Le cycle d’octroi de licences 2025‑2026 de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun vient de franchir une étape majeure. La compagnie publique a annoncé l’attribution de cinq blocs pétroliers et gaziers à deux opérateurs internationaux, ouvrant la voie à la relance de l’exploration dans le pays.
Sur les neuf blocs libres proposés aux compagnies internationales depuis août 2025, la SNH a retenu les offres de Murphy West Africa Ltd (filiale de l’américain Murphy Oil Corporation) et de la britannique Octavia Energy Corporation Limited.
« Le Cameroun démontre une fois de plus qu’il est ouvert aux affaires et déterminé à exploiter son potentiel pétrolier et gazier. Des cycles d’octroi de licences comme celui‑ci sont essentiels pour attirer les capitaux, la technologie et l’expertise nécessaires au développement efficace et responsable des ressources », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie.
L’annonce ne signifie pas le démarrage immédiat de la production. Elle ouvre une phase de négociation entre l’État et les deux opérateurs retenus en vue de la signature de contrats de partage de production (CPP). Ces contrats définiront les conditions économiques, fiscales et opérationnelles ainsi que le programme de travaux (campagnes sismiques, forages exploratoires, etc.).
Dans ce modèle, l’État conserve la propriété des ressources du sous‑sol, tandis que l’opérateur privé finance l’exploration à ses propres risques. Si une découverte commercialement viable est réalisée, la production est ensuite partagée entre l’État et l’opérateur selon les termes convenus.
Cette attribution intervient dans un contexte de déclin naturel de la production nationale, qui reste modeste à l’échelle africaine – environ 60 000 barils par jour selon les dernières données officielles. Le bassin de Rio del Rey, arrivé à maturité, est en production depuis plus de 45 ans avec une production moyenne d’environ 35 000 barils par jour.
L’objectif pour Yaoundé est clair : relancer l’amont pétrolier, renouveler les réserves et ralentir le déclin naturel des champs matures. La zone DKC, où Murphy West Africa concentrera ses efforts, est largement considérée comme une province pétrolière offshore très prometteuse, avec un potentiel gazier notable.
Seulement cinq blocs attribués sur neuf proposés : ce résultat offre une mesure de l’attractivité réelle de l’appel d’offres dans un marché mondial où les compagnies pétrolières dirigent leurs capitaux vers les zones jugées les plus prometteuses ou les moins risquées. La présence d’opérateurs internationaux comme Murphy Oil constitue néanmoins un signal positif.
Les prochaines semaines seront décisives pour concrétiser cette dynamique, avec l’ouverture des négociations contractuelles et, à terme, le lancement des premières campagnes d’exploration sur les blocs attribués.
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