la construction à l’opérationalisation. Et la quatrième composante est le FLNG (l’usine flottante de liquéfaction du gaz), un contrat remporté par Golar LNG, via sa filiale à 100% GIMI Corporation. D’une valeur de 1,3 milliard de dollars, ce contrat est de type location et exploitation ou LOA (Lease and Operate Agreement) pour une durée de 20 ans. Le FLNG sera construit en partenariat avec le singapourien Keppel Shipyards. Rien que sur ces contrats, le volume d’investissement s’élève déjà à presque 04 milliards de dollars.

Les ports de Nouakchott et de Dakar sont-ils assez équipés pour un volume d’activités de cette envergure ?

Le port de Nouakchott a l’avantage d’être moins congestionné que celui de Dakar. En revanche le port de Dakar est mieux équipé que celui de Nouakchott qui manque cruellement d’infrastructures et d’aménagements adéquats. Pour vous donner des ordres de grandeur, les chiffres sont déjà éloquents : Rien que pour la partie logistique de McDermott, il est question d’acheminer 250 000 tonnes d’équipements qui doivent arriver principalement au port de Nouakchott dans un intervalle de temps d’une année et demi au plus tard. Dans ce total, il y aura 110 000 tonnes de pipe pour relier 80 à 100 km de conduites sous-marines. Le défi logistique à relever est tout simplement énorme. Il y aura par exemple des équipements qui pèsent 350 tonnes/pièce. Ajoutez à cela l’activité d’acheminement des roches par Eiffage et la congestion portuaire est garantie.

Par contre, la Mauritanie a l’avantage du port de Ndiago dont la proximité du site offshore d’exploitation constitue un premier avantage. A mon humble avis, c’est le futur grand hub offshore de la sous-région. Car dans un proche avenir, l’essentiel des services logistiques lié à l’industrie gazière et pétrolière sera abrité dans ce port. Il est vrai que cela suppose d’énormes investissements pour en faire une véritable zone économique spéciale et un pôle de développement économique à l’image de Saldanha Bay en Afrique du Sud.

A propos justement de McDermott, qu’en est-il réellement de sa faillite en janvier dernier qui a semé un vent de panique dans les milieux boursiers internationaux ?

Pas tant que cela. Il y a eu certes quelques sueurs froides mais plutôt du côté des partenaires opérationnels de McDermott. A l’origine, cette dernière avait fait l’acquisition en début 2018 de Chicago Bridge & Iron (CBI) pour une transaction d’une valeur de Six (06) Milliards de Dollars et depuis McDermott n’est pas arrivé à équilibrer ses finances et trainait des créances globales de quatre (04) Milliards de Dollars dont 02 milliards 600 Millions particulièrement nocifs. Cette situation a perduré jusqu’en début décembre 2019 où elle a vu sa cotation à la bourse de New York chuter en une journée de 47 Dollars à moins de 1 Dollars l’action ! En réaction à une telle situation, la SEC (Security Exchange Commission) qui est le gendarme boursier de New York leur a notifié un ultimatum de redressement de situation ou à défaut d’annoncer la faillite en invoquant l’article 11 y afférent. Acculée, McDermott a fini – en janvier dernier – par activer l’article 11 relatif à la faillite. Une solution a vite été trouvée et tout s’est joué en presque une journée. Ainsi, le calme est vite revenu.

Cette faillite aura-t-elle une incidence sur le bon déroulement du projet GTA ?

Absolument pas. Car, l’accord de négociation pour éviter une faillite totale réelle portait principalement – entre autres – sur la conversion des créances en actifs, la vente de certaines de ces filiales et en contrepartie McDermott recevra un montant de 500 Millions de Dollars d’argent frais pour renflouer ces caisses vides. A la suite de cela, il y a eu des annonces officielles de BP et d’autres voies autorisées pour garantir que tous les engagements de McDermott vis-à-vis de ses clients, partenaires, sous-traitants, employés, etc. seront respectés. Ainsi, tout le monde a retrouvé le sourire et McDermott est reparti du bon pied au grand plaisir des Mauritaniens et des Sénégalais. C’est vrai que cela a été une semaine de panique générale.

Pour finir, Comment le défi environnemental sera-t-il géré compte tenu des aires marines protégées comme le Banc d’Arguin ?

La menace n’est pas seulement pour le littoral mais elle englobe tout aussi les fonds marins. Toutefois, Toutes les parties prenantes au projet mettent cette question en tête de liste des priorités. C’est une problématique majeure prise en compte dans les études environnementales préalables et le spectre d’une potentielle catastrophe écologique est toujours présent à l’esprit. J’espère seulement que toutes les précautions ainsi que les dispositions nécessaires ont été prises à l’effet de conjurer pareil sort.

Il est vrai que BP traine encore dans les esprits le sinistre souvenir de la tragédie de Deepwater Horizon en 2010 dans le golfe du Mexique. Une tragédie causée par une erreur humaine et qui peut arriver partout. Que Dieu nous en garde.

Adama WADE, Financial Afrik

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ENTRETIEN

Entretien exclusif avec Jéhu Ndoumi…Son parcours, jusqu’à Dakar Petrogaz Expo 2019… au King Fahd Palace

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Jéhu Ndoumi P-DG NetOil Group SA0 copy

1) Pouvez-vous nous parler de votre itinéraire ?

Académiquement je suis Ingénieur de conception spécialisé en Télécoms/Réseaux & Systèmes décisionnels et Économètre-Statisticien diplômé de 3ème cycle. Par ailleurs je suis Doctorant en Économie mathématique de l’Énergie.

Sur le plan professionnel, je suis actuellement Président de la holding internationale NetOil comprenant NETOIL GROUP SA à DOUALA, NETOIL GROUP INVESTMENT SAS à Paris, YPRESS EQUITY NV en Belgique, NETOIL ENERGY LTD à Londres et Associé de SEN’EQUITY au SENEGAL.

J’ai capitalisé au cours des dix premières années d’expérience professionnelle, de l’expertise dans la conduite des projets technico-économiques de solutions Télécoms & Systèmes intelligents adaptées aux besoins des entreprises ; l’élaboration des plans Schéma directeur informatique et télécommunication; le développement commercial & Marketing des solutions et technologies Télécoms – Monétique- Sécurité électronique ; la mise en œuvre des stratégies de gestion de la performance des entreprises avec les solutions de Business Performance Management ; le déploiement de solutions d’organisation et de gestion des services clients et e-marketing pour les entreprises et les collectivités locales en Afrique.

De 2000 à 2003 : Membre du groupe des experts du Plan OMEGA et du NEPAD, sous la direction du Dr Chérif Salif SY, Ministre, chargé des questions économiques à la Présidence de la République du Sénégal. A ce titre, j’ai participé à la grande conférence sur « l’opérationnalité, l’efficacité et la faisabilité du Plan OMEGA », tenu à Dakar en avril 2001. Je suis resté membre de l’équipe jusqu’à l’adoption du NEPAD par les Chefs d’Etat de l’Union Africaine à Lusaka en juillet 2001.

Les dix dernières années de pratique dans le secteur des énergies (Marchés-trading-Project finance) m’ont donné l’opportunité de développer une expertise avérée dans : les montages structurés et les opérations complexes de financement de projets d’Énergie et d’infrastructures diverses en PPP ; l’élaboration de modèles d’évaluation et optimisation économique des projets pétroliers et des contrats de financement ; l’évaluation de projets et la négociation des contrats pétroliers ; la négociation de contrats de couverture contre les risques ; l’élaboration des outils d’aide à la décision, de suivi, de contrôle et de comparaison des résultats du partage de la rente pétrolière.

Sur le plan associatif, je suis membre de plusieurs organisations professionnelles du secteur des énergies : l’Association pour le développement de l’énergie en Afrique (ADEA) basée à Paris ; l’Association des Consultants Pétroliers Français (ACP) basée à Paris ; Directeur de l’intelligence économique et de la stratégie du Centre Africain de recherche sur les politiques énergétiques et minières (CARPEM) basé en France ; Représentant pour l’Afrique centrale de l’institut Africain de l’énergie (IAE) basé à Dakar au Sénégal ; Directeur Général pour l’Afrique de la chambre de commerce Slovaquie, Afrique et Arabe (SAAOK) basée en Slovaquie et en Turquie.

2) Quand et pourquoi avez-vous créez la société NetOil ? Quel type d’activité mène cette entreprise ?

NetOil a été créée en Novembre 2011, de la volonté de ses promoteurs capitalisant plus d’un demi-siècle d’expérience dans le traitement des déchets et la distribution pétrolière aussi bien au Cameroun qu’en dehors de nos frontières, avec pour but la distribution des produits pétroliers, sur l’ensemble du territoire national et dans la sous-région. Ceci lui a été rendu possible grâce à l’obtention en Février 2012 de l’agrément de distribution de l’ensemble des produits pétroliers suivant l’arrêté N°00000107/MINEE du 15 Février 2012.

Nous avions pour ambition et objectif d’offrir aux consommateurs les effets bénéfiques d’une nouvelle technologie dédiée au service. Ainsi NetOil s’est proposé d’introduire sur le marché une offre originale propre à satisfaire à l’échelle locale comme à l’échelle régionale à moyen terme les clientèles diversifiées d’ici et d’ailleurs. Notre mission avait consisté à Introduire sur le marché pétrolier une offre originale propre à satisfaire à l’échelle locale comme à l’échelle régionale à moyen terme les clientèles diversifiées du centre Africain.

Je vous ai ainsi présenté NetOil dans son concept de départ car, initialement spécialisée dans la distribution des produits pétroliers, NetOil se positionne désormais dans LA PRODUCTION DES ENERGIES DIVERSES ET DE LA BIOMASSE pour répondre à la demande actuelle. Ceci a été motivé par le fait que depuis le début de l’année 2012, le Cameroun est à l’ère des grandes réalisations et des projets structurants. Cette mutation de l’économie Camerounaise induit une croissance économique qui génère une forte demande énergétique.

Pour faire face à cette augmentation d’activité, NetOil va procéder à une série d’investissements à partir de l’année 2018, par conséquent elle a eu besoin des capitaux supplémentaires destinés à financer ses projets industriels de production d’énergie ‘bioécologique’ et le renforcement de sa structure financière. Du fait des opportunités liées à la globalisation des marchés, NetOil a modifié en date du 12 Octobre 2018, sa structuration juridique et financière pour faciliter son développement en AFRIQUE et en EUROPE par la participation directe ou indirecte, sous quelque forme que ce soit dans toutes les opérations financières, industrielles, mobilières ou immobilières, se rattachant directement ou indirectement à l’objet social par voie de création de sociétés nouvelles.

Ce positionnement, avec un réseau de partenaires internationaux, lui permettra de lever différents types de financements, des plus classiques aux plus complexes en intervenant directement sur le marché de la finance privée.

Jéhu Ndoumi P-DG NetOil Group SA

 

3) Vous êtes impliqué dans le projet de construction d’une usine de bouteille de gaz domestique à Kribi, au Cameroun. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

Le projet consiste à développer, au Cameroun, avec un consortium d’entreprises Italienne et Belge, et dès le début de l’année 2020, une unité de production de réservoirs en matière composite enrobée de fibres de verre. La fabrication de réservoirs enrobés de fibre de verre destinés au stockage et transport de gaz GPL (butane ou propane) pour les applications résidentielles. La capacité de production a été fixée à 1.000.000 bouteilles par an.

Contexte du projet. Il existe plus de 1000 applications pour les GPL, les gaz butane et propane. Des centaines de millions de personnes utilisent actuellement les GPL et en dépendent pour des milliers d’applications commerciales, dans l’industrie, les transports, l’agriculture, la production d’électricité, la cuisine, le chauffage et les loisirs. Les GPL sont la seule énergie à pouvoir répondre à une large variété d’usages : pour cuisiner qu’il s’agisse d’ une famille en Afrique du Sud ou pour une communauté en Inde ; pour réfrigérer un magasin au Brésil ; comme carburant pour des taxis à Tokyo ; pour réaliser les soudures des constructeurs automobiles en Allemagne ; pour chauffer la maison d’une famille Canadienne ; pour désherber un ranch au Texas ; pour permettre à une montgolfière de s’élever et de réaliser le premier vol en solo sans escale autour du monde ; pour laquer les cheveux des starlettes d’Hollywood ; pour réchauffer les alpinistes lancés à l’assaut du Mont Everest ; pour permettre à la flamme olympique d’exister et même pour réaliser les effets spéciaux au cinéma ou à Disneyland… c’est pourquoi les GPL sont reconnues comme l’énergie la plus polyvalente de la planète.

Opportunité identifiée

Le Plan directeur du GPL adopté le 15 août 2016 au Cameroun, prévoit une consommation du butane qui atteindra 383 000 tonnes, environ 12 kg par habitant, soit près de 4 fois la consommation actuelle. Il y aura un investissement de 6,8 millions de bouteilles de gaz neuves supplémentaires, l’ouverture de 6600 nouveaux points de vente au détail, une capacité additionnelle d’emplissage de bouteilles de 277 kilotonnes, et une capacité de stockage des centres emplisseurs de 2,857 tonnes. Les investissements financiers nécessaires sont estimés à 265 milliards de FCFA, dont 60% pour les bouteilles de GPL. De manière générale, les réservoirs en composites sont 3 à 4 fois plus légers et offrent une durée de vie supérieure au regard des produits en acier. Les réservoirs en composites sont également préférés pour le stockage sous Haute pression (supérieur à 60 bars).

Description du produit. Les réservoirs GPL (butane ou propane) sous pression en composite sont utilisés pour les applications domestiques, industrielles. Ces réservoirs se composent d’une poche intérieure en polyéthylène sans soudure et sont enrobés à l’extérieur par du polyester renforcé avec des fibres de verre et de la résine époxy. Ensuite le réservoir est inséré dans un habillage injecté au préalable. Les raccordements sont standards en 1/2″. Ces réservoirs offrent une résistance jusqu’à 25 bars de pression et 45 C° en température.

Avantages concurrentiels

Les avantages concurrentiels des réservoirs en composites sont les suivants :

– Légèreté : une comparaison des masses par unité de volume montre qu’un réservoir en composites présente une masse inférieure de 25 à 75% par rapport à un réservoir entièrement en acier de même volume.

– Résistance à la pression : une analyse comparative en indice de performances (ratio pression de service x masse / volume) pour les différents types de réservoirs sous pression met en évidence que l’avance des réservoirs en composites peut aller jusqu’à plus de 270%.

– Durée de vie : en ce qui concerne la résistance aux agressions environnementales aussi bien externes (UV, eau, acide, sel …) qu’internes par les fluides contenus (azote, hydrogène, propane, CO2 …), les réservoirs en composites présentent durée de vie des réservoirs en composite peut atteindre 30 ans.

– Entretien : les réservoirs en acier requièrent un entretien régulier, notamment en termes de peinture et de traitement pour la résistance à la corrosion. Les réservoirs en composites ne requièrent pas d’entretien spécifique.

4) Vous êtes partenaire du Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal pour l’organisation du Forum Dakar Petrogaz Expo 2019 au King Fahd Palace. Pouvez-vous nous présenter ce forum ?

Dakar PetroGaz Expo 2019, est un projet initié par trois organismes à savoir le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), NetOil Group Investment SA basé à Paris en France et le Club d’affaire pour le développement des entreprises françaises en Algérie (CADEFA) basé à Paris en France. C’est la première édition du salon international du pétrole, du gaz et des énergies vertes, LE PREMIER DU GENRE EN AFRIQUE QUI VISE A CONCILIER L’ÉNERGIE, LE RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, et qui doit avoir lieu du 03 au 05 décembre 2019 à l’hôtel KING FAHD de Dakar au Sénégal.

Le salon DakarPetroGaz Expo 2019 dont le thème est « PETROLE, GAZ & ÉNERGIES VERTES EN AFRIQUE : OPPORTUNITÉS D’INVESTISSEMENTS ET SOLUTIONS INNOVANTES DE FINANCEMENT DES INFRASTRUCTURES ET DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE » a vocation comme vous le savez à édifier au terme des échanges les uns et les autres sur les opportunités d’investissements qu’offre le secteur et permettre de promouvoir les partenariats B2B, B2G. Il doit faciliter la mise sur pieds d’une plate-forme unique d’offres de financements PPP pour ces partenariats. Il souhaite fournir des éléments constitutifs de l’innovation financière et technologique. Il créera un espace d’exposition et de promotion des produits et des services.

Ce salon fera par ailleurs connaître COMMENT TISSER L’INTRICATION DES DONNÉES TECHNOLOGIQUES, CAPITALISTIQUES, POLITIQUES, ÉCOLOGIQUES AFIN QUE LES PARTICIPANTS DÉCOUVRENT CE QUE SERONT LES GRANDES BATAILLES A VENIR ET LEURS ENJEUX.

Ce salon qui offrira aux exposants l’opportunité d’aborder les thèmes ci-dessous :Énergie hydroélectrique, Pétrole, Gaz, Études et Recherches, Formations universitaires spécialisées, Fabrication et Maintenance des Équipements, Distribution et représentation commerciale, Réseau de Transport et de Distribution, Énergies vertes (éolienne, biomasse, solaire),Équipement et Système de prévention des incendies, Certification et GHSE, Traitement des déchets…Une importance particulière sera également accordée aux énergies renouvelables : points focaux de l’innovation aujourd’hui pour la préservation de la planète.

Une vue simplifiée du contenu du programme du salon présente quelques sujets suivants :

  • Conférence plénière : Le Sénégal nouveau producteur de pétrole et de Gaz, quelle vision politique, économique et sociale
  • Conférence 1 : Opérer dans le contexte de « Local Content » au Sénégal : CONTEXTE DU “LOCAL CONTENT” ; DE LA MISE EN PLACE D’UN PLAN DE MANAGEMENT DU LOCAL CONTENT (PMLC) ; CONSÉQUENCES DES CLAUSES LC SUR L’ENSEMBLE DU DÉROULEMENT D’UN CONTRAT D’ACHAT ; IMPLICATIONS DU LC SUR LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES.
  • Atelier 1 : Doing Business au Sénégal dans le secteur Oil, Gaz & Énergies vertes : Réglementation, fiscalité, sécurité des investissements, Droit.
  • Atelier 2 : Les opportunités et stratégies d’investissement dans le secteur Énergétique en Afrique et au Sénégal en particulier : L’ÉNERGIE COMME UN MOYEN DE FINANCER LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE.
  • Conférence 2 : Modèles de Financement des programmes d’État en PPP et des PME dans le Oil, Gaz & Énergies vertes : concilier les besoins en capitaux des entreprises locales et les opportunités d’investissement, Financement structurés : solutions innovantes de financement.

Dakarpetrogaz-banner-1

5) Quel est l’apport de NetOil dans l’organisation de ce Forum ?

NetOil est en réalité le créateur du concept et de la mise en œuvre du volet scientifique de ce salon. Nous avons défini les thèmes scientifiques, nous avons créé les équipes autour du projet et nous avons conçu et exécuté le plan de communication du salon à l’international.

6) Quelles sont vos autres activités en dehors du secteur pétrolier ?

Consultant International, mon expertise, construite sur les 10 dernières années d’expérience, est basée sur le savoir‐faire et la mise en œuvre de solutions financières sur mesure, du financement de bas de bilan à l’investissement en capital en passant par les financements structurés. Ma mission se concentre sur le financement de projets publics et privés, et l’assistance des opérateurs dans la définition et la mise en place de montages juridico financiers adaptés. J’assiste aussi les investisseurs (institutions, family offices, entreprises) dans leurs investissements alternatifs.

Du fait des opportunités liées à la globalisation des marchés, mon réseau de partenaires en Suisse, en France, en Belgique et à Singapour me permet de lever différents types de financements, des plus classiques aux plus complexes en intervenant directement sur le marché de la finance privée.

Les projets d’infrastructures, la santé, l’éducation, les télécommunications, les aéroports, les ports, les centrales solaires, les énergies renouvelables, l’industrie agricole, et le logement, autant de domaines dans lesquels j’interviens.

En tant que Spécialiste des montages structurés et des opérations financières complexes ; spécialiste de l’investissement dans le non coté, du Risk Management & Private Equity, je suis engagé sur différentes opérations : levées de fonds propres et de dettes, titrisation, restructuration de dette souveraine, financement des grands projets structurants, mise en place de PPP, élaboration de programmes d’investissement, mise en place des garanties privées et publiques . Il y’a deux ans, j’avais réussi à lever la dette pour recapitaliser une compagnie aérienne en JAMAÏQUE. En Europe, j’ai structuré et lever il y’a trois ans le financement d’un projet de parc d’attraction en Italie et la recapitalisation d’une société de distribution de GNL en France.

En tant que Directeur Général pour l’Afrique de la Slovac Arab Afric Chamber of Commerce (SAAOK) basée en Slovaquie, j’accompagne les Etats Africains dans leurs stratégies de recherche de financements et de levée des fonds pour des projets d’infrastructures. C’est ainsi que j’ai pu structurer et lever des fonds pour la réalisation d’un Hôpital de 1000 lits au Tchad, la construction et l’équipement d’un hôtel 5* dénommé HÔTEL DES ARMÉES de BANGUI en RCA. Je termine en ce moment la levée des fonds pour des projets d’infrastructures routières au TOGO et d’infrastructures Énergétiques en RDC et en Ouganda.

Excellent formateur et très doué dans la conception et la transmission des savoirs, je suis Formateur et enseignant invité au sein des universités et grandes écoles en Afrique. J’enseigne les méthodes économétriques et Statistiques ; l’économétrie financière ; les financements structurés-financement de projets ; l’analyse des données ; le DataMining & Informatique décisionnelle ; les techniques de finance actuarielle et le Risk Management. Je suis chercheur en économie de l’énergie. J’ai créé avec Bordeaux Management School pôle de Dakar un cycle de quatre Certificats en OIL, GAS & ENERGY. Je suis formateur à l’université catholique d’Afrique centrale au sein du programme Certificat en OIL, GAS, MINING dirigé par le Dr. Stéphane Essaga. Coach en Entrepreneurship, je crée et développe des incubateurs pour start-up.

Jéhu Ndoumi P-DG NetOil Group SA

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ENTRETIEN

NJ Ayuk : « mon livre «Billions at Play : The Future of Energy in Africa and Doing Deals»… « 

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NJ Ayuk : "mon livre «Billions at Play : The Future of Energy in Africa and Doing Deals»... "

L’avocat NJ Ayuk, spécialiste des questions énergétiques en Afrique, a effectué une présentation de son nouveau livre «Billions at Play : The Future of Energy in Africa and Doing Deals» en marge du Africa Oil and Power 2019 au Cap. Le président de la Chambre africaine de l’énergie évoque ici les questions majeures de son livre dont la gestion des ressources en hydrocarbures, la posture des Etats africains dans les négociations ainsi que la gestion transparente de cette industrie. L’animateur de la Grande Conférence sur le contenu local aborde aussi les perspectives d’un Sénégal producteur de pétrole et de gaz.

Votre nouveau livre «Des milliards en jeu : Le future de l’énergie et des affaires en Afrique» s’intéresse aux négociations et contrats entre les Etats africains disposant de ressources énergétiques et les différentes compagnies dans le secteur des hydrocarbures. Pourquoi un tel intérêt ?

Les capacités de négociations des Etats africains avec leurs investisseurs sont au cœur des problématiques liées au développement économique et au contenu local en Afrique. Notre connaissance des dynamiques mondiales du secteur de l’énergie, mais aussi nos capacités à nous mettre en position de force sur la table des négociations sont des éléments majeurs qui permettent la signature de contrats qui bénéficient les économies et populations africaines. «Des milliards en jeu» explore cette problématique non seulement en ce qui concerne les contrats de partage de production, mais également tout accord régissant le fonctionnement d’une société, que ce soit les politiques mises en place pour favoriser l’embauche des femmes ou les contrats d’investissement qui doivent permettre le développement du contenu local et la création d’emplois.

Que conseille l’avocat spécialisé en hydrocarbures aux nouveaux pays ayant découvert des gisements considérables ?

Les nouveaux pays ayant découvert des hydrocarbures doivent préparer à la fois leur cadre réglementaire, mais aussi le niveau de compétences locales disponibles dans leur marché. Le cadre réglementaire est le pilier du développement futur de toute industrie, y compris celle des hydrocarbures. Des cadres adaptés et progressifs doivent être mis en place, qui tiennent compte de l’avancement de l’industrie dans chaque marché. Un pays ne produisant que très peu de pétrole et de gaz et ayant tout juste découvert de grandes réserves comme le Sénégal, n’établira pas le même cadre réglementaire qu’un pays comme le Congo, qui produit plusieurs centaines de milliers de barils par jour depuis des décennies.
Préparer la main-d’œuvre locale est un second élément-clé. Alors que les pays africains développent des cadres réglementaires favorisant le contenu local, il est nécessaire qu’ils puissent offrir aux compagnies étrangères une main-d’œuvre locale qui soit convenablement formée et éduquée.

La production de pétrole et de gaz génère d’importantes ressources pour les pays. Comment faire pour que ces ressources profitent aux populations africaines, premières détentrices du gaz et du pétrole ?

L’introduction de régulations sur le contenu local est très importante. Les exemples récents de nouveaux codes des hydrocarbures au Cameroun ou au Gabon en sont de très bons exemples. Celui du Sénégal en est un autre. Les investisseurs étrangers n’investiront dans l’économie locale que s’ils y sont obligés. Il faut donc prévoir dans les régulations et les contrats des clauses stipulant que l’embauche d’une main d’œuvre locale et la fourniture de services et biens locaux sont une obligation dans tout projet d’hydrocarbures.
Il faut également s’assurer d’une distribution transparente et équilibrée des revenus du secteur à travers l’Economie nationale. Encore une fois, l’adoption de normes internationales en matière de bonne gouvernance et de transparence est nécessaire. En suivant ces principes, l’on s’assure que l’industrie soit génératrice d’emplois pour les populations locales, favorise le développement de sociétés indigènes, et que ses revenus soient redistribués dans des projets d’infrastructures qui appuient le développement de l’économie locale dans son ensemble.

Les ressources importantes en gaz de l’Afrique peuvent-elles être considérées comme un levier d’essor dans la production d’électricité, la diversification des économies et l’appui d’industries majeures comme l’agriculture ?

Absolument. Elles sont un levier d’essor dans la production d’électricité à condition encore une fois, que les contrats de partage de production contiennent des clauses concernant l’allocation d’une certaine partie de la production à la consommation nationale. C’est le cas au Sénégal par exemple, où une partie du gaz qui sera produit doit être réservée au Sénégal. Ce gaz peut non seulement alimenter des centrales électriques, mais aussi servir de combustible à des industries telles que le ciment et l’acier, ou être utilisé dans la production de produits pétrochimiques et d’engrais.

Le développement de ces ressources génère évidemment des revenus considérables pour le pays, qui peut ensuite les redistribuer pour soutenir le développement industriel national et des secteurs-clés comme l’agriculture. C’est la trajectoire empruntée par de nombreux pays pétroliers africains comme la Guinée Equatoriale ou le Nigeria, qui s’appuient de plus en plus sur les revenus du pétrole et du gaz pour financer leur diversification économique.

Que vous inspire l’approche du Sénégal jusqu’à présent en préparation de son virage pétrolier et gazier avec l’organisation d’un cadre légal et la consolidation des mécanismes d’accompagnement ?

Le Sénégal a fait preuve de beaucoup de cohérence et de pragmatisme. Les débats nationaux qui ont suivi les grandes découvertes depuis 2014 et qui ont précédé le changement du cadre réglementaire ont permis l’inclusion de l’industrie, du secteur privé et de la Société civile. Ceci est très positif et a été grandement salué à l’échelle régionale et mondiale.
L’évolution du cadre réglementaire sénégalais, ainsi que l’ouverture récente de l’Institut national du pétrole et du gaz (Inpg), sont une preuve de la volonté politique sénégalaise d’être prêt à la fois au niveau réglementaire et local à accueillir l’industrie des hydrocarbures et à être en mesure d’en tirer le plus de bénéfices possibles pour les Sénégalais.

Vous vous faites un défenseur dans ce livre des Etats africains dans la gestion de leurs ressources en hydrocarbures. Quelle est la place de leur responsabilisation et de la reddition des comptes pour une transparence de ces secteurs ?

De nombreux producteurs africains font partie de l’Initia­tive sur la transparence dans les industries extractives (Itie), par laquelle ils s’engagent à rendre accessible un certain nombre de données et statistiques sur leur secteur pétrolier et ses revenus. Cette transparence est nécessaire à la responsabilisation de l’industrie et à la reddition de ses comptes.
Il convient également à la Société civile de jouer son rôle d’observateur et de demander des comptes aux gouvernants quant à l’utilisation des revenus du pétrole comme soutien de l’économie locale.
De nombreux exemples en Afrique et dans la monde démontrent également que la création de fonds financés par la rente pétrolière est très bénéfique à la fois pour la transparence du secteur mais également pour s’assurer que ses revenus soient proprement redistribués.

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