La Côte d’Ivoire a annoncé le déploiement d’un ambitieux plan d’investissement de 700 milliards FCFA (environ 1,2 milliard de dollars) destiné à renforcer et à stabiliser son réseau électrique, confronté à des tensions croissantes liées à la forte hausse de la demande.
Le directeur général de CI-Énergies, Noumory Sidibé, a révélé ce plan le lundi 23 mars 2026 lors d’une intervention sur la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI). Selon lui, les travaux d’envergure ont déjà commencé et seront visibles « au plus tard la semaine prochaine » dans le district d’Abidjan et dans plusieurs localités du pays.
Contrairement à une crise de production, la Côte d’Ivoire dispose d’une capacité installée suffisante pour couvrir ses besoins nationaux. Les perturbations actuelles – coupures récurrentes observées notamment dans plusieurs quartiers du Grand Abidjan – résultent principalement des limites du réseau de distribution, mis à rude épreuve par une croissance rapide de la demande. En février 2026, celle-ci a progressé de 14 % sur un an, avec un surplus de capacité estimé à environ 300 MW. Le réseau est exploité « à la limite de ses capacités », rendant le système vulnérable aux incidents techniques et aux pics de consommation accentués par des épisodes de chaleur exceptionnels.
Ce plan s’inscrit dans la continuité du Programme Électricité Pour Tous (PEPT) lancé en 2014, qui a permis de faire passer le taux d’électrification de 34 % en 2011 à 98 % en 2025, et de desservir plus de 6 600 localités en seulement 15 ans (contre 2 800 en 50 ans auparavant). Près de 500 000 nouveaux abonnés ont été raccordés ces dernières années.
Le secteur électrique ivoirien, libéralisé depuis 2014, bénéficie d’une politique volontariste qui vise à faire de la Côte d’Ivoire un hub énergétique régional à l’horizon 2030. Le nouveau plan met l’accent sur la modernisation et le renforcement du réseau de distribution, avec des investissements massifs dans les infrastructures urbaines et rurales. Des travaux significatifs sont prévus pour améliorer la qualité de l’électricité et réduire la fréquence et la durée des coupures.
Noumory Sidibé a rappelé que la capacité de production est « suffisante », soulignant que les défis actuels sont structurels : « Nous exploitons le réseau à la limite de ses capacités. » Les effets du plan ne seront pas immédiats en raison des délais techniques inhérents aux projets d’infrastructure, mais les premiers travaux devraient rapidement soulager certaines zones sous tension.
Ce programme intervient alors que le pays a déjà enregistré des progrès notables via le Projet de développement et de réhabilitation du réseau électrique de Côte d’Ivoire (PRODERCI) : le rendement du réseau est passé de 78,78 % en 2015 à 83,7 % en 2024, tandis que la durée moyenne des coupures avait été réduite avant de remonter légèrement ces dernières années.
Avec ce nouvel investissement de grande ampleur, les autorités ivoiriennes entendent consolider les acquis du PEPT, corriger les disparités persistantes dans certaines zones et garantir une électricité plus fiable et de meilleure qualité, indispensable à la croissance économique soutenue du pays. Les travaux en cours devraient marquer une étape décisive dans la résilience du système électrique ivoirien face à une demande en constante expansion.


