Le Mozambique franchit une nouvelle étape dans la structuration de sa filière gazière avec la création officielle de la Société de Services Logistiques Intégrés du Gaz Naturel du Mozambique (SLIGM). Cette initiative, formalisée par un accord d’actionnaires signé le 8 avril 2026 à Maputo, associe quatre entreprises publiques stratégiques et vise à doter le pays d’une infrastructure capable d’approvisionner les marchés domestique et régional tout en soutenant son ambitieux programme d’industrialisation.
Le gouvernement mozambicain a officialisé la création d’une nouvelle entité dédiée à la logistique gazière. Dénommée Serviços de Logística Integrada de Gás Natural de Moçambique, S.A. (SLIGM), cette société a été constituée le 8 avril à Maputo par la signature d’un accord d’actionnaires entre quatre acteurs majeurs du secteur public. L’initiative a été rendue publique le 17 avril. Les parties prenantes sont l’Empresa Nacional de Hidrocarbonetos (ENH), la compagnie nationale des hydrocarbures ; Caminhos de Ferro de Moçambique (CFM), l’opérateur des chemins de fer et des ports ; Hidroeléctrica de Cahora Bassa (HCB), le producteur d’électricité ; et Electricidade de Moçambique (EDM). Cet accord a été complété par un accord de développement conjoint (Joint Development Agreement – JDA) qui établit les bases du développement, du financement et de la mise en œuvre du projet.
Un projet d’infrastructure clé pour la logistique gazière
L’ambition de la SLIGM est de couvrir l’ensemble de la chaîne logistique dédiée au gaz naturel. Sa mission principale est de développer et de gérer des infrastructures adaptées, avec un projet phare : l’installation d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU). Cette technologie est destinée à recevoir du gaz naturel liquéfié (GNL) et à le reconvertir en gaz utilisable. Selon les informations disponibles, cette FSRU sera ancrée dans le nord de la province d’Inhambane, et sera complétée par des infrastructures connexes situées au port de Beira. Ces installations permettront d’assurer la réception, le stockage, la regazéification et le transport du gaz naturel sur le territoire national.
Ce projet s’inscrit dans un cadre plus large : en novembre 2025, le gouvernement a en effet approuvé un décret accordant une concession de 30 ans à un consortium public pour la construction et l’exploitation d’infrastructures gazières, incluant déjà les sites de Beira et d’Inhassoro. La création de la SLIGM est la traduction juridique et opérationnelle de cette décision, marquant le passage de la planification à l’action.
Renforcement de la souveraineté énergétique et levier d’industrialisation
Pour les acteurs impliqués, ce projet représente un pas important dans la consolidation de la souveraineté énergétique du pays. L’objectif est double : renforcer l’approvisionnement en gaz sur les marchés domestique et régional, et promouvoir la monétisation du gaz produit localement, notamment celui issu du bassin offshore de Rovuma. La finalité est également de diversifier les sources d’énergie et de réduire la dépendance du Mozambique vis-à-vis des importations. En garantissant un approvisionnement stable, le gouvernement espère créer un effet multiplicateur sur l’économie, en soutenant l’industrie manufacturière, la production d’électricité et la création d’emplois, conformément à l’agenda national d’industrialisation.
Un projet en phase de mise en œuvre dans un contexte de relance gazière
À ce stade, le projet reste en phase de mise en place. L’accord signé constitue la base juridique de la société, mais les infrastructures nécessaires à son fonctionnement ne sont pas encore opérationnelles. La création de la SLIGM intervient dans un contexte de forte accélération des projets gaziers. Le Mozambique, qui dispose de plus de 190 billions de pieds cubes de réserves prouvées de gaz naturel, a vu ses principaux projets sortir d’une longue période d’arrêt. En janvier 2026, le président Daniel Chapo a déclaré la reprise totale du projet Mozambique LNG, mené par TotalEnergies dans la Zone 1 du bassin du Rovuma, un investissement d’environ 20 milliards de dollars. La SLIGM est ainsi appelée à jouer un rôle central de coordination logistique pour accompagner cette dynamique de relance et structurer durablement la filière gazière nationale.
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