Total et Qatar Petroleum ont renforcé leur partenariat international en signant plusieurs accords permettant à Qatar Petroleum d’acquérir une partie des participations de Total sur son domaine minier en Namibie, au Guyana et au Kenya. Ces transactions restent soumises à l’approbation des autorités compétentes.

Dans le détail, en Namibie,Total cèdera à Qatar Petroleum une participation de 30% dans le bloc 2913B et conservera une participation de 40%. Total cèdera également à Qatar Petroleum 28,33% dans le bloc 2912 et conservera 37,78%. Ces deux blocs sont situés en eaux profondes, dans le bassin Orange au large de la Namibie. Un premier puits d’exploration est prévu l’année prochaine sur le bloc 2913B.

Au Guyana, Qatar Petroleum aura 40% de la société détenant les participations existantes de Total sur le bloc Orinduik (25%) et Kanuku (25%), Total conservant 60% de cette société. Ces permis sont situés dans le bassin prolifique du large du Guyana et sont adjacents au bloc Stabroek. Après la découverte de Jethro réalisée sur le permis d’Orinduik ce mois-ci, un second puits d’exploration (Joe-1) est actuellement en cours sur ce même bloc. Il sera suivi d’un troisième (Carapa-1) plus tard dans l’année sur le permis de Kanuku.

Au Kenya, Total transfèrera, conjointement avec ENI, une participation combinée de 25% dans les blocs L11A, L11B et L12 à Qatar Petroleum, réduisant sa participation propre de 45% à 33,75%. Ces trois permis sont situés en eaux profondes, au large du Kenya, et un puits d’exploration est prévu sur le bloc L11B en 2020.

AOF – EN SAVOIR PLUS

Total – Les points à retenir

– Groupe intégré de l’énergie, 4ème compagnie pétrolière mondiale, 2ème gazière et numéro mondial du solaire avec Sun Power ;

– Trois zones géographiques fortes –Europe, Moyen-Orient et Afrique- et savoir-faire dans 4 métiers –offshore, GNL, pétrochimie et réseaux & lubrifiants, générant 171 Mds€ ;

– Position sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production (1,6 Mb/d) au raffinage (1,8 Mb/d) puis le marketing & services (1,8 Mb/d) ;

– Stratégie de long terme en 3 axes : pétrole : investissements à points morts bas / gaz naturel : croissance sur toute la chaîne de valeur de cette énergie fossile attendue en forte croissance d’ici 2020 / énergies bas carbone : investissements dans l’aval gaz et le renouvelable pour la fourniture d’électricité ;

– En production pétrolière, au niveau record de 2,8 Mbep/d, capacité à dégager des marges supérieures à celles de la concurrence grâce à la maîtrise des coûts unitaires, les plus faibles du secteur à 5,4 $/bep ;

– Rapidité de la montée en puissance des ambitions mondiales dans le renouvelable ;

– Marges plutôt élevées dans le raffinage, les sites qataris, coréens et séoudiens compensant les implantations européennes ;

– Retour aux actionnaires par hausse du dividende, avec acomptes montés à 0,66 €, et rachats d’actions (1,5 Md$ en 2019).

Total – Les points à surveiller

– Secteur pénalisé par la forte volatilité des cours du brut, par le haut niveau des stocks et par les variations de quotas de l’OPEP ;

– Absence du secteur des gaz de schiste aux Etats-Unis, le groupe étant présent en Amérique latine ;

– Retour au recul des marges de raffinage en Europe ;

– Obligation de sortir de l’Iran, imposée par les Etats-Unis ;

– Arrêt, en mai 2019, des opérations en Libye ;

– Exposition aux risques géopolitiques en Afrique (30 % de la production du groupe), notamment au Nigeria, au Moyen-Orient -Libye et Yemen- et en Russie;

– Forte sensibilité aux cours du baril de pétrole et au dollar, monnaie de présentation des comptes ;

– Poursuite de la diversification dans le gaz, les énergies renouvelables et l’énergie bas carbone avec Direct Energie ;

– Capital éclaté, le premier actionnaire étant les salariés avec 5 % du capital.

Pétrole et parapétrolier

Les compagnies pétrolières, comme Shell ou Total, investissent de plus en plus dans l’électricité verte, qui bénéficie d’une croissance plus forte que celle des énergies fossiles. L’Agence internationale de l’énergie estime que la demande en électricité devrait progresser de 2,1% par an au cours des deux prochaines décennies, contre 1,9% pour le gaz et seulement 0,6% pour le pétrole.

Une part croissante de cette électricité sera produite à partie de gaz et d’énergies renouvelables.

Shell, la compagnie la plus offensive sur ce sujet, prévoit que l’électricité, de sa génération jusqu’à sa distribution, représentera le tiers de son activité dans les années 2030. Cette proportion est comparable à celle du pétrole et du gaz.

Les pétroliers européens investissent désormais tous dans ce secteur.