Le gouvernement ghanéen accélère sa stratégie de contenu local dans le secteur énergétique domestique en planifiant la fin progressive des importations de bouteilles de gaz de pétrole liquéfié (GPL) utilisées par les ménages. Cette mesure vise à relancer la production nationale, à créer des emplois et à accélérer l’accès à des solutions de cuisson plus propres et plus abordables.
Le ministre de l’Énergie et de la Transition verte, John Abdulai Jinapor, a annoncé cette orientation devant le Parlement le 15 mars 2026. Une fois la politique mise en œuvre, les distributeurs de GPL seront tenus de s’approvisionner exclusivement auprès de producteurs locaux plutôt que de recourir aux importations. Pour soutenir cette transition, les autorités travaillent à la réhabilitation et à la modernisation de la Ghana Cylinder Manufacturing Company Limited (GCMC), la seule entreprise publique du pays spécialisée dans la fabrication de bouteilles de gaz.
Le ministre a précisé que 6 millions de dollars ont déjà été sécurisés sur les 8 millions de dollars nécessaires pour rééquiper et moderniser l’usine, afin d’en augmenter la capacité et l’efficacité. Une fois opérationnelle à plein régime, la GCMC devrait couvrir une part significative de la demande nationale en bouteilles, favorisant ainsi une chaîne d’approvisionnement intégrée.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à augmenter le taux d’accès à la cuisson propre au Ghana, où le GPL est promu comme alternative principale au charbon de bois et au bois de chauffe, responsables d’une importante déforestation et de problèmes de santé publique (pollution intérieure). Malgré une production locale croissante de GPL (notamment via le champ Jubilee et les infrastructures de la Ghana National Gas Company), le pays importe encore une partie substantielle de ses besoins en gaz et en équipements associés.
Le relance de la GCMC devrait générer des emplois directs dans la fabrication, ainsi qu’indirects dans la distribution, la vente au détail et les services d’installation. Des députés, dont certains membres de la commission parlementaire de l’énergie, ont salué la mesure comme un levier pour réduire la dépendance aux importations, renforcer le contenu local et soutenir les objectifs climatiques du pays (réduction des émissions liées à la cuisson traditionnelle).
Le Ghana suit ainsi une tendance régionale observée en Afrique de l’Ouest, où plusieurs gouvernements (Nigeria, Sénégal, Côte d’Ivoire) renforcent les politiques de contenu local dans les secteurs extractifs et énergétiques pour capter davantage de valeur ajoutée et stimuler l’industrialisation. Aucune date précise n’a été communiquée pour l’entrée en vigueur du ban sur les importations, qui sera progressive afin d’éviter des perturbations sur le marché.
Les autorités affirment que cette réforme contribuera à rendre le GPL plus accessible et potentiellement plus abordable pour les ménages, tout en dynamisant l’industrie manufacturière nationale. Le secteur du GPL domestique, en pleine expansion, pourrait ainsi devenir un pilier de la transition énergétique et de la résilience économique du Ghana.
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