Alors que le prix de l’or oscille actuellement autour de 4 400 à 4 600 dollars l’once, le marché aurifère s’apprête à entrer dans une phase d’appréciation soutenue en 2026, portée par l’expansion monétaire, l’inflation persistante et la diversification massive des réserves par les banques centrales. Selon plusieurs analystes, l’once pourrait atteindre entre 5 400 et 6 000 dollars d’ici la fin de l’année, marquant un nouveau chapitre du supercycle haussier de l’or.
Dans une analyse publiée le 23 février 2026 par Discovery Alert, l’auteur Muflih Hidayat souligne que le système financier mondial fait face à des pressions structurelles inédites : explosion de la dette souveraine, défis de contrôle de l’inflation et transitions de politique monétaire. Ces facteurs renforcent le rôle de l’or en tant qu’actif refuge et réserve de valeur, au-delà des cycles traditionnels.
Goldman Sachs prévoit un cours de 5 400 dollars l’once fin 2026, soutenu par les achats continus des banques centrales et les baisses de taux attendues de la Réserve fédérale américaine. La firme suédoise AuAug se montre plus optimiste, tablant sur 6 000 dollars, soit un potentiel de hausse de 39 % par rapport aux niveaux récents. Dans les scénarios les plus haussiers, des prévisions atteignent 6 500 dollars, tandis que l’objectif à plus long terme d’AuAug s’établit à 10 000 dollars l’once.
Les banques centrales des marchés émergents restent les principaux moteurs de la demande. Elles devraient maintenir un rythme d’achats supérieur à 800 tonnes par an, représentant environ 26 % de la production minière mondiale annuelle. Cette diversification des réserves, particulièrement marquée en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient, s’explique par la dépréciation des monnaies fiduciaires et l’expansion massive des bilans des banques centrales.
Côté offre, la production australienne – premier producteur mondial – est attendue à 340 tonnes pour l’exercice 2025-2026 (+16 % en glissement annuel), puis 369 tonnes en 2026-2027, avec l’État d’Australie-Occidentale concentrant 80 % des dépenses d’exploration. Le recyclage (or secondaire) devrait progresser de 5 % pour dépasser 1 500 tonnes en 2026, un record sur 14 ans, offrant une certaine stabilisation du marché sans toutefois compenser la demande structurelle.
L’analyse met également en avant le rôle croissant des flux institutionnels : allocation stratégique dans les ETF adossés à l’or, gestion de patrimoine privé et fonds de pension cherchant à se protéger contre les risques géopolitiques et la fragmentation du commerce international. Les tensions géopolitiques ajoutent une prime de risque qui accentue la volatilité, souvent amplifiée par les stratégies d’options d’achat.
Un point de vue plus prudent émane du Département australien de l’Industrie, des Sciences et des Ressources (DISR), qui anticipe un pic autour de 4 000 dollars l’once en 2026 avant un possible repli en 2027, estimant que l’offre pourrait alors dépasser la demande.
Malgré ces divergences, le consensus majoritaire reste haussier. Le marché de l’or est décrit comme étant encore en phase « mid-cycle » d’un bull market structurel, porté par des facteurs fondamentaux durables : inflation monétaire, expansion de la dette mondiale et perte de confiance relative dans les devises fiat.
Pour les investisseurs, l’or n’est plus considéré comme un actif spéculatif mais comme un élément essentiel de diversification de portefeuille. Les experts soulignent toutefois que la volatilité restera élevée et que les prévisions comportent des risques inhérents liés à l’évolution des politiques monétaires et des événements géopolitiques.
Avec une demande institutionnelle et centrale soutenue, conjuguée à des contraintes d’offre, 2026 pourrait bien confirmer le statut de l’or comme valeur refuge privilégiée dans un environnement de forte incertitude macroéconomique.


