Le Botswana a franchi une étape majeure dans sa stratégie de diversification économique en signant plusieurs accords stratégiques avec le sultanat d’Oman dans les secteurs minier et énergétique. Annoncés par la présidence botswanaise, ces partenariats visent à réduire la dépendance historique du pays aux diamants, qui représentent environ un tiers des recettes budgétaires selon les données de la Banque mondiale.
Les accords ont été conclus à l’occasion d’une visite officielle du président botswanais Duma Boko auprès du sultan Haitham bin Tariq, marquant un renforcement des relations bilatérales entre les deux pays. Ils couvrent trois domaines clés : l’exploration minière, les infrastructures de stockage pétrolier et le développement des énergies renouvelables.
Un accord de coopération a été signé entre Minerals Development Oman (MDO) et la Exploration Investment Company Botswana (EICB). Il porte sur l’exploration et l’évaluation géologique de vastes zones encore inexplorées – représentant environ 70 % du territoire botswanais – et cible notamment le cuivre, l’or, le graphite et le minerai de fer. L’objectif est de développer conjointement des projets miniers productifs, d’échanger des expertises et de favoriser le transfert de technologies.
L’entreprise publique Botswana Oil Limited a conclu un partenariat avec le groupe omanais OQ S.A.O.C. pour la construction d’infrastructures de stockage de produits pétroliers. Ces installations seront implantées à Walvis Bay (Namibie) et au Botswana, renforçant la sécurité énergétique et les chaînes d’approvisionnement du pays.
Un projet phare concerne la réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque de 500 MW équipée d’un système de stockage par batteries. Le groupe omanais NAQAA Sustainable Energy LLC (filiale de la plateforme étatique O-Green) a été désigné comme promoteur principal pour concevoir, financer, construire et exploiter l’installation, prévue dans la région nord-ouest du pays, près de Maun. Ce projet s’inscrit dans un cadre de coopération plus large visant jusqu’à 3 GW de capacités solaires, éoliennes et de stockage. Il contribuera à l’objectif du Botswana d’augmenter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique, actuellement autour de 8 %, pour atteindre 50 % d’ici 2030.
Ces accords interviennent dans un contexte de ralentissement de la demande mondiale de diamants, qui a poussé Gaborone à accélérer sa diversification. Le Botswana, premier producteur mondial de diamants en valeur, cherche à bâtir une économie plus résiliente autour des minerais critiques et des énergies propres. Les autorités espèrent attirer des investissements étrangers, créer des emplois et développer une filière industrielle locale à forte valeur ajoutée.
Aucun détail financier n’a été communiqué pour l’instant sur le montant des investissements ou les calendriers précis de mise en œuvre. Les deux parties ont cependant souligné leur volonté de concrétiser rapidement ces partenariats, qui pourraient servir de modèle pour d’autres collaborations entre l’Afrique australe et le Golfe.
Ces annonces confirment la volonté du Botswana de positionner le pays comme une destination attractive pour les investisseurs du Moyen-Orient, tout en accélérant sa transition énergétique et minière. Les prochains mois devraient permettre de mesurer l’impact concret de ces accords sur l’économie botswanaise.
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