L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA) et des infrastructures numériques pousse la demande mondiale en électricité à un niveau inédit. Selon un rapport publié le 20 avril 2026 par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), i, la consommation électrique des data centers devrait passer de 485 TWh en 2025 à 945 TWh en 2030, soit une hausse de près de 95 % en seulement cinq ans.
Ce quasi-doublement reflète l’intensification des besoins énergétiques liés au traitement massif des données et à l’entraînement des modèles d’IA, qui exigent des centres de données fonctionnant 24 heures sur 24. À l’horizon 2030, la production d’électricité dédiée à ces infrastructures devrait dépasser les 1 000 TWh, marquant un tournant majeur dans la répartition de la demande énergétique mondiale.
Pour répondre à cette explosion de la demande, les énergies propres joueront un rôle de premier plan. Les énergies renouvelables devraient fournir 360 TWh en 2030, soit une augmentation de plus de 200 TWh par rapport aux niveaux actuels. Le gaz naturel, quant à lui, verra sa production plus que doubler pour atteindre environ 340 TWh, représentant près de 30 % du mix électrique des data centers. Au total, renouvelables et gaz naturel devraient couvrir plus de 65 % de l’électricité consommée par ces installations.
Le nucléaire contribuera également à l’effort, avec une production passant d’environ 75 TWh aujourd’hui à près de 120 TWh en 2030. Cette progression est notamment soutenue par l’intérêt croissant des géants de la technologie pour des sources bas carbone et pilotables. Le charbon, en revanche, conservera une part non négligeable d’environ 20 % du mix, particulièrement en Chine.
Le rapport de l’AIE met en lumière une contradiction majeure dans les stratégies d’approvisionnement des opérateurs de data centers. Ceux-ci recourent massivement à des contrats d’achat d’électricité (PPA) pour sécuriser une énergie à faible émission. Cependant, cette électricité n’est pas toujours produite au même moment ni au même endroit que la consommation réelle.
En pratique, la demande continue des data centers oblige le réseau à faire appel à des sources pilotables – gaz ou charbon – pour compenser l’intermittence du solaire et de l’éolien. « Elle devrait plus que doubler pour atteindre environ 340 TWh d’ici 2030, portant sa part dans le mix électrique mondial des centres de données à près de 30 %. Ensemble, les énergies renouvelables et le gaz naturel devraient représenter plus de 65 % de l’ensemble de l’électricité produite pour les centres de données à l’horizon 2030 », souligne le rapport de l’AIE.
Sur le continent africain, la consommation des data centers devrait progresser modestement, passant de 1,6 TWh en 2025 à 2,9 TWh en 2030. Cette évolution limitée s’explique par les contraintes structurelles des systèmes électriques et le retard dans le déploiement des infrastructures numériques. La région reste ainsi à l’écart de la forte accélération observée à l’échelle mondiale.
Alors que les data centers deviennent l’un des principaux moteurs de la demande électrique mondiale, ce rapport pose la question cruciale de la cohérence entre les engagements « verts » des entreprises technologiques et la réalité physique des réseaux. La dépendance persistante aux énergies fossiles pour assurer la stabilité et la continuité de service de l’IA pourrait compliquer les objectifs de décarbonation, malgré les investissements massifs dans les renouvelables et le nucléaire.
L’AIE appelle implicitement à une meilleure intégration de la flexibilité du réseau et à une planification plus réaliste des capacités de production pour accompagner cette croissance exponentielle sans compromettre les engagements climatiques mondiaux.
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