Après plusieurs années de tentatives infructueuses, les Émirats arabes unis ont réussi à prendre le contrôle de plusieurs permis miniers dans la région du Grand Katanga, en République démocratique du Congo (RDC). Parmi eux figure notamment le gisement de Kabulungu, selon des informations révélées par Africa Intelligence.
Ces transferts de licences, réalisés de manière discrète à la fin de l’année 2025, portent la marque de Kahumbu Mandungu Bula, conseiller privé du président Félix Tshisekedi. Ils marquent une avancée significative pour les intérêts émiratis dans l’un des bassins miniers les plus riches au monde, réputé pour ses importantes réserves de cuivre et de cobalt, minerais stratégiques pour la transition énergétique mondiale.
Le Grand Katanga, qui englobe les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, reste le cœur névralgique de l’industrie minière congolaise. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt (plus de 70 % de l’offre globale) et un acteur majeur du cuivre. L’entrée des capitaux d’Abu Dhabi s’inscrit dans un contexte de diversification des partenaires internationaux du pays, au-delà de la présence historique chinoise.
Cette implantation intervient alors que les relations entre la RDC et les Émirats se sont nettement renforcées ces derniers mois. En février 2026, les deux pays ont signé un accord de partenariat économique global couvrant les secteurs des minerais, des pierres précieuses, de l’agriculture et des infrastructures. Abu Dhabi a également obtenu le développement et l’exploitation d’un terminal multipurpose au port de Matadi via AD Ports Group.
Les observateurs y voient une stratégie plus large des Émirats pour sécuriser l’accès aux minerais critiques, en parallèle d’accords signés avec les États-Unis dans le domaine des chaînes d’approvisionnement en métaux stratégiques. Ces mouvements interviennent dans un paysage minier congolais en pleine recomposition, marqué par des revirements de concessions, des exigences accrues de transformation locale et une volonté de Kinshasa de capter davantage de valeur ajoutée sur son territoire.
Pour l’instant, peu de détails ont filtré sur l’identité exacte des entités émiraties impliquées dans ces licences ni sur les investissements prévus. Cependant, ces acquisitions discrètes confirment l’intérêt croissant des investisseurs du Golfe pour le potentiel minier de la RDC, estimé à plusieurs milliers de milliards de dollars.
Contacté, le ministère des Mines de la RDC n’a pas réagi dans l’immédiat à ces informations. Cette nouvelle implantation pourrait toutefois ouvrir la voie à de nouveaux projets de développement, d’exploration et éventuellement de valorisation locale dans le Grand Katanga, région stratégique pour l’économie congolaise.
Cette avancée émiratie intervient dans un contexte géopolitique où les grandes puissances et les pays du Golfe se positionnent activement pour diversifier leurs sources d’approvisionnement en cuivre, cobalt et autres minerais essentiels aux batteries électriques et aux technologies vertes.


