La société nationale des pétroles de Guinée-Bissau, PetroGuin, et la société roumaine Tender Oil and Gas ont officialisé un accord de partenariat stratégique visant à accélérer l’exploration de deux blocs situés en eaux profondes, dans le sud du bassin MSGBC (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée-Conakry). Signé le 22 avril à Paris, dans le cadre du forum « Invest in African Energy », cet accord porte sur les permis 5C et 6C, des zones jusqu’alors délaissées par l’industrie en raison des coûts élevés et des défis techniques qu’elles présentent.
Aux termes de cet engagement, les deux partenaires prévoient d’acquérir et d’interpréter des données sismiques 2D et 3D afin de mieux définir le potentiel du sous-sol et de préparer des campagnes de forage. « L’accord de partenariat entre Tender Oil and Gas et PetroGuin-EP accélérera les travaux d’exploration dans nos zones eaux profondes, qui n’avaient pas suscité beaucoup d’intérêt par le passé en raison des lourds investissements et des technologies avancées nécessaires », a déclaré Alfredo Malú, directeur général de PetroGuin. Cette opération s’inscrit dans une dynamique régionale de regain d’intérêt pour les marges atlantiques ouest-africaines, stimulée par les récentes découvertes au Sénégal et par l’arrivée de nouveaux acteurs majeurs.
Un contexte régional porteur et une compétition accrue
Le bassin MSGBC concentre aujourd’hui une part croissante de l’exploration en eaux profondes en Afrique de l’Ouest. En novembre 2025, la major américaine Chevron a annoncé son entrée dans les blocs voisins 5B et 6B, avec une participation opérée à 90 %, confirmant le potentiel géologique de cette zone encore largement sous-explorée. L’année précédente, le puits Atum-1X, foré par la société Apus, avait déjà mis en évidence des ressources estimées à 314 millions de barils de pétrole récupérable, marquant le premier test offshore dans le pays depuis près de deux décennies.
Selon les analyses de Rystad Energy, l’Afrique devrait représenter environ 40 % des puits d’exploration à fort impact prévus dans le monde en 2026, avec une concentration marquée dans les zones ultra‑profondes et les bassins frontières. Dans ce contexte, l’arrivée de Tender Oil and Gas aux côtés de PetroGuin constitue un signal supplémentaire d’ouverture du pays aux investissements étrangers, malgré un environnement politique parfois jugé fragile par les observateurs.
Un cadre légal en évolution pour sécuriser les investissements
La Guinée-Bissau dispose d’un arsenal juridique visant à encadrer l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, notamment par le décret-loi n° 4/2006, qui institue un système d’appels d’offres et de négociations exclusives avec PetroGuin, ainsi que par la loi pétrolière n° 4/2014, qui a modernisé les règles d’attribution des droits de recherche et de production. La société nationale, créée en 1986, agit comme représentante du ministère des Ressources naturelles et est responsable du régime fiscal et législatif applicable à la zone économique exclusive.
Alors que plusieurs campagnes d’acquisition sismique régionale sont en cours – à l’instar du projet « Mauritania MegaSurvey » de TGS, qui couvre plus de 100 000 km² – la coopération entre PetroGuin et Tender Oil and Gas pourrait permettre de réduire les incertitudes géologiques et d’attirer à terme de nouveaux partenaires technologiques. Les premières interprétations sismiques devraient orienter les décisions de forage dans les prochains mois, ouvrant la voie à une éventuelle confirmation commerciale des ressources en eaux profondes de la Guinée-Bissau.
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