Pour la première fois dans l’histoire industrielle du pays, la part des entreprises locales dans la chaîne d’approvisionnement du secteur extractif a dépassé le seuil symbolique des 1 000 milliards de FCFA. Selon le dernier rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), les fournisseurs locaux ont capté plus de la moitié des transactions globales en 2024.
Le secteur extractif sénégalais n’est plus seulement une source de recettes fiscales ; il s’impose désormais comme un moteur direct pour le tissu entrepreneurial national. En 2024, sur un volume total de transactions de 2 135,71 milliards FCFA effectué par les 26 entreprises du périmètre ITIE, les fournisseurs locaux ont bénéficié de 1 110,15 milliards FCFA de commandes.
Cette performance dépasse celle des fournisseurs étrangers, qui ont capté 1 025,56 milliards FCFA sur la même période. Ce rééquilibrage témoigne de la montée en puissance des entreprises sénégalaises et de l’efficacité des réformes sur le Contenu Local, notamment dans les secteurs des mines et des hydrocarbures.
L’analyse détaillée des dépenses montre que le secteur minier demeure le plus gros donneur d’ordre avec 1 435,79 milliards FCFA injectés dans la chaîne d’approvisionnement. Toutefois, le secteur des hydrocarbures, porté par le démarrage historique du champ de Sangomar en juin 2024, affiche une dynamique fulgurante avec 699,92 milliards FCFA de transactions.
L’entrée en production du pétrole a non seulement dopé les revenus de l’État, en hausse de 23 % pour atteindre 455,99 milliards FCFA, mais a surtout ouvert de nouveaux segments de marché pour les PME nationales, allant de la logistique à la maintenance industrielle.
Au-delà des contrats commerciaux, la richesse générée ruisselle directement vers les ménages sénégalais. Les chiffres clés du rapport 2024 mettent en lumière une contribution sociale majeure :
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Emploi : Le secteur emploie désormais 11 394 personnes, portant sa contribution à l’emploi national à 0,74 %.
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Masse salariale : Les entreprises extractives ont versé un total de 193,19 milliards FCFA en salaires au cours de l’année.
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Dépenses sociales : Les investissements volontaires et obligatoires au profit des communautés locales ont atteint 6,66 milliards FCFA.
Cette dynamique de « circularité économique », où l’extraction des ressources naturelles nourrit directement les entreprises locales, est la clé de voûte de la nouvelle stratégie de développement du Sénégal. Avec un prix de l’or soutenu (moyenne de 2 386 $/oz) et l’essor des projets gaziers comme Grand-Tortue Ahmeyim (GTA), les perspectives pour 2025 s’annoncent encore plus prometteuses pour les entrepreneurs locaux.
La transparence accrue, garantie par la Norme ITIE 2023, permet aujourd’hui de confirmer que le secteur extractif est devenu le véritable poumon d’une croissance inclusive et souveraine.


