La République démocratique du Congo (RDC) accélère sa stratégie de modernisation du secteur minier en lançant officiellement le programme PanAfGeo+ INVEST, dédié à l’amélioration de la production et de l’utilisation des données géoscientifiques. Annoncé le 17 mars 2026 par le ministère des Mines, cette initiative vise à consolider la gouvernance du secteur, à mieux cartographier le potentiel minéral national et à promouvoir une gestion plus responsable des ressources naturelles.
Porté par le Service géologique national du Congo (SGN-C), le projet est mis en œuvre en partenariat avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) français et l’initiative Team Europe. Il s’inscrit dans une phase plus large de renforcement des capacités géologiques, avec une deuxième composante, la « Fenêtre pays RDC », lancée le 19 mars et axée sur des travaux de terrain et de laboratoire à travers le pays.
Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a qualifié les données géoscientifiques de « outil stratégique pour guider les investissements et assurer une gestion durable des ressources ». Il a insisté sur la nécessité de promouvoir des pratiques minières plus transparentes et responsables, alors que la RDC détient certaines des plus importantes réserves mondiales de cuivre et de cobalt – minéraux critiques essentiels à la transition énergétique et aux technologies modernes.
Les objectifs principaux du programme incluent :
- Améliorer la connaissance géologique du territoire pour une meilleure attractivité auprès des investisseurs ;
- Renforcer les chaînes de valeur des minéraux critiques ;
- Contribuer à une gestion plus responsable et durable des ressources ;
- Réduire les défis structurels du secteur, tels que la faible gouvernance, la prédominance de l’exploitation artisanale et les problèmes persistants de traçabilité.
Dans un contexte où le secteur minier reste marqué par des défis – informalité massive, pertes de revenus liées à l’exploitation illégale, et besoin accru de transparence –, cette initiative complète les réformes en cours : renégociation de contrats, formalisation de l’artisanat minier, expansion du traitement local des minerais, et renforcement des systèmes de gestion environnementale et sociale.
Des avancées concrètes illustrent déjà cette dynamique : une raffinerie pilote d’or à Kalemie (province du Tanganyika) vise une capacité de production de 500 à 600 kg par mois, tandis que les autorités tablent sur des recettes d’exportation d’or artisanal de l’ordre de 1,7 milliard d’euros d’ici fin 2026.
Le programme PanAfGeo+ INVEST s’aligne sur une tendance régionale et internationale : plusieurs pays africains investissent dans la numérisation et la modernisation des données géologiques pour capter davantage de valeur ajoutée et attirer des investissements occidentaux, dans un marché dominé historiquement par la Chine. Pour la RDC, premier producteur mondial de cobalt et deuxième de cuivre, une meilleure maîtrise des données géoscientifiques constitue un levier clé pour transformer sa richesse minérale en développement économique durable et en recettes fiscales accrues.
Les travaux de terrain et de laboratoire devraient livrer des résultats progressifs dans les prochains mois, renforçant la position de la RDC comme acteur stratégique sur le marché mondial des minéraux critiques.


