Le gouvernement égyptien a officiellement approuvé un nouvel accord d’exploration pétrolière et gazière dans la zone offshore de Lotus, en Méditerranée. Cet accord, conclu avec la société américaine Chevron Egypt Holdings et l’Egyptian Natural Gas Holding Company (EGAS), marque une étape supplémentaire dans la stratégie nationale visant à relancer la production d’hydrocarbures et à réduire la dépendance aux importations.
Selon un communiqué officiel publié par le ministère égyptien du Pétrole, l’accord porte sur l’exploration et l’évaluation des ressources en pétrole et en gaz dans ce périmètre offshore situé en Méditerranée. Il intervient à un moment critique pour l’économie égyptienne, redevenue importatrice nette d’hydrocarbures ces dernières années en raison de la hausse de la consommation intérieure et de la stagnation relative de sa production.
« Ces projets visent à sécuriser l’approvisionnement et à réduire la pression sur les finances publiques dans un contexte de tensions régionales », a souligné le ministère du Pétrole dans son communiqué.
Chevron, déjà présente en Égypte depuis plusieurs années, renforce ainsi sa position dans le bassin méditerranéen oriental, l’une des zones les plus prometteuses au monde en matière de gaz naturel. La major américaine opère déjà plusieurs blocs offshore dans la région et dispose d’une expertise reconnue dans l’exploration en eaux profondes.
L’Egyptian Natural Gas Holding Company (EGAS), bras armé de l’État égyptien pour le gaz, sera le partenaire local principal. Cette structure publique joue un rôle central dans tous les grands projets gaziers du pays, notamment le champ géant de Zohr, qui avait permis à l’Égypte de redevenir exportatrice nette de gaz entre 2018 et 2022.
Cette nouvelle initiative s’inscrit dans une politique plus large de relance de la production nationale. Face à une demande intérieure en forte croissance – tirée par la démographie, l’industrialisation et les besoins en électricité – l’Égypte peine à couvrir ses besoins malgré ses importantes réserves. Les tensions géopolitiques en Méditerranée orientale et les perturbations des approvisionnements régionaux ont accentué la nécessité de sécuriser de nouvelles ressources.
Le ministère du Pétrole et des Ressources minérales place ce type d’accords au cœur de sa stratégie : attirer les investissements étrangers tout en préservant le contrôle national sur les ressources. Aucun détail financier ni calendrier précis n’a été communiqué pour l’instant, mais les observateurs estiment que les travaux d’exploration pourraient débuter dans les prochains mois.
Si les explorations s’avèrent fructueuses, le bloc Lotus pourrait contribuer significativement à l’objectif du Caire de redevenir un exportateur net de gaz et de pétrole. Il permettrait également de soulager la facture énergétique du pays, qui pèse lourdement sur les réserves de devises étrangères.
Ce nouvel accord avec Chevron illustre la volonté de l’Égypte de diversifier ses partenaires internationaux tout en capitalisant sur l’expérience des grandes compagnies pétrolières dans l’offshore profond. Il intervient par ailleurs dans un contexte où plusieurs acteurs majeurs (TotalEnergies, BP, Eni) maintiennent ou renforcent leur présence dans le bassin méditerranéen égyptien.
L’annonce de ce partenariat est saluée par les milieux économiques comme un signal positif pour les investisseurs étrangers, dans un secteur stratégique pour la stabilité macroéconomique du pays.
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