La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a annoncé son intention de renforcer son positionnement stratégique dans le secteur minier de la République démocratique du Congo (RDC). Cette initiative, dévoilée à l’issue d’un forum d’envergure organisé le 21 avril 2026 dans la province du Lualaba, vise à déployer des solutions de financement structuré sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la logistique, en passant par la fourniture d’énergie et la sous-traitance.
La nouvelle stratégie de la banque panafricaine repose sur un constat partagé par l’ensemble des acteurs présents à Kolwezi : le potentiel minier de la RDC reste largement sous-financé, faute de projets suffisamment matures pour attirer les capitaux nécessaires. « Nos échanges au Lualaba nous ont permis de mieux comprendre les réalités opérationnelles, les besoins de financement et les ambitions de croissance des sociétés minières, des sous-traitants ainsi que des acteurs des chaînes de valeur de l’énergie et de la logistique », a expliqué M. Ibrahim Bagarama, Directeur régional des opérations d’Afreximbank pour l’Afrique centrale. Pour remédier à ce déficit, l’institution entend recourir à toute une palette de produits financiers, allant du financement adossé aux actifs au préfinancement des exportations, en passant par l’affacturage destiné aux PME.
Avec un produit intérieur brut (PIB) estimé à environ 123 milliards de dollars en 2026, la RDC devrait devenir la cinquième économie d’Afrique subsaharienne. Cette progression est principalement portée par l’essor du cuivre et du cobalt, deux minerais critiques pour la transition énergétique mondiale. C’est dans ce contexte porteur que l’ambition d’Afreximbank s’inscrit, en ciblant un écosystème complet qui inclut autant les géants de l’extraction que les petites entreprises locales. « L’objectif est de convertir le potentiel en transactions bancables », a souligné la banque, mettant en lumière la nécessité de constituer des pipelines de projets solides.
Afin d’ancrer cette stratégie dans la durée, Afreximbank compte s’appuyer sur les banques congolaises comme principaux relais de financement. L’institution prévoit de renforcer les mécanismes de cofinancement et de garantie, ce qui permettrait d’accroître leur capacité de prêt tout en limitant leur exposition aux risques. Cette approche vise à mobiliser davantage de capitaux domestiques et à fluidifier le crédit vers des segments jugés critiques, comme celui de la sous-traitance minière, où l’accès aux financements reste un frein majeur pour les entrepreneurs locaux. Elle s’ajoute aux efforts déjà entrepris par certains établissements locaux, à l’image de Rawbank ou de BGFIBank RDC, qui développent des produits dédiés et participent activement aux grands rendez-vous du secteur pour soutenir l’économie nationale.
Au-delà du financement direct des activités extractives, l’engagement d’Afreximbank se concrétise à travers des projets structurants. L’institution participe notamment au développement d’une centrale hydroélectrique de 200 MW sur la rivière Lufira, un investissement essentiel pour répondre aux besoins énergétiques croissants du secteur minier et combler un déficit infrastructurel chronique. Elle est également impliquée dans la création de zones économiques spéciales dédiées à la fabrication de batteries et de véhicules électriques, en partenariat avec la Zambie, afin de favoriser une intégration régionale de la chaîne de valeur. Cette logique s’inscrit parfaitement dans la vision plus large portée par le nouveau président de l’institution, le Dr George Elombi, qui a fait de la fin de l’exportation des matières premières brutes une priorité absolue.
Si la détermination d’Afreximbank apparaît comme un signal fort pour les investisseurs, le succès de cette stratégie dépendra de sa capacité à traduire ces annonces en réalisations concrètes sur le terrain. La transformation d’opportunités minières en projets bancables nécessite un cadre réglementaire stable, une amélioration continue de la gouvernance et des infrastructures de base fiables. En misant sur une approche globale et intégrée, la banque panafricaine pourrait néanmoins contribuer à faire de la RDC un hub incontournable pour les industries vertes et la valorisation locale des minerais critiques, générant ainsi des retombées durables pour l’ensemble de son économie.
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