ACTUALITE

Sénégal : Le secteur financier local prêt à alimenter les entreprises locales

Sénégal : Le secteur financier local prêt à alimenter les entreprises locales
Sénégal : Le secteur financier local prêt à alimenter les entreprises locales

Alors que les premières productions pétrolières et gazières devraient couler en 2022, de nombreuses institutions financières locales n’ont pas encore mis en place de stratégie pour tirer parti du marché croissant des hydrocarbures au Sénégal. Pour atteindre les objectifs de contenu local, de nombreuses entreprises opérant localement ont besoin d’un financement pour mettre à niveau leur expertise et leurs compétences.

Comme sur de nombreux marchés au niveau régional, l’amélioration de l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises (PME) est un aspect essentiel de l’économie du Sénégal, notamment dans la perspective d’un marché pétrolier en plein essor. Accroître l’inclusion financière Le système financier sénégalais représente environ 90% du secteur bancaire.

Il se compose de 20 banques commerciales, situées dans les plus grandes villes du pays. Bien que le système bancaire offre une gamme d’alternatives, les deux tiers des actifs et près de 80% des dépôts se font par l’intermédiaire des cinq plus grandes banques du pays. Le secteur est dirigé par des filiales de banques françaises (Société Générale, BNP Paribas), marocaines (Groupe Attijariwafa), nigérianes (Ecobank) et panafricaines (Oragroup).

Par conséquent, la croissance des secteurs bancaires locaux est cruciale pour le développement des économies. Au Sénégal, à ce jour, très peu de banques peuvent fournir les conditions nécessaires pour prospérer dans le secteur pétrolier et gazier. Les entreprises locales doivent penser à d’autres modes de financement. Le secteur devrait mettre en place des synergies efficaces pour renforcer les capacités financières nous permettant de participer à des contrats de services offshore.

Visant à accroître l’inclusion financière, le Sénégal a profité de sa forte pénétration mobile – environ 107% – qui affiche des taux élevés d’utilisateurs d’argent mobile. Orange Money lancé en 2016 au Sénégal, a enregistré 1,3 million d’utilisateurs en 2018 et permet aux utilisateurs d’effectuer de petites transactions financières.

Au Sénégal, plus de 32% des adultes ont un compte d’argent mobile. La méso-finance se veut le maillon manquant du financement dans les pays africains émergents. Il cible les entreprises dont les besoins ne peuvent être satisfaits par la microfinance ou les banques commerciales.

La méso-finance est un modèle idéal pour les PME qui peinent à opérer au Sénégal en raison d’un accès limité aux ressources, au financement et à des réseaux d’information efficaces. D’ici 2022, les entreprises locales devront trouver un moyen d’investir dans la formation et les nouveaux équipements pour répondre aux besoins des opérateurs et répondre aux normes internationales.

Plusieurs banques commerciales – dont Bank of Africa et Orabank – mettent actuellement en œuvre des offres spécifiques pour cibler les PME de tous les secteurs, dans le but sous-jacent de stimuler la demande de services liés au pétrole. Les prêts en Afrique sont souvent difficiles à obtenir, et même lorsqu’ils sont disponibles, ils sont offerts à des taux d’intérêt extrêmement élevés et nécessitent des garanties excessives.

Bien que le manque de capacité de financement doive certainement être résolu par le secteur financier, les gouvernements nationaux sont capables d’adopter des réglementations qui restreignent les taux d’intérêt pour garantir que les prêts d’éviction sont illégaux, et qui donnent également la priorité aux entreprises locales dans les efforts de financement de projets.

Alors que le marché évolue et que de plus en plus d’acteurs locaux sont appelés, les synergies entre le secteur financier privé et le gouvernement sont essentielles pour progresser vers des objectifs communs en matière de contenu local.

Les autorités sénégalaises ont montré leur engagement à bénir sa population avec les fruits des ressources pétrolières et gazières. Pour que les PME sénégalaises ne soient pas laissées pour compte, la direction nationale doit mettre en œuvre le trio gagnant: régulation, financement et embauche, créant un cercle vertueux, qui non seulement alimentera l’économie locale mais fournira également aux opérateurs des récompenses financières à long terme.

Financement du projet Sangomar

La décision finale d’investissement sur le projet Sangomar a été prise le 14 janvier 2020 à Dakar avec le ministère du Pétrole et de l’Énergie après plusieurs retards. Peu de temps après, Far Ltd, l’un des opérateurs du projet a annoncé le 20 janvier avoir obtenu un prêt de 300 millions d’euros.

La société d’exploration australienne, qui détient 15% du projet aux côtés de son compatriote australien Woodside (35%, de Cairn Energy, basée en Écosse (40%) et de la compagnie pétrolière nationale sénégalaise Petrosen (10%), a en effet reçu 300 millions de dollars d’un pool de prêteurs composés de Macquarie Bank, BNP Paribas et Glencore, qui ont chacun engagé jusqu’à 100 millions de dollars. Far Ltd complétera sa part pour le financement du projet notamment par une prise de participation d’un peu plus de 200 millions de dollars.

Quelques jours auparavant, le ministre sénégalais du Pétrole et de l’Énergie, SE Mouhamadou Makhtar Cissé, avait donné à Woodside le décret présidentiel donnant le feu vert à l’exploitation de Sangomar comme prévu par le consortium. L’investissement total prévu atteint 4,2 milliards de dollars d’investissement, supportés par les différents membres de la joint-venture au prorata des actions qu’ils y détiennent.

Anciennement connu sous le nom de SNE, le gisement offshore de Sangomar, découvert en 2014, s’étend sur 400Km 2 au cœur des îles du Saloum, à 100Km au sud de Dakar. Ses réserves sont estimées à 2,5 milliards de barils.

Son entrée en production, reportée à plusieurs reprises en raison de changements de stratégie d’investissement pour la plateforme de production, de stockage et de déchargement, selon le gouvernement sénégalais, est enfin programmée pour début 2023. Cette première phase d’exploitation devrait produire 230 millions de barils , avec un taux de 100 000 barils par jour.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :