Dans le cadre du mégaprojet Simandou, considéré comme l’un des plus grands gisements de minerai de fer au monde, la Compagnie du Transguinéen (CTG), entité chargée de la composante infrastructures (chemin de fer et port), renforce son engagement en faveur du développement local. Alignée sur la politique nationale de contenu local, la CTG a détaillé son plan stratégique lors d’une présentation récente, mettant l’accent sur trois piliers fondamentaux : l’emploi des Guinéens, l’attribution de contrats aux entreprises nationales et le transfert de compétences et de technologies.
Dr. Moussa Bérété, directeur général adjoint de la CTG, a expliqué en détail cette approche ambitieuse : « Le plan de contenu local de la CTG repose sur trois piliers principaux : l’emploi des Guinéens, des contrats aux entreprises guinéennes et un transfert de compétences et de technologie. » Selon lui, cette stratégie vise non seulement à respecter les obligations légales, mais surtout à créer un impact durable sur l’économie guinéenne en favorisant l’inclusion des acteurs locaux tout au long de la chaîne de valeur du projet.
Priorité à l’emploi des Guinéens La CTG s’engage à recruter massivement des ressortissants guinéens pour les postes techniques, administratifs et opérationnels liés à la construction et à l’exploitation du corridor de transport de 650 km reliant les mines de Simandou aux ports de Forécariah. Ce volet vise à réduire le chômage, à valoriser les compétences nationales et à former une main-d’œuvre qualifiée capable de prendre en charge les infrastructures une fois le projet opérationnel.
Marchés réservés aux entreprises guinéennes Concernant les marchés publics et les sous-traitances, la CTG a mis en place des procédures spécifiques dédiées aux PME et entreprises guinéennes. « La CTG dit avoir des marchés spécifiquement dédiés aux entreprises guinéennes », indique le communiqué. Ces dispositions concernent notamment les fournitures, les travaux de génie civil, la logistique locale et les services connexes. L’objectif est clair : permettre aux opérateurs nationaux de bénéficier directement des retombées économiques du projet, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Transfert de compétences et de technologie Le troisième pilier, souvent considéré comme le plus stratégique à long terme, porte sur le renforcement des capacités. La CTG prévoit des programmes de formation, des partenariats avec des universités et instituts techniques guinéens, ainsi que des mécanismes de jumelage entre experts étrangers et nationaux. Ce transfert technologique doit permettre à la Guinée de maîtriser progressivement les savoir-faire liés à la construction ferroviaire, à la gestion portuaire et à l’exploitation minière durable.
Dans un contexte où le projet Simandou, porté par un consortium incluant le gouvernement guinéen (15 % de participation gratuite dans la CTG), Rio Tinto SimFer et Winning Consortium Simandou, entre dans une phase accélérée de réalisation, ce plan de contenu local s’inscrit pleinement dans la vision « Simandou 2040 ». Il vise à transformer le corridor minier en véritable moteur de développement industriel et socio-économique pour le pays.
Les autorités et les partenaires du projet soulignent que cette approche inclusive constitue un modèle de gouvernance responsable, susceptible de servir d’exemple pour d’autres grands investissements en Afrique. La mise en œuvre effective de ces engagements sera suivie de près par les institutions de contrôle et la société civile, qui y voient une opportunité historique de diversification économique au-delà de l’exportation brute de minerai.
La CTG a d’ores et déjà annoncé que les premières stations ferroviaires devraient être livrées d’ici la fin de l’année 2026, marquant ainsi le début concret des retombées locales promises.
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