Le paysage minier burkinabè franchit une nouvelle étape. L’État a officiellement entamé des démarches pour acquérir 25 % de parts supplémentaires dans la société Kiaka SA, portant ainsi sa participation totale de 15 % à 40 %. Cette annonce fait suite à un projet de décret visant à renforcer le contrôle national sur les ressources extractives du pays.
Pour concrétiser cette montée au capital, le Burkina Faso prévoit de décaisser 125 millions de dollars. Ce montant reflète la valeur stratégique du gisement de Kiaka, détenu majoritairement par la compagnie australienne West African Resources (WAF).
Selon les termes de l’accord en cours de finalisation, cet investissement permet à l’État de passer du statut de partenaire minoritaire passif à celui d’acteur de premier plan. Cette décision intervient alors que le projet Kiaka est en phase active de développement, avec une production annuelle attendue de près de 8,7 tonnes d’or (280 000 onces) dès son entrée en fonction prévue cette année.
Cette offensive s’appuie sur la loi n°016-2024 portant Code minier du Burkina Faso, adoptée pour maximiser les retombées économiques pour la nation. Jusqu’ici, l’État bénéficiait traditionnellement de 10 % de parts gratuites dans les projets miniers. La nouvelle réglementation permet désormais une participation accrue, soit par achat direct, soit par des mécanismes de partage de production plus favorables.
« Cette opération est un signal fort envoyé aux investisseurs : le Burkina Faso reste une destination minière attractive, mais le partage de la valeur doit être plus équitable », explique un analyste du secteur à Ouagadougou.
Pour l’opérateur australien West African Resources, qui exploite également la mine de Sanbrado, cette annonce a provoqué une suspension temporaire de sa cotation à la bourse australienne (ASX) le temps de clarifier l’impact financier de la transaction. Toutefois, le groupe a précisé que ses autres actifs, notamment les satellites de Toega, ne sont pas concernés par cette augmentation spécifique de la participation étatique.
Avec Kiaka, le Burkina Faso s’assure non seulement des dividendes accrus, mais aussi un droit de regard renforcé sur la gestion d’un actif qui représentera, à terme, près de 16 % de la production industrielle nationale.
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