Eni annonce le démarrage des livraisons de gaz naturel depuis le champ offshore Quiluma, en Angola, marquant une étape majeure pour le secteur énergétique angolais et renforçant les approvisionnements gaziers africains destinés à l’Europe. Les premiers flux ont été acheminés vers l’usine de traitement de Soyo, inaugurée en novembre 2025, avant d’alimenter l’usine Angola LNG pour l’exportation et la consommation domestique.
Ce projet, développé au sein du New Gas Consortium (NGC) – le premier projet de gaz non associé (non associé à du pétrole) en Angola –, est opéré par Azule Energy, la co-entreprise 50/50 entre Eni et BP. Les partenaires incluent Cabinda Gulf Oil Company (CABGOC, 31 %), Sonangol E&P (19,8 %) et TotalEnergies (11,8 %).
La production initiale est fixée à 150 millions de pieds cubes par jour (environ 4,25 millions de m³/j), avec une montée en régime prévue pour atteindre 330 millions de pieds cubes par jour (environ 9,34 millions de m³/j) d’ici la fin de l’année 2026. À plateau, cela équivaut à environ 2 millions de tonnes par an de GNL, renforçant la capacité d’exportation de l’Angola LNG vers les marchés européens et asiatiques.
Le champ Quiluma, situé en eaux peu profondes au large des côtes angolaises, alimente directement l’usine Angola LNG après traitement onshore à Soyo. Cette infrastructure permet une valorisation optimale du gaz non associé, jusque-là sous-exploité, et soutient la stratégie angolaise de diversification énergétique : approvisionnement stable du marché local tout en augmentant les exportations de GNL.
Pour Eni, ce démarrage s’inscrit dans une accélération stratégique sur le gaz africain. Il fait suite aux récentes découvertes offshore en Libye (BESS 2 et BESS 3, plus de 28 milliards de m³ estimés), qui renforceront les flux vers l’Italie via le gazoduc Greenstream. L’Italie, premier importateur européen de gaz angolais via GNL, bénéficie ainsi d’une source proche et fiable dans un contexte de diversification post-crise ukrainienne et de tensions au Moyen-Orient.
TotalEnergies a salué cette avancée : « En assurant un approvisionnement gazier durable et à long terme pour l’usine Angola LNG, le projet renforce la capacité de l’Angola à fournir du GNL sur les marchés internationaux, y compris l’Europe et l’Asie », a déclaré Mike Sangster, Senior Vice-President Exploration & Production Afrique du groupe français.
Ce lancement intervient alors qu’Eni consolide sa position financière avec une nouvelle ligne de crédit revolving de 9 milliards d’euros (durée de cinq ans, extensible à sept), offrant une plus grande flexibilité pour financer ses projets gaziers. L’Angola, traditionnellement producteur de pétrole, accélère ainsi sa transition vers le gaz naturel, avec un potentiel d’exportations GNL accru pour répondre à la demande européenne en quête de sources diversifiées et à faible empreinte carbone par rapport au charbon.
Les premiers cargaisons de GNL issues de ce nouveau flux devraient bientôt rejoindre les marchés internationaux, confirmant le rôle croissant de l’Afrique subsaharienne comme fournisseur stratégique de gaz pour l’Europe.


