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Parties prenantes à Buhari : Déréglementer le secteur pétrolier en aval du Nigéria maintenant

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Parties prenantes à Buhari: Déréglementer le secteur pétrolier en aval du Nigéria maintenant

LESS PARTIES PRENANTES dans l’ industrie pétrolière et gazière hier a imploré leprésident Muhammadu Buhari à considérer la déréglementation totale du secteur en aval de la nation de l’industrie pétrolière, en disant que le développement libérerait le potentiel énorme d’investissement privé dans le secteur, et aussi y stimuler la croissance durable.

Ils ont exprimé leur mécontentement devant les sommes énormes dépensées annuellement par le gouvernement fédéral pour le versement de subventions, affirmant que ces ressources pourraient être utilisées pour ajouter de la valeur à d’autres secteurs de l’économie.

 M. Muda Yusuf, directeur général des Chambres de commerce et d’industrie de l’État de Lagos (LCCI), a déclaré à notre correspondant que le  fardeau le plus lourd qui pèse actuellement sur l’  économie du pays  est le régime de subvention du pétrole.

Yusuf a déclaré que le gouvernement devrait encourager les acteurs du secteur privé à prendre le contrôle du secteur en aval de l’industrie pétrolière.

«Quand cela sera fait, la plupart des problèmes que nous verrons en matière de subventions, raffineries et autres seront correctement pris en compte. Le gouvernement ne devrait jouer qu’un rôle réglementaire et non opérationnel.

«Le gouvernement n’a pas d’activité de raffinage des produits pétroliers, de vente au détail ou de distribution de carburant, ni de commercialisation de ces produits. Nous ne pouvons pas continuer à porter ce type de fardeau dans le secteur pétrolier », a-t-il déclaré.

Le directeur général a déclaré que la déréglementation totale de l’aval augmenterait  les ressources disponibles pour l’investissement dans des infrastructures critiques telles que l’électricité, les routes, les systèmes ferroviaires, le secteur de la santé et le secteur de l’éducation.

Il a ajouté que la déréglementation libérerait les énormes potentiels d’investissement privé dans le secteur pétrolier en aval, en particulier dans le raffinage des produits pétroliers.

Pour M. Felix Andrew, expert en énergie, le versement continu de subventions n’est pas viable et a exhorté le gouvernement à libéraliser le marché et à encourager « l’entrée libre, la sortie libre » pour attirer les investisseurs du secteur.

Andrew, directeur exécutif de Blue-Sea Energy Limited, a déclaré à notre correspondant que le  Nigéria  consacrait chaque année environ 1 700 milliards de nairas à la subvention aux carburants, tandis que son secteur de l’éducation et de la santé ne pouvait accéder qu’à un budget dérisoire de 300 et 400 millions de nairas respectivement.

Selon lui, il est donc évident que le programme de subvention du carburant impose un fardeau financier énorme aux ressources du pays. 

« Il n’y a donc pas de meilleur moment pour déréglementer car cette initiative permet de libérer des ressources limitées pour répondre aux préoccupations clairement exprimées par les citoyens pour lesquelles les dirigeants politiques sont incapables de trouver les ressources nécessaires pour satisfaire, par exemple en fournissant un financement adéquat pour soutenir la population ». secteur de la santé et de l’éducation; amélioration des infrastructures et de meilleures conditions de travail pour le travailleur nigérian moyen.

«L’une des réformes proposées dans le projet de loi sur l’industrie pétrolière est la déréglementation et la libéralisation de l’industrie pétrolière et gazière en aval, qui recommande la proposition de déréglementation. Si elle est pleinement mise en œuvre, elle éliminera le gaspillage et la corruption qui sévit actuellement dans le pays en raison de la stricte réglementation de son économie »

L’expert a déclaré que  les subventions sur les carburants au Nigéria avaient entraîné une dégradation de l’industrie, notamment un entretien insuffisant et des investissements insuffisants dans les installations (jetées, dépôts et gares), les infrastructures (routes, ponts, voies ferrées et oléoducs), les ressources humaines, les transports (navires et autres navires). poids lourds), des raffineries existantes et une mise en œuvre moins satisfaisante des questions de santé, de sécurité, d’environnement et de  qualité.

Il a déclaré que les dépenses de subvention dans le secteur représentaient un pourcentage disproportionné du budget du pays, ajoutant que les fonds qui généreraient un meilleur retour sur investissement si l’investissement dans l’éducation, les services de santé et l’agriculture étaient engloutis dans la subvention des produits pétroliers.

Alhaji Debo Ahmed, président de la Zone occidentale de l’Association des négociants en pétrole indépendants du Nigéria (IPMAN), a exhorté le gouvernement à libéraliser et à appliquer la déréglementation totale du secteur en aval afin de stimuler la croissance économique du pays.

Ahmed a déclaré que la déréglementation restait la meilleure option pour faire progresser l’économie; soulignant qu’une déréglementation totale générerait des investissements dans le secteur et encouragerait la création de raffineries privées dans le pays.

«Si le gouvernement le souhaite, il peut introduire une suppression progressive de la subvention, mais celle-ci ne devrait pas dépasser 6 à 18 mois. Si les règles sont totalement déréglementées, les investisseurs sérieux viendront investir de manière adéquate », a-t-il déclaré.

Ahmed a déclaré que l’adoption du projet de loi sur l’industrie pétrolière (PIB) restait la meilleure option pour inaugurer la déréglementation, ajoutant que même si le PIB actuel n’était pas parfait, il pourrait être modifié après l’adoption.

«Une fois que vous aurez déréglementé, ces raffineries seront construites. Nous allons donc plaider auprès de l’Assemblée nationale pour qu’elle accélère le passage du PIB.

En outre, le président de l’Association nationale des négociants en gaz de pétrole liquéfié, M. Nosa Ogieva-Okunbor, a déclaré à DAILY INDEPENDENT que seule une déréglementation totale peut apporter l’investissement si nécessaire au secteur.

Ogieva-Okunbor a déclaré que la déréglementation totale demeurait la meilleure option pour attirer les investisseurs en faveur du développement du secteur, dans le contexte des sommes énormes dépensées en subventions.

Il a affirmé que la libéralisation totale et la déréglementation du secteur pétrolier en aval du Nigeria élimineront tous les obstacles et goulets d’étranglement aux investissements privés et à la concurrence sur les marchés du secteur.

Selon lui, le gouvernement devrait entièrement déréglementer le secteur en aval pour attirer les investisseurs. Une déréglementation totale du secteur en aval est nécessaire pour stimuler l’économie.

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Sénégal : Le consultant pétrolier Bachir Dramé alerte : « Manque de communication de l’Etat sur le pétrole et le gaz »

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Sénégal : Le consultant pétrolier Bachir Dramé alerte : « Manque de communication de l’Etat sur le pétrole et le gaz »

L’expert Pétrolier et consultant international,  Bachir Dramé dans une courte et précise contribution, alerte les autorités sur les conséquences de leur manque de communication sur le pétrole et le gaz. Voici l’intégralité de sa missive.

Bonsoir à tous. Permettez moi de vous parler par devoir de vérité pour mon pays le Sénégal. Un pays à la croisée des chemins avec les importantes découvertes du Pétrole et du gaz. Ces découvertes aux enjeux multiples. Le premier de ces enjeux réside dans l’impérieuse nécessité de communiquer juste et vrai.
Ceci est le gage de notre sécurité à tous, de l’intégrité du territoire, de l’assurance de l’avenir de nos enfants.

Cela relève de la responsabilité du Président de la République et de son gouvernement, de ses institutions dédiées. Il faut impérativement travailler à éloigner le spectre de la malédiction du Pétrole. A ce jour, beaucoup de nos compatriotes se posent des questions sans réponses pertinentes. A quoi sert le Cos Petrogaz ? Pourquoi ceux qui sont payés par l’argent du contribuable refusent d’aller parler aux sénégalais, pour leur apporter les bonnes réponses face aux nombreuses assertions et questionnements ? Pourquoi les jeunes en quête d’emploi n’ont pas senti les innovations majeures apportées dans le secteur ?

Pourquoi les intermédiaires venus d’ailleurs veulent contrôler le contenu local avec la bénédiction de certaines multinationales pendant que les sénégalais restent suspendus aux décrets d’application ? A qui profite tout cela ?
Ceux qui ont la responsabilité de conduire les destinées du Pétrole après les grandes annonces ont aussi la responsabilité de nous apporter les éclairages idoines. Juste par devoir de vérité.

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Pierre Lhermitte sur le pétrole : “le contenu local doit être compétitif“

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Pierre Lhermitte sur le pétrole : “le contenu local doit être compétitif“ | Or Noir Africa

Consultant spécialisé dans le secteur pétrolier africain, Pierre Lhermitte estime qu’il faut que le contenu local s’inscrive dans une logique rationnelle de compétitivité et de création de valeur. Entretien.


Comment devrait-on vous présenter ? Quel est votre rôle dans la chaîne de valeur du pétrole ?


Je suis un consultant international, passionné par les problématiques de création de valeur en Afrique et spécialisé dans le secteur pétrolier. Aujourd’hui, je mets mes compétences au service des États Africains pour les aider à tirer le meilleur parti de leurs réserves de pétrole et de gaz. Officier de Marine Marchande, j’ai passé la première partie de ma carrière principalement dans la salle des machines, passant progressivement des navires de commerces aux plateformes de forage avant de rejoindre le groupe Total comme spécialiste marine puis comme responsable logistique. Cette deuxième étape professionnelle m’a permis de passer plus de 10 années au cœur des opérations pétrolières amonts et de découvrir un monde d’excellence et de défis techniques toujours plus audacieux mais aussi de gaspillage et d’inefficience systémique.

Après un passage à l’INSEAD, pour un Executive MBA, je me suis résolu à tenter de comprendre les mécanismes d’escalade des coûts pétroliers. Rapidement, il m’est apparu que les premières victimes des surcoûts sont les pays producteurs africains puisque l’immense majorité des moyens de production y sont importés. Le contenu local s’est alors imposé comme une évidence, mais je n’ai pas souhaité proposer mes services aux États africains sans retourner de nouveau à l’école, à Sciences Po cette fois, pour un Master de Politique et Management du Développement spécialisé sur l’Afrique.

Aujourd’hui cette triple casquette technique, business et politiques publiques me permet de contribuer à l’élaboration de stratégies nationales visant non seulement à maximiser la valeur ajoutée des projets pétroliers et gaziers, mais aussi à écarter les effets secondaires dramatiques, communément regroupés sous le terme malédiction du pétrole. Ceci m’assure aujourd’hui des missions passionnantes pour lesquelles je me sens d’autant plus à l’aise que j’ai rejoint récemment le cabinet de conseil Performances et que je peux désormais m’appuyer sur l’expérience de ce groupe qui travaille depuis 25 ans à la transformation des économies africaines, et de son dirigeant, Victor Ndiaye qui a su bâtir le premier cabinet africain de classe mondiale.


La société civile africaine estime en général que les contrats de partage pétroliers sont déséquilibrés ? Qu’en est-il ?

La société civile a raison d’être exigeante mais pour répondre à votre question, je vous propose un petit retour en arrière pour observer l’évolution du partage de la richesse entre les compagnies pétrolières et les États hôtes. Ce retour nous permet de constater qu’avant la généralisation des contrats de partage de production, le système prévalent était le régime de concession. Dénué de tout risque pour le pays hôte, les premières concessions se sont néanmoins révélées extrêmement désavantageuses pour des pays qui, peu conscients de la valeur des réservoirs, acceptaient des rentes forfaitaires ou un fixe par baril. L’addition de majoration de la rente en cas de hausse des cours à quelque peu réduit le déséquilibre mais la véritable avancée eut lieu dans les années 60 avec l’apparition en Indonésie du premier contrat de partage de production.

Ce type d’accord, majoritairement utilisé aujourd’hui, constitue un véritable partenariat entre le groupe de compagnies pétrolières d’une part, comprenant éventuellement la compagnie nationale, et l’État producteur, d’autre part, qui prend désormais sa part de risque technique et commercial. Le mécanisme général de ce type de contrat est très simple : le groupe entrepreneurs avance les investissements et conduit les opérations pétrolières pour assurer la production. Cette production sert en premier lieu à rembourser les coûts pétroliers, avant que le solde, appelé profit pétrolier, ne soit partagé entre l’État et le groupe de compagnies pétrolières.

Aujourd’hui, on peut schématiser en disant que dans les cas les moins favorables, le profit est partagé à 50/50 entre les deux parties, mais que le plus souvent, l’État producteur est majoritaire. Il est sans doute possible de toujours faire mieux mais en l’état actuel des choses, je ne pense pas qu’on puisse dire que le partage est déséquilibré mais qu’il reflète au contraire, l’équilibre d’éléments fondamentaux qui sont la propriété légitime de la ressource d’un côté, et de l’autre, le savoir-faire, le financement et le risque découverte. Ce n’est donc pas le moment de crier au scandale mais plutôt celui d’œuvrer sans relâche pour modifier cet équilibre entre les parties. Rappelons que c’est, entre autres, la connaissance du réservoir qui a permis aux pays producteurs de passer avec succès des contrats de concessions aux contrats de partage de production et que ce sera la parfaite maitrise du forage et des architectures pétrolières qui leur permettra d’évoluer vers des contrats de services plus avantageux. C’est à ce titre qu’il convient de saluer la création au Sénégal, de l’Institut National du Pétrole et du Gaz qui vise à éliminer l’asymétrie d’information et de formation.


Quel rôle joue la fiscalité dans l’équilibre entre les parties ?

La fiscalité est un outil potentiellement puissant mais n’étant pas fiscaliste, je ne rentrerai pas dans les détails et me bornerai à rappeler qu’il s’agit avant tout d’un levier de répartition interne des revenus tirés des hydrocarbures. En effet, si on prend la vue d’ensemble, la valeur d’un réservoir de pétrole ou de gaz sera partagée entre trois classes d’acteurs : les fournisseurs, les compagnies pétrolières et l’État. Que ce dernier tire ses revenus d’une part de production en nature, de plus ou moins de redevances ou d’impôts sur les bénéfices ne modifie pas nécessairement le montant total de la valeur qui lui revient. Il n’y a donc pas de formule unique qui permette de maximiser le revenu total de l’État mais une chose certaine est qu’il est impératif de coordonner les différentes exigences légales, contractuelles et fiscales.

Car du côté des compagnies pétrolières, l’appréciation financière d’un projet est consolidée dans une feuille de calcul compilant l’intégralité des éléments avec pour résultat, un avis “Go / no Go“. Seule une approche similaire de la situation peut permettre aux pays hôtes de laisser à leur partenaire le juste profit correspondant au savoir-faire et au risque encouru. Des exigences trop basses amènent au sacrifice d’une portion de la valeur de l’État alors que des demandes exagérées provoquent la fuite des compagnies exploratrices vers d’autres horizons. C’est seulement après avoir défini une valeur cible globale que doit s’établir la stratégie de répartition entre les impôts et taxes, la part de production, les redevances éventuelles et autres dispositions diverses. En ce qui concerne les impôts, un élément déterminant pour un État est sa capacité réelle à taxer des acteurs parfois experts en optimisation fiscale.


Quelles sont les autres pistes pour les pays africains pour créer de la valeur ?

Une fois fixés les termes du contrat pétrolier, les compagnies pétrolières deviennent les partenaires stratégiques des États hôtes et leur partenariat, s’il fonctionne bien, peut entrainer une création de valeur de supplémentaire, notamment en luttant ensemble pour la maitrise des coûts pétroliers, c’est-à-dire en évitant de laisser une part trop importante aux fournisseurs. Aujourd’hui encore, malgré des efforts de rationalisation consécutifs à la chute du baril, les moyens de production restent trop nombreux et sont facturés à des tarifs qu’aucune autre industrie n’accepterait de payer. Nul ne saurait être blâmé pour cela car le problème est non seulement mondial mais aussi systémique.

Pour les pays africains cependant, la sanction est double puisque l’immense majorité de ces moyens de production est toujours massivement importée. Prenons l’exemple d’un navire ravitailleur superflus : dans le Golfe du Mexique, ce navire probablement construit aux États-Unis contribuera à faire tourner l’économie américaine, alors que dans le cas d’un pays africain, il s’agira d’une perte sèche. Ce constat désolant a motivé les campagnes audacieuses de contenu local observées avant 2014, visant à “recycler“ une plus grande partie des coûts dans les économies nationales des pays producteurs. Le succès technique est incontestable et l’Angola ou le Nigéria, pour ne citer qu’eux, ont montré au monde entier la capacité de pays africains à relever des défis techniques de premier plan.

Au niveau économique, en revanche, le bilan est plus mitigé, et c’est là un euphémisme. Faute de stratégies de création de valeur, ces initiatives ont généralement abouti à des augmentations de coûts et, trop souvent, à une destruction de valeur pour les pays concernés. Pour éviter cela, le développement du contenu local ne doit pas retarder, ni renchérir la production des hydrocarbures, sauf vision stratégique à long terme. Je recommande donc de tempérer les ambitions d’une touche de réalisme et de conquérir la chaine de valeur “bottom up“. Il y a énormément à faire dans les services et notamment la logistique, et ces services ont, en outre, l’avantage de pouvoir être transposés à d’autres secteurs productifs et de favoriser ainsi la diversification des économies.


Au sujet des coûts justement, quel est le coût moyen de production du pétrole africain comparé à celui du Moyen Orient ou d’autres régions du globe ?

Le pétrole saoudien, produit principalement à terre, est, encore aujourd’hui, le plus facile à produire et donc le moins cher du monde. En comparaison, le pétrole africain, issu en grande partie de champs situés en mer dans des eaux de plus en plus profondes nécessite des investissements beaucoup plus importants et sa production qui nécessite plusieurs années de développement, coute plus cher. Abstraction faite du facteur qualitatif, le pétrole saoudien bénéficie donc d’un avantage compétitif évident.

Pourtant, ce n’est pas nécessairement d’Arabie Saoudite que vient le danger mais plutôt des États-Unis avec le développement récent de pétrole de schiste. Cette production supplémentaire inattendue, rendue possible par les techniques de fracturation, est venue bousculer l’équilibre entre l’offre et la demande, et reste l’une des causes principales du prix relativement bas qu’on observe actuellement.

Ce pétrole non conventionnel, encore cher à produire mais exempt des investissements initiaux massifs qui caractérisent le pétrole conventionnel offshore africain, risque de continuer à peser sur les marchés même s’il est évidemment impossible de prévoir l’évolution des prix tant les facteurs en jeu sont nombreux. Pour tenter d’anticiper l’offre future de ce pétrole non conventionnel, il faudra d’un côté, suivre les progrès techniques à même de réduire les coûts de production et d’améliorer le taux de récupération, et de l’autre observer la complexité grandissante et la distance croissante vers les réseaux de distribution des réservoirs restant à produire.


Concrètement, quel avenir pour le pétrole africain ? 

La question qui se pose avant tout est quel est l’avenir du pétrole en général. Il existe de nombreuses études et les scénarios associés vont d’une flambée des prix à pétrole bon marché en passant par autant de valeurs moyennes. Par ailleurs, rien n’interdit de penser qu’une innovation radicale motivée par des contraintes environnementales croissante ne viendra pas un jour rendre cette matière première définitivement obsolète. A l’inverse, une autre invention pourrait lui trouver un nouvel usage et le rendre encore plus indispensable. Il est donc extrêmement difficile de se positionner avec certitude et il sera de plus en plus nécessaire d’adopter des stratégies flexibles et évolutives. Ces stratégies devront néanmoins s’appuyer sur des constantes fortes : la maitrise des coûts, le développement d’un contenu local compétitif ou encore la diversification des économies. Un point essentiel est de de noter que l’excès de l’offre par rapport à la demande exacerbe la compétition entre producteurs mais que cette compétition peut être à géométrie variable. Une compétition au sein des pays producteurs africains pour inciter les compagnies pétrolières à développer en priorité leur potentiel minier, aboutira inexorablement au sacrifice d’une partie supplémentaire de la valeur des réserves.

A l’inverse, une collaboration étroite et une convergence des exigences permettront aux pays producteurs africains de mieux défendre leurs intérêts vis-à-vis de leurs partenaires techniques. De même, des stratégies concertées visant à réduire les coûts sans sacrifier le contenu local, mais aussi à améliorer le climat des affaires pour faire baisser le risque pays permettront de lutter plus efficacement contre la concurrence du pétrole non conventionnel américain. Rendons hommage à cette occasion à l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africain et à son Secrétaire Général, M. Mahaman Laouan Gaya, qui œuvre sans relâche pour rendre le secteur pétrolier africain plus fort, bien aidé cette année par le Ministre des Mines et de Hydrocarbures de Guinée Équatoriale, M. Gabriel Mbaga Obiang Lima, instigateur de l’initiative 2019, année de l’énergie. Ces leaders, et bien d’autres, ont compris que l’ère du pétrole n’est pas éternelle, mais qu’elle peut contribuer à développer une dynamique de développement et d’intégration en Afrique qui continuera à porter ses fruits bien après que les derniers puits ne soient taris ou abandonnés.

Financial Afrik

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Sénégal : La loi sur le contenu local, quels impacts pour le secteur des assurances

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Sénégal : La loi sur le contenu local, quels impacts pour le secteur des assurances

La loi sur le «contenu local » adoptée le 24 Janvier 2019 par l’Assemblée nationale va permettre au Sénégal de se doter désormais, à l’instar d’un pays comme le Ghana, d’un cadre propice à l’augmentation de la valeur ajoutée locale et à la création d’emplois locaux dans le cycle de vie des projets pétroliers et gaziers.

Les principes directeurs et objectifs découlant de la combinaison de la loi précitée et de l’article 58 du nouveau Code Pétrolier de 2019 permettent assurément la prise en compte des intérêts exclusifs des entreprises nationales dans tous les domaines où elles peuvent intervenir et qui seraient en relation avec la chaine d’exploitation, de production, de sécurisation et de commercialisation des ressources pétrolières et gazières.

Ces intérêts doivent s’exprimer à travers le relèvement du « plateau de compétence » (formation du personnel local, transfert de technologie,) et du « plateau d’affaires » des Entreprises nationales (participation des investisseurs privés nationaux aux opérations pétrolières et octroi de contrats de fourniture de travaux, biens et services aux entreprises nationales),  mais également à travers le « renforcement de la compétitivité nationale et internationale des Entreprises Sénégalaises ».

L’industrie des assurances au Sénégal n’échappe pas à ces règles et principes, d’autant plus qu’il s’agit du seul secteur pour lequel le législateur a consacré spécialement une disposition (cf. article 10 de la loi sur le « contenu local »).

Sur cette base, les compagnies d’assurances agréées au Sénégal ont eu la prompte initiative de créer, par anticipation à cette nouvelle donne, le « Pool d’assurance des Risques Pétroliers & Gaziers » qui se présente comme une organisation avec la SEN-RE et le marché International de la Réassurance en vue de disposer d’une capacité suffisante leur permettant de couvrir les risques pétroliers selon le principe de la coassurance et de la réassurance.

Cette organisation trouve une légitimité particulière et une base légale non seulement dans l’article 10 de ladite loi, mais également dans la partie de la déclaration du Président de la République, réservée au « local content » ou « contenu local » notamment dans le secteur des assurances à l’occasion  de la réunion du Groupe Consultatif de Paris.

Il s’agit d’une réaction inédite notée dans la zone de la Conférence interafricaine des marchés de l’assurance (CIMA).

Toutefois, le sens et la portée de cette loi sont-ils bien compris par les différents acteurs concernés de l’économie nationale ? En plus, la philosophie du  « local content »  telle que déclinée est-elle bien appréhendée ?

La question mérite d’être posée à propos de l’industrie locale des Assurances, au vu de la tournure que l’application des principes posés par ladite loi commence à prendre chez les Assureurs du marché sénégalais.

En effet, le conflit commercial évoqué dans la presse écrite (« Financial Afrik » et « observateur » précisément) entre la compagnie AMSA Assurances et le « Pool d’assurance des Risques Pétroliers & Gaziers » à l’occasion de la première affaire réalisée, installe déjà le doute. Le traitement réservé à cette affaire laisse perplexe quant à la bonne compréhension par les assureurs, des motivations, principes directeurs, objectifs principaux et bien sûr du champ d’application de la politique nationale en matière de «contenu local» dans le secteur des hydrocarbures.

Loin de jeter le discrédit sur la stratégie mise en place par les assureurs à ce jour et ses conséquences déjà perceptibles, notre intention est d’identifier et surtout d’indiquer aux compagnies d’assurances, les véritables enjeux de la loi sur le « contenu local » au Sénégal et les possibilités probablement méconnues mais plus larges que cette dernière offre à l’industrie sénégalaise des Assurances et à ses différents acteurs.

  1. Les enjeux du «contenu local» dans l’industrie des Assurances

Au vu des principes directeurs et objectifs déclinés ci-dessus, les professionnels de        l’assurance auraient dû se poser les questions suivantes :

  • quelles sont les véritables composantes professionnelles de l’industrie ou du secteur des Assurances?
  • est-ce exclusivement les compagnies d’assurances ? les sociétés de courtage et d’intermédiation (courtiers) en Assurance dûment agréées par l’Etat du Sénégal  sont-elles concernées ?
  • ces compagnies et courtiers sont-ils par ailleurs considérés comme des sociétés de nationalité sénégalaise, compte tenu de la composition de leur capital social, à l’effet de remplir le critère d’éligibilité pour bénéficier en priorité des retombées de cette loi ?
  • enfin, le marché sénégalais, dans sa configuration actuelle, n’aurait-il pas besoin d’une restructuration profonde, compte tenu de la faible capacité notée à prendre entièrement en charge les risques pétroliers et gaziers, de peur de céder en fronting la presque totalité des affaires souscrites aux sociétés de réassurances étrangères?

Autant de questions que les professionnels des assurances doivent se poser et auxquelles des réponses pertinentes pourraient apporter les éclairages nécessaires à la stratégie qu’ils doivent adopter :

a)A propos des composantes professionnelles du marché sénégalais, Il faut reconnaitre sans risque de se tromper que les sociétés de courtage, de droit national, font bel et bien partie du dispositif permettant d’assurer le service de l’assurance compte tenu de leur expertise, et au regard des dispositions du code CIMA relatives aux conditions de création, d’agrément et de fonctionnement.

Pour rappel, elles jouent un rôle essentiel de conseil et de gestion des conflits pouvant survenir entre les compagnies d’assurances et les assurés, fussent-ils des assurés opérant dans le domaine pétrolier ou gazier.

Au surplus, elles représentent une part extrêmement importante dans le chiffre d’affaires des compagnies IARD, sans oublier que la plupart de ces sociétés est le fruit d’investissements de sénégalais qui participent ainsi au développement de l’économie nationale.

Par ailleurs, leur activité, de par sa nature et contrairement à celle des compagnies d’assurances, ne donne pas lieu à des cessions de réassurance à l’étranger. Les commissions captées dans les affaires souscrites sont en général retenues dans l’économie sénégalaise. Il est alors certain que l’essentiel de leur chiffre d’affaires est réinjecté dans l’économie nationale en terme d’épargnes bancaires, d’investissements dans d’autres secteurs de l’économie (immobilier, achats d’actions, souscriptions possibles aux obligations d’Etat, salaires etc…) et enfin, en terme d’obligations fiscales.

Ces sociétés sont aujourd’hui au nombre de soixante-dix-sept (77) agréées par l’Etat du Sénégal, suivant la liste officielle publiée par la Direction des Assurances.

Aussi, et c’est très important, leur intervention dans le placement des affaires aussi bien en Assurances qu’en Réassurances permet-elle de réduire à certains égards les flux de capitaux (pourcentage des primes cédées) sur le marché de la réassurance à l’étranger compte tenu de leurs taux de commissionnement qui avoisinent en moyenne les 18 à 20% des primes d’assurance.

Même s’il est vrai qu’une bonne partie du chiffre d’affaires du courtage revient aux filiales de groupes étrangers, comme c’est le cas d’ailleurs pour  les compagnies d’assurances, le rôle positif des sociétés de courtage dans l’économie nationale est assurément  indéniable. Enfin et pour faire écho à cette dernière question éminemment juridique, une étude concernant les critères de nationalité des sociétés et les conséquences qu’implique l’application de la loi sur le « local content », doit être menée.

b) L’autre enjeu est relatif à la taille du marché sénégalais des assurances.

En effet, nous convenons tous aujourd’hui que ce marché ne dispose pas de la capacité suffisante pour absorber plus de 10% (pourcentage très optimiste) des risques pétro-gaziers qui se profilent à l’horizon. Quelle solution ?

La restructuration du marché des Assurances du Sénégal devient alors une question essentielle dans la mesure où c’est l’un des secteurs qui doivent s’adapter à cette nouvelle donne (exploitation du pétrole et du gaz) pour en profiter économiquement et financièrement et, jouer véritablement le rôle attendu d’eux par l’Etat.

Il ne devrait pas s’agir seulement de s’organiser en pool pour capter les parts de risques qui sont à la portée actuelle du marché. En effet,  les marchés d’assurances doivent grandir par l’évolution de leur économie et par l’ingéniosité de leurs acteurs et cadres accompagnés par les investisseurs. A notre avis, les moyens financiers pour créer d’autres compagnies et l’expertise adéquate ne manquent pas au Sénégal. C’est le moment d’y réfléchir profondément en incluant tous les acteurs de l’industrie des assurances et même ceux qui sont hors du métier dès l’instant que ces derniers (investisseurs) peuvent participer à la mise en place des conditions qui favoriseront l’augmentation des capacités du marché sénégalais.

  • Pour une démarche inclusive de tous les acteurs du monde des assurances.

Seule une démarche globalisante et inclusive pourrait permettre de faire face à toutes les problématiques abordées ci-dessus. Il est en effet très clair que le secteur des assurances au Sénégal compte aujourd’hui autour de 18 compagnies d’assurances IARD et 08 compagnies VIE, mais également, comme nous l’avons affirmé précédemment,  77  sociétés de courtage et de conseil en Assurances au titre de l’année 2019, constituées pour la majorité sous forme de S.A, dument agréées auprès des autorités sénégalaises et dont la plupart est le fruit d’investissements de sénégalais.

Combien de sociétés seraient mises en marge de la plus grande opportunité de transformation de l’économie du Sénégal et de l’industrie des assurances si un processus de mutualisation des efforts du marché est enclenché sans la prise en compte des sociétés de courtage d’assurances ? Ce serait d’autant plus regrettable qu’il s’agit d’une catégorie professionnelle qui pourrait apporter un avis important pour la prise en charge des questions essentielles qui se posent actuellement dans le marché.

La meilleure stratégie serait d’associer toutes les sociétés de courtage agréées en tant qu’actrices et composantes de l’industrie des Assurances dans le pool Pétrolier et gazier déjà mis en place par les sociétés d’assurances.  C’est moins un partage du gâteau que la recherche de solutions d’ensemble qui s’impose au  marché qui doit rapidement s’adapter à cette évolution. Des solutions pour la question particulière d’une meilleure et excellente répartition des produits du « local content » en assurances (création d’emplois et relèvement des compétences, chiffre- d’affaires des compagnies d’assurances et sociétés de courtage, apports dans l’économie etc…) et celle d’une restructuration du marché. Les sociétés de courtage d’assurances ont donc leur mot à dire.

De toutes façons, nous pensons que les sociétés de courtage locales sauront prendre leur destin en main au cas où elles ne seraient pas intégrées dans le pool pétrolier et gazier ou dans un groupe d’études plus large.

Eventuellement, les investisseurs aussi intéressés par notre secteur pour sa transformation en profondeur, pourraient être concernés. Ils participeront à la recherche de solutions d’ensemble puisqu’ appelés à financer certaines opérations de création de nouvelles sociétés d’assurances et de réassurances.

Le défi aujourd’hui n’est donc pas de capter ce que nous, assureurs, sommes en mesure de prendre de ce marché, mais de l’aider à s’agrandir, à augmenter sa capacité au bénéfice de tous ses acteurs et de l’économie nationale. Il est donc quantitatif et qualitatif.

C’est seulement dans ces conditions que nous pourrons cerner les véritables problèmes que pose cette nouvelle donne du secteur de l’hydrocarbure et de répondre convenablement au rendez-vous de l’histoire qui va dans le sens de trouver la voie d’une croissance inclusive qui profite à l’économie nationale, mais surtout aux Entreprises nationales et aux populations.

Il est encore temps de RECTIFIER le tir.

Djibril DIA, Juriste et Consultant en Assurance

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