Le gouvernement malien a officiellement présenté, un nouveau cadastre minier entièrement numérisé destiné à remplacer un système jugé obsolète et reposant sur un « vieux système ». Cette initiative s’inscrit dans une vaste stratégie d’assainissement du secteur minier, alors que les investissements dans l’exploration continuent de chuter pour la troisième année consécutive, selon le rapport World Exploration Trends 2026 de S&P Global Market Intelligence.
Outil stratégique pour tout pays producteur de ressources minières, le cadastre permet d’enregistrer les titres miniers, de cartographier les zones attribuées et de centraliser les informations relatives aux titulaires et à la durée de validité des permis. La nouvelle version, entièrement digitalisée, autorise désormais toutes les démarches en ligne. Elle est présentée par les autorités comme plus sécurisée et pleinement opérationnelle, avec déjà 631 titres miniers enregistrés.
À titre de comparaison, le Mali comptait 1 062 titres miniers à fin 2022, selon les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Ce chiffre est resté stable en 2023 en raison de la suspension, toujours en vigueur depuis 2022, de l’octroi de nouveaux permis d’exploration. Cette mesure, tout comme le développement du nouveau cadastre, s’inscrit dans une démarche plus large de moralisation et de modernisation du secteur.
L’assainissement s’est traduit concrètement par l’annulation, en octobre 2025, d’une centaine de titres de prospection en vigueur, suivie d’un retrait massif de titres miniers fin novembre 2025. Les autorités n’ont pas encore communiqué de calendrier précis concernant la reprise éventuelle de l’octroi de nouveaux permis.
Selon S&P Global Market Intelligence, le Mali a enregistré en 2025 son troisième recul annuel consécutif des dépenses d’exploration minière, enregistrant la plus forte baisse observée sur le continent africain, devant Madagascar et la Namibie. Ce recul intervient alors que le secteur minier, dominé par l’or, représentait 9,2 % du PIB malien en 2022. Le pays reste le deuxième producteur africain d’or en 2024, derrière le Ghana, selon le World Gold Council, et accueille plusieurs grandes compagnies internationales telles que Barrick Mining et B2Gold.
Face à cette situation, la mise en œuvre effective du nouveau cadastre sera scrutée avec attention. Les premiers résultats de la politique d’assainissement engagée par Bamako seront déterminants pour relancer la confiance des investisseurs et redynamiser un secteur clé de l’économie nationale.
Dans la sous-région, le contraste est net : alors que le Mali accuse un net recul, la Côte d’Ivoire a enregistré la plus forte progression continentale des dépenses d’exploration au cours du dernier exercice.
Les prochaines semaines permettront de mesurer l’impact concret de ce nouvel outil numérique sur la transparence et l’attractivité du secteur minier malien.
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