Le groupe énergétique italien Eni a révélé, le 16 mars 2026, deux découvertes significatives de gaz naturel au large des côtes libyennes, pour un total estimé à plus de 1 000 milliards de pieds cubes (1 Tcf, soit environ 28 milliards de mètres cubes) de gaz en place. Ces trouvailles, réalisées dans le cadre d’une campagne d’exploration récente, renforcent la position de la Libye comme fournisseur clé pour l’Italie et l’Europe, dans un contexte de diversification énergétique post-crise ukrainienne.
Les découvertes concernent deux structures géologiques adjacentes, Bahr Essalam South 2 (BESS 2) et Bahr Essalam South 3 (BESS 3), forées par les puits B2-16/4 et C1-16/4. Situées à environ 85 km des côtes libyennes, dans des eaux d’une profondeur d’environ 200 mètres (650 pieds), ces structures se trouvent à seulement 16 km au sud du champ gazier de Bahr Essalam, le plus grand champ offshore du pays, en production depuis 2005.
Les intervalles gazéifères ont été identifiés dans la formation Metlaoui, principal réservoir productif de la zone méditerranéenne. Les tests effectués sur le premier puits ont confirmé la haute qualité du réservoir et une forte capacité productive. Selon les estimations préliminaires, ces découvertes pourraient contribuer à une production additionnelle d’environ 130 millions de pieds cubes par jour (soit près de 3,7 millions de m³/jour), grâce à un développement rapide par raccordement (tie-back) aux infrastructures existantes offshore de Bahr Essalam.
Eni opère ces actifs en partenariat avec la National Oil Corporation (NOC) libyenne, via leur co-entreprise historique. La NOC a salué ces résultats, indiquant que le gaz sera prioritairement destiné au marché domestique libyen (notamment pour pallier les déficits en électricité) tout en soutenant les exportations, principalement vers l’Italie via le gazoduc Greenstream (reliant Mellitah à Gela, en Sicile, sur 1 100 km).
Présent en Libye depuis 1959, Eni y est le premier opérateur international avec une production nette d’environ 162 000 barils équivalent pétrole par jour en 2025. Trois projets de développement gazier sont actuellement en cours, dont deux devraient entrer en production dès 2026, avec un objectif de porter la production gazière à environ 750 millions de pieds cubes par jour d’ici fin 2026. En février 2026, Eni a également décroché un nouveau bloc d’exploration offshore (O1) de près de 29 000 km² dans le bassin de Syrte, en partenariat avec QatarEnergy.
Pour l’Italie, ces volumes – bien que modestes à l’échelle régionale – représentent un atout supplémentaire : en 2025, la Libye est devenue le premier fournisseur de brut italien avec 13,4 millions de tonnes livrées (près d’un quart des importations). La proximité géographique et les infrastructures existantes permettent des coûts de transport compétitifs, renforçant la sécurité d’approvisionnement européen face aux tensions persistantes sur d’autres routes (Russie, Moyen-Orient).
Malgré l’instabilité politique, les contraintes sécuritaires et les infrastructures vieillissantes en Libye, ces découvertes envoient un signal positif pour la relance du secteur hydrocarbures. Eni prépare un plan de développement accéléré pour connecter rapidement ces puits à la plateforme Bahr Essalam. Si les estimations se confirment, cette opération pourrait marquer une étape clé dans la consolidation des échanges énergétiques italo-libyens et dans la stratégie africaine d’Eni, axée sur le développement rapide d’actifs stratégiques en Méditerranée.
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