Le gouvernement burkinabè poursuit activement son plan de renforcement de la présence étatique dans le secteur minier stratégique. Selon des informations confirmées par West African Resources Limited (WAF), la suspension temporaire de la cotation de ses actions sur l’Australian Securities Exchange (ASX) confirme l’avancée des négociations en vue d’une augmentation de la participation de l’État à 40 % dans la mine d’or Kiaka, l’un des actifs aurifères les plus prometteurs du pays.
Mise en service en juin 2025, la mine Kiaka est actuellement détenue à 85 % par la société minière australienne West African Resources et à 15 % par l’État burkinabè. Dès septembre 2025, les autorités avaient officiellement exprimé leur intention d’acquérir une participation supplémentaire de 25 %, dans le strict respect de la nouvelle législation minière entrée en vigueur en 2024. Cette loi vise à accroître le contrôle national sur les ressources extractives jugées stratégiques.
Vendredi 17 avril 2026, WAF a annoncé la suspension de la cotation de ses titres « dans l’attente d’une communication relative à la publication d’un décret » par le gouvernement burkinabè. Ce texte réglementaire constitue le préalable légal indispensable pour formaliser la prise de participation additionnelle de l’État. À ce stade, l’opération reste qualifiée de « potentielle » par la compagnie australienne, qui n’a fourni aucun détail sur l’état d’avancement des discussions ni sur les modalités financières de la transaction.
Pour Ouagadougou, cette démarche s’inscrit dans une stratégie claire de souveraineté économique. La mine Kiaka devrait produire, selon les prévisions de WAF, 280 000 onces d’or en 2026, soit environ 8,7 tonnes. Ce volume représenterait près de 16 % de la production industrielle aurifère nationale estimée à 52 tonnes pour l’année 2025. Une participation étatique portée à 40 % permettrait ainsi à l’État d’accroître significativement ses recettes budgétaires issues du secteur minier, tout en renforçant son influence sur les décisions stratégiques de l’exploitation.
Aucune précision n’a pour l’heure été communiquée concernant le montant de la compensation financière qui sera versée à WAF ni le calendrier exact de finalisation de l’accord. La société australienne a toutefois indiqué qu’un communiqué officiel pourrait être publié prochainement afin de permettre la reprise de la cotation de ses actions sur l’ASX.
Ce dossier intervient dans un contexte plus large de réaffirmation de la souveraineté burkinabè sur ses ressources naturelles. Après plusieurs ajustements réglementaires ces dernières années, le Burkina Faso affirme ainsi sa volonté de rééquilibrer les partenariats avec les investisseurs étrangers tout en préservant l’attractivité du secteur minier, pilier essentiel de son économie.
L’issue de ces négociations sera suivie avec attention par les investisseurs internationaux et les acteurs du secteur aurifère ouest-africain. Une confirmation officielle de la publication du décret marquerait une nouvelle étape majeure dans la politique minière du pays.
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