La compagnie minière australienne Perseus Mining a officialisé lundi 16 mars 2026 la signature d’un accord de vente de sa participation de 70 % dans le projet aurifère Meyas Sand, situé au Soudan. L’acquéreur est une filiale du groupe chinois Zhejiang Lygend Investment, via Hong Kong Matrix Golden Fortune Mining Limited. Le montant de la transaction s’élève à 260 millions de dollars américains en numéraire.
Selon les termes de l’accord, Perseus a déjà perçu un acompte de 10 millions de dollars à la signature. Le solde de 250 millions de dollars sera versé à la finalisation de l’opération, prévue pour le 22 avril 2026. La vente porte sur la société Shark (BVI) Inc, qui détient indirectement la participation du groupe australien. L’opération est conclue « en l’état » (« as is, where is »), sans conditions suspensives, et bénéficie de la garantie de l’entité mère ultime du groupe Matrix, Zhejiang Lygend Investment.
Cette décision marque le départ définitif de Perseus du Soudan, quatre ans après son arrivée en 2022 via l’acquisition d’Orca Gold. Le projet Meyas Sand, localisé dans le bloc 14 près de la frontière égyptienne, était présenté comme l’une des rares initiatives visant à doter le pays d’une mine aurifère industrielle. Associée au gouvernement soudanais et à la société locale Meyas Nub Multiactivities Company (qui détiennent ensemble les 30 % restants), Perseus prévoyait une production moyenne de 167 000 onces d’or par an sur 13,6 ans. Cependant, le développement a été fortement ralenti depuis 2023 par le conflit armé qui secoue le pays, rendant impossible une avancée à l’échelle envisagée.
« Perseus maintient que Meyas Sand est un projet aurifère de grande qualité. Un examen stratégique a été entrepris suite au conflit armé prolongé au Soudan et à son impact sur la capacité de Perseus à poursuivre le développement à une échelle appropriée. La vente représente une étape importante pour Perseus dans l’optimisation de son portefeuille et permet d’allouer des ressources à ses actifs principaux et à sa stratégie de croissance », a déclaré Craig Jones, directeur général de Perseus Mining.
Grâce à cette cession, le groupe australien renforce son bilan et pourra réallouer ses capitaux à ses opérations phares en Afrique de l’Ouest. Perseus exploite actuellement trois mines d’or : Sissingué et Yaouré en Côte d’Ivoire, ainsi qu’Edikan au Ghana. Elle prépare par ailleurs la mise en service de la mine Nyanzaga en Tanzanie d’ici 2027. Au total, le groupe vise une production annuelle moyenne comprise entre 515 000 et 535 000 onces d’or sur la période 2026-2030.
Pour le Soudan, où la production aurifère reste majoritairement artisanale, ce départ illustre les défis posés par l’instabilité sécuritaire à l’industrialisation du secteur minier. Le projet pourrait désormais être porté par l’investisseur chinois, connu pour son expertise dans le nickel et son expansion en Afrique.
Cette transaction s’inscrit dans une stratégie plus large de recentrage de Perseus sur ses actifs à faible coût et à haut rendement en Afrique de l’Ouest et de l’Est, dans un contexte de prix de l’or soutenus. Les conseillers financiers de l’opération étaient Cutfield Freeman & Co pour Perseus et Admiralty Harbour Capital pour l’acquéreur.


