La société minière australienne Toubani Resources (ASX : TRE) a officiellement démarré les travaux de construction sur son projet aurifère Kobada, situé dans le sud du Mali, avec un investissement total estimé à 216 millions de dollars. Cette décision marque une étape majeure pour l’entreprise, qui parie sur la forte demande mondiale d’or malgré un environnement réglementaire et politique de plus en plus exigeant au Mali.
Le lancement des travaux fait suite à la décision finale d’investissement (FID) approuvée par le conseil d’administration de Toubani début mars 2026. Les premiers travaux consistent en la préparation du terrain pour l’usine de traitement, le parc à résidus, le barrage d’eau et les installations d’hébergement. Des équipements pour le traitement de l’or sont déjà en cours d’expédition vers le site.
Le projet Kobada, un gisement à ciel ouvert à dominante oxydée et à faible profondeur, vise une production annuelle moyenne d’environ 162 000 onces d’or. La première coulée d’or est attendue au troisième trimestre 2027. Le projet bénéficie d’une ressource globale de 2,2 millions d’onces d’or (selon les estimations actuelles), avec des travaux de forage supplémentaires en cours pour actualiser l’estimation des ressources au premier semestre 2026.
Environ 36 à 40 % du capital requis a déjà été engagé, grâce à un protocole d’investissement finalisé avec l’État malien, à l’obtention des permis environnementaux, de réinstallation et d’infrastructures, ainsi qu’à l’avancement du montage financier global. Toubani a notamment signé un accord avec le gouvernement malien en 2025, définissant la participation de l’État dans le projet.
Le directeur général Phil Russo a déclaré : « Le démarrage de la construction représente la transition de la phase de préparation détaillée et de planification vers la prochaine étape de développement. Avec les jalons clés atteints, nous avons établi un élan clair pour le développement réussi du projet. »
Cette avancée intervient dans un contexte de renforcement du contrôle étatique sur le secteur minier malien. Le nouveau Code minier de 2023 permet à l’État d’augmenter sa participation jusqu’à 30 % dans les projets pour favoriser la transparence, la participation locale et une meilleure répartition des bénéfices. Malgré ces évolutions – et des tensions persistantes avec certains opérateurs internationaux –, l’activité aurifère reste dynamique : Mali, troisième producteur africain avec environ 60 tonnes par an, attire de nouveaux investissements et extensions de projets (Barrick, B2Gold, etc.) pour répondre à la demande mondiale d’or comme actif refuge, avec des prix atteignant des records récents.
Kobada s’inscrit dans cette vague d’investissements ouest-africains visant à accroître l’offre d’or face à l’incertitude économique globale. Cependant, les analystes soulignent que le succès dépendra de l’exécution technique, de la stabilité réglementaire et de la gestion des risques géopolitiques et sécuritaires persistants dans la région.
Si le calendrier est respecté, Kobada renforcera la position du Mali comme acteur clé sur le marché mondial de l’or, tout en contribuant à la création d’emplois locaux et à la mobilisation de recettes fiscales dans un pays où le secteur minier reste un pilier économique essentiel.
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