L’Algérie a lancé dimanche un appel d’offres international d’envergure pour l’attribution de sept nouvelles concessions d’hydrocarbures, dans un contexte de forte tension sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz lié à l’escalade du conflit au Moyen-Orient.
Baptisé « Algeria Bid 2026 », ce deuxième cycle d’appels d’offres depuis 2024 vise à attirer les investissements étrangers et à renforcer la production nationale d’hydrocarbures conventionnels. Les offres devront être déposées avant le 26 novembre 2026, l’attribution des lots étant prévue le 31 janvier 2027, a indiqué l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft).
« Ce cycle s’inscrit dans la vision stratégique de l’État visant à renforcer l’attractivité du secteur, à valoriser les ressources nationales en hydrocarbures et à consolider la place de l’Algérie en tant que destination fiable pour l’investissement énergétique », a déclaré le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, lors de la cérémonie de lancement à Alger.
Les sept périmètres proposés se situent dans les bassins stratégiques du sud et du sud-est du pays : Illizi, Oued Mya, Berkine, Benoud et Amguid. Six d’entre eux seront proposés sous forme de contrats de partage de production avec le groupe public Sonatrach, tandis que le septième sera attribué via un contrat de participation dans lequel Sonatrach détiendra au moins 51 % des parts.
Ces blocs s’inscrivent dans l’ambitieux plan d’investissements de 50 à 60 milliards de dollars annoncé par Alger pour moderniser ses infrastructures et booster l’exploration. L’objectif affiché est de doubler la production de gaz naturel pour atteindre 200 milliards de mètres cubes d’ici 2030.
Premier exportateur de gaz d’Afrique et l’un des dix premiers exportateurs mondiaux, l’Algérie tire plus de 90 % de ses recettes en devises des hydrocarbures. Le pays est devenu un fournisseur stratégique de gaz naturel pour l’Union européenne depuis la réduction drastique des importations russes consécutive à l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Le lancement intervient alors que les prix du pétrole et du gaz ont fortement augmenté depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, qui a endommagé des infrastructures dans plusieurs pays du Golfe et provoqué le blocage du détroit d’Ormuz – corridor par lequel transite habituellement 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures. Une trêve dans le conflit doit expirer dans les prochains jours.
L’« Algeria Bid 2024 » avait abouti, en 2025, à l’attribution de cinq permis sur les 17 lots initialement proposés à des consortiums associant Sonatrach à des compagnies étrangères, dont Qatar Energy pour la première fois.
Des discussions sont également en cours avec plusieurs majors internationaux. Le géant américain Chevron est en pourparlers pour l’exploitation de gisements offshore, tandis qu’ExxonMobil s’intéresse au gaz de schiste, dont l’Algérie dispose de réserves importantes dans le sud du pays.
Ce nouvel appel d’offres confirme la volonté d’Alger d’ouvrir davantage son secteur énergétique aux investissements étrangers tout en maintenant le contrôle de Sonatrach sur les ressources nationales. Les résultats du « Algeria Bid 2026 » seront scrutés avec attention par les acteurs internationaux à la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement stables.
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