PAROLE D'EXPERT

L’AVENIR ENERGETIQUE DE L’AFRIQUE : LES INVESTISSEMENTS DU FUTUR PAR TEMPS D’INCERTITUDES !

L’AVENIR ENERGETIQUE DE L’AFRIQUE : LES INVESTISSEMENTS DU FUTUR PAR TEMPS D’INCERTITUDES !
L’AVENIR ENERGETIQUE DE L’AFRIQUE : LES INVESTISSEMENTS DU FUTUR PAR TEMPS D’INCERTITUDES !

La situation énergétique mondiale est très fortement marquée par la domination des trois grandes énergies fossiles. En effet, nos consommations d’énergie primaire dépendent pour 34% du pétrole, pour 30% du charbon et pour 24% du gaz naturel. Les 12% restants représentent la participation de l’hydraulique, du nucléaire et des énergies renouvelables telles que l’électricité éolienne, le solaire, la biomasse. Il est frappant de voir que pour plus de 90% de nos consommations, nous dépendons d’énergies de stock, c’est-à-dire d’énergies non renouvelables.

Avec 11,7% de la production pétrolière mondiale et plus de 8% des réserves pétrolières prouvées de l’humanité, le continent Africain joue un rôle important sur l’échiquier énergétique mondial. Mais la production des hydrocarbures ne concerne pas l’ensemble des États Africains, tant s’en faut. Sur la quasi-soixantaine d’États que comptent le continent, seule une dizaine produit effectivement du pétrole, quelques autres en étant au simple stade de la prospection et de la prospective productive. C’est dire que moins de 20% des économies nationales Africaines peuvent s’appuyer sur la rente pétrolière et/ou gazière.

Derrière ces chiffres, une multitude d’acteurs divers assurent le bon fonctionnement des flux physiques et financiers. Production de pétrole, de charbon et de Gaz naturel ; transport par oléoducs et gazoducs, par bateaux et camions, stockage, distribution, transactions financières de toutes natures, prélèvements fiscaux.

L’Afrique représente aujourd’hui 12% de la population mondiale mais seulement 2% du PIB mondial. Elle n’assure que 2,4 % des échanges mondiaux, alors qu’en 1970 elle structurait 5% du commerce mondial. Dans cette Afrique mal classée, quelle part occupent les États pétroliers : jouissent-ils d’un supplément de développement reposant sur la valorisation d’une rente redevenue appréciée sur le marché mondial des matières premières ? la réponse est évidemment non ! Est-ce à dire donc que l’avenir énergétique de l’Afrique toute entière reste compromis ? NON ! Comment se jouera donc l’avenir énergétique de l’Afrique à horizon 2035-2050 ?

Une situation actuelle inquiétante qui constitue une opportunité…

Selon le dernier rapport de l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) sur l’avenir énergétique de l’Afrique, aujourd’hui plus de 600 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité en Afrique et 900 millions n’ont pas accès à des installations de cuisson propres. Le nombre de personnes vivant dans les villes africaines devrait augmenter de 600 millions au cours des deux prochaines décennies et la population totale de l’Afrique devrait dépasser 2 milliards d’habitants d’ici 20140. L’AIE voit ces profonds changements à venir comme une opportunité à saisir et recommande d’agir tout de suite. En effet, elle les décrit comme le moteur de la croissance économique du continent, du développement des infrastructures et, par voie de conséquence, de la demande énergétique, qui devrait augmenter de 60% à environ 1320 millions de tonnes équivalent pétrole en 2040. Selon son Directeur Exécutif, Fatih Birol, « l’Afrique a une opportunité unique de suivre un développement beaucoup moins intensif en carbone que de nombreuses autres parties du monde. Pour y parvenir, elle doit exploiter le potentiel énorme que représentent les énergies solaire, éolienne, hydraulique mais également le gaz naturel (GNL), l’efficacité énergétique et d’autres ressources ».

Les batailles futures seront axées sur l’efficacité et le développement des nouvelles technologies grâce à des ressources abondantes…

L’Afrique possède des ressources solaires les plus riches de la planète mais jusqu’à présent, elle n’a installé que 5 gigawatts d’énergie solaire photovoltaïque (PV), ce qui représente moins de 1% de la capacité mondiale. Le gaz naturel, quant à lui, devrait bien correspondre à la croissance industrielle de l’Afrique et à la nécessité d’un approvisionnement en électricité flexible. Aujourd’hui la part du gaz dans le bouquet énergétique de l’Afrique subsaharienne est la plus basse de toutes les régions du monde mais cela pourrait être sur le point de changer, compte tenu en particulier des approvisionnements dont dispose l’Afrique : plus de 40% des découvertes mondiales de gaz effectuées à ce jour au cours de cette décennie, l’ont été notamment en Égypte, au Mozambique et en Tanzanie. Ceci sans oublier les importants gisements découverts dernièrement en Mauritanie, au Sénégal et en Guinée équatoriale. L’AIE révèle que l’Afrique possède également d’importantes réserves de minéraux tels que le cobalt et le platine, nécessaires aux industries à forte croissance d’énergie propre.

Dans cette problématique de la transition, le facteur technologique est la clef. En admettant au départ notre très forte dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, il faut savoir que l’on peut à la fois réduire et mieux maîtriser cette dépendance tout en mettant en place des technologies énergétiques alternatives. Les orientations sont claires :

  • diversifier le bouquet énergétique et les sources d’approvisionnement
  • réduire la demande par l’adoption de normes d’efficacité plus sévères
  • encourager l’utilisation de ressources locales
  • développer et commercialiser les technologies alternatives aux hydrocarbures
  • favoriser les modes de transport alternatifs aux hydrocarbures.

Les investissements du futur par temps d’incertitudes…

L’avenir énergétique de l’Afrique demeure très contraint par la mobilisation des ressources financières qui conditionnent les investissements. A cet égard, on assiste actuellement à une véritable course aux investissements pétroliers dans le continent, pourtant aujourd’hui encore le plus mal classé dans la mondialisation économique.

Selon les estimations de l’AIE, dans le scénario des nouvelles politiques énergétiques, 37 900 milliards de dollars devraient être investis dans l’industrie mondiale de l’énergie entre 2011 et 2035. Sur ce total, près de 17 000 milliards iraient à l’électricité, environ 10 000 au pétrole et autant au Gaz naturel.

Sur le plan géographique, la moitié des investissements iraient vers les pays en développement, dont 14% au total vers la chine. La transformation de ces estimations en réalisations implique un environnement économique porteur, une croissance soutenue et une couverture acceptable des risques. En effet, nous avons vu que le secteur international de l’énergie est aujourd’hui caractérisé par de très nombreuses incertitudes, génératrices de risques. La décision en univers incertain, qui était l’apanage des pétroliers devient une préoccupation majeure pour les électriciens et les gaziers. Dans un tel contexte, les décisions d’investissements sont systématiquement précédées d’une analyse aussi fine que possible des risques encourus.

Un appel à plus de volonté politique en Afrique…

L’AIE rappelle que les plans actuels en matière de politique et d’investissement dans les pays Africains ne suffisent pas pour répondre aux besoins en énergie de la population jeune et ne croissance rapide du continent. Ce qui fait dire à son directeur exécutif que « l’Afrique est la clé des transitions énergétiques mondiales car c’est le continent qui contient les ingrédients les plus importants pour la production de technologies critiques. Par exemple, la République démocratique du Congo représente les deux tiers de la production mondiale de cobalt, élément essentiel des batteries et l’Afrique du Sud produit 70% du platine mondial, utilisé dans les piles à hydrogène. A mesure que les transitions énergétiques s’accélèrent, la demande de ces minéraux augmentera également ». Reste que ces dotations factorielles à elles seules ne suffisent pas. Il faut réellement une volonté politique pour les exploiter et les développer et donc si les décideurs mettent fortement l’accent sur ces créneaux très porteurs, l’Afrique pourrait bien s’en sortir. Par exemple le solaire photovoltaïque pourrait devenir la plus grande source d’électricité du continent en termes de capacité installée d’ici 2040.

Le contexte du Dakar PetroGaz Expo

Le contexte du Dakar PetroGaz Expo

Le Salon International du pétrole et du gaz qui aura lieu du 03 au 05 décembre 2019 à l’hôtel KING FAHD de Dakar au Sénégal, est LE PREMIER DU GENRE EN AFRIQUE QUI VISE A CONCILIER L’ENERGIE, LE RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT ET LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE.

Ce salon vise également à POSITIONNER L’ENERGIE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET DE LA REDUCTION DES INEGALITES dans tout le continent Africain qui doit se lever comme un seul homme, pour trouver à cette problématique inévitable, les conditions de possibilité d’utiliser L’ENERGIE COMME UN MOYEN DE FINANCER LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE. Cette première édition facilitera la sensibilisation aux opportunités d’investissements au Sénégal et en Afrique pour les investisseurs internationaux, les investisseurs à impact social, les investisseurs institutionnels (fonds de pension, fonds souverains et autres), tant au niveau local que mondial. Il donnera l’occasion aux partenaires du salon de déterminer les besoins en matière d’investissement de ces diverses catégories d’investisseurs, de faciliter la mise en place de structures adaptées et de présenter les succès du Sénégal et de l’Afrique en matière d’investissement ainsi que les politiques de nature à attirer ces diverses catégories d’investisseurs qui cherchent à déployer des fonds en Afrique.

Par Jéhu Ndoumi

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