TotalEnergies a annoncé le 13 avril 2026 une importante découverte d’hydrocarbures sur le permis Moho, au large de Pointe-Noire en République du Congo. Cette nouvelle trouvaille, combinée à une découverte précédente sur la même zone, représente des ressources récupérables estimées à près de 100 millions de barils, constituant une « véritable bouffée d’oxygène » pour l’économie congolaise confrontée à un assèchement financier sévère.
Selon le communiqué de TotalEnergies EP Congo (opérateur avec 63,5 % des parts), la découverte a été réalisée via le forage du puits d’exploration MHNM-6 NFW, ciblant la structure Moho G. Le puits a rencontré une colonne d’hydrocarbures d’environ 160 mètres dans des réservoirs albien de bonne qualité. Cette trouvaille s’ajoute à la découverte antérieure sur la structure voisine Moho F (parfois désignée Moho H dans certaines sources). Les deux gisements seront développés par raccordement aux installations existantes du champ Moho, permettant une mise en production rapide et à moindre coût.
Pour Brazzaville, cette annonce arrive à point nommé. Le Congo, premier producteur de pétrole d’Afrique centrale (CEMAC) et troisième producteur du continent, peine à retrouver ses niveaux records de 2019. Le secteur des hydrocarbures représente près de la moitié du PIB du pays, mais plus de 40 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. L’État fait face à un endettement important, notamment vis-à-vis de la Chine, et à des difficultés budgétaires persistantes malgré le récent rétablissement de la viabilité de la dette dans le cadre d’un programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
Alphonse Ndongo, analyste économique, a salué cette découverte auprès de RFI : « Ça va être une véritable bouffée d’oxygène au moment où le pays vit un assèchement financier sans précédent, avec trop de charges que l’État n’arrive pas à supporter, avec un endettement que l’on n’arrive pas à absorber. »
Il met cependant en garde sur la gestion future de ces nouveaux revenus : « Il va falloir savoir comment cette manne va être gérée […] Il faut éviter le fait de pre-paid, c’est-à-dire que l’État, avant même de sortir les premiers barils du sol, se mette déjà à vendre cette production. »
Dans un contexte géopolitique tendu marqué par la fermeture du détroit d’Ormuz et la quête de diversification des approvisionnements (la Corée du Sud s’est notamment tournée vers le brut congolais), cette découverte renforce l’attractivité du bassin offshore congolais. TotalEnergies, déjà très présent au Congo, continue d’investir massivement pour maintenir et accroître la production nationale.
Le gouvernement congolais ambitionne de porter la production à 500 000 barils par jour d’ici fin 2025. Cette nouvelle ressource devrait contribuer significativement à cet objectif et soutenir les recettes budgétaires dans un pays où le pétrole reste le principal moteur économique.


