Le ministre sud-africain des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, a ouvert ce lundi la 32e édition de l’Investing in African Mining Indaba, soulignant l’urgence pour l’Afrique de s’unir face aux défis géopolitiques mondiaux. Dans un discours prononcé au Cape Town International Convention Centre (CTICC), M. Mantashe a mis en garde contre les tentatives des économies développées de contrôler les ressources naturelles des pays en développement, majoritairement situés sur le continent africain.
« Cette dynamique représente une menace sérieuse pour la souveraineté des pays riches en ressources », a déclaré le ministre, en référence aux tensions accrues dues à la compétition internationale. Le thème de cette année, « Stronger Together: Progress Through Partnerships » (Plus forts ensemble : Progrès par les partenariats), n’est pas qu’un slogan, mais une « impérative stratégique » pour l’Afrique, selon lui. Il appelle à une action collective, une voix unie et l’évitement d’une « course destructrice vers le bas » dans les interactions avec les puissances mondiales et les investisseurs.
Renforcement du leadership continental sur les minéraux critiques
M. Mantashe a mis en avant la tenue de la 2e édition de la table ronde des ministres africains sur les minéraux critiques, organisée en partenariat avec l’Union africaine. Cette plateforme réunit gouvernements, investisseurs et partenaires stratégiques pour consolider le leadership continental sur ces ressources essentielles. L’objectif : approfondir la collaboration, accélérer l’exploration et l’exploitation responsables, et garantir que l’Afrique tire une plus grande valeur de son endowment minéral.
Conformément au consensus de l’année précédente, les partenariats doivent dépasser l’extraction pour inclure l’industrialisation et l’ajout de valeur au plus près des sites de production. En 2024, l’Afrique du Sud a lancé une étude approfondie sur l’état du secteur minier, parallèlement à l’élaboration de sa Stratégie sur les minéraux critiques. « Je suis ravi d’annoncer que ce travail est maintenant achevé. La stratégie est en place et sa mise en œuvre est en cours », a indiqué le ministre. Cette avancée, alignée sur la déclaration du G20, positionne non seulement l’Afrique du Sud, mais l’ensemble du continent, pour affirmer un plus grand contrôle sur ses ressources stratégiques.
Réformes réglementaires pour booster l’exploration
Un pilier central de cette stratégie est la révision du cadre réglementaire. M. Mantashe a réaffirmé l’engagement du gouvernement à créer un environnement plus certain, prévisible et transparent, attractif pour les investissements tout en assurant un partage équitable des bénéfices avec tous les Sud-Africains.
Parmi les mesures phares : la suppression de l’exigence de participation au Black Economic Empowerment (BEE) à l’étape de la prospection. « Ce n’est pas un recul sur la transformation, ni une approbation de la vue erronée que la participation noire est un obstacle à la croissance économique. C’est une reconnaissance pragmatique que la prospection est une phase à haut risque où aucune valeur économique n’a encore été prouvée », a expliqué le ministre. Cette réforme vise à stimuler l’exploration, augmenter la part mondiale de l’Afrique du Sud dans les investissements en prospection, et élargir le pipeline de futures mines.
Les efforts portent déjà leurs fruits. De nouvelles données géologiques révèlent un potentiel minéral inexploité substantiel sous le sol sud-africain. Un exemple notable est le succès des projets soutenus par le Junior Mining Exploration Fund (JMEF). Dans le district de Bothaville, dans l’État libre, un projet financé par le JMEF a progressé vers une phase de forage intensive ciblant les terres rares et minéraux associés, démontrant que le potentiel souterrain reste largement méconnu.
La deuxième ronde du JMEF est en cours, avec 80 candidatures reçues pour des minéraux comme l’étain, le tungstène, le titane, l’uranium, l’or, l’antimoine, l’arsenic, le fluorspar, le cuivre et le lithium. Pour accélérer davantage l’exploration, le ministre a invité les participants à assister au lancement de la Virtual Core Library par le Council for Geoscience (CGS) au pavillon sud-africain. Cette initiative nationale transformera l’accès, le partage et l’utilisation des données géologiques, rendant l’Afrique du Sud plus attractive pour les investissements en exploration.
Investissements en cours et sécurité minière
Malgré la poursuite de la révision réglementaire, les investissements dans le secteur se poursuivent. Parmi les développements récents : l’ouverture de la mine d’or Qala Shallows par West Wits Mining, la mine à ciel ouvert d’Arnot OpCo, la mine de Naudesbank par Seriti, le début de production à la mine Platreef d’Ivanplats, et les opérations souterraines d’Ikoti Coal.
Entre février 2025 et janvier 2026, le département a accordé 358 droits de prospection et 32 droits miniers, démontrant une confiance soutenue en l’Afrique du Sud comme destination minière de choix. « Nous nous engageons à honorer cette confiance en promouvant un système de licences équitable, efficace et transparent qui soutient la croissance tout en protégeant nos intérêts nationaux », a assuré M. Mantashe.
En conclusion, le ministre a salué l’industrie minière sud-africaine pour avoir enregistré le plus bas nombre de décès miniers : 41 en 2025, surpassant les 42 de 2024. « Bien qu’une vie perdue soit de trop, cela démontre que les efforts collectifs nous rapprochent de l’objectif Zéro Harm », a-t-il déclaré.
Cette édition du Mining Indaba, qui rassemble des ministres, des dirigeants d’industrie, des investisseurs, des représentants syndicaux, de la société civile et des communautés, met l’accent sur des partenariats durables pour un avenir minier inclusif et prospère en Afrique.


