Le géant énergétique italien Eni vient de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie d’expansion africaine en signant un accord contraignant avec la SOCAR, la compagnie pétrolière et gazière d’État de l’Azerbaïdjan. Cette transaction porte sur la cession d’une participation de 10 % dans le projet Baleine, situé au large des côtes ivoiriennes. Ce mouvement financier s’inscrit parfaitement dans le « modèle d’exploration double » prôné par Eni, une stratégie qui vise à optimiser son portefeuille en amont en accélérant la monétisation de ses découvertes d’exploration par la vente de participations minoritaires.
Le projet Baleine occupe une place singulière dans le paysage énergétique mondial. Découvert en 2021, seulement deux décennies après la dernière trouvaille commerciale majeure dans le pays, le gisement a été mis en production en 2023, affichant un délai de développement record. Au-delà de sa rapidité d’exécution, Baleine se distingue comme le premier projet à émissions nettes nulles sur le continent africain, marquant une avancée technologique et environnementale majeure pour le secteur.
Sur le plan opérationnel, la gouvernance du projet se réorganise autour de cet accord, bien que la finalisation reste soumise aux approbations réglementaires habituelles. Jusqu’alors, Eni détenait 47,25 % des parts aux côtés de ses partenaires Vitol et Petroci, qui possèdent respectivement 30 % et 22,75 %. L’arrivée de la SOCAR renforce une collaboration bilatérale déjà dense entre l’Italie et l’Azerbaïdjan. En effet, les deux groupes ont multiplié les protocoles d’accord en 2024, touchant non seulement à l’exploration et à la production d’hydrocarbures pour garantir la sécurité énergétique, mais aussi à la réduction des gaz à effet de serre et au développement de la filière des biocarburants.
L’impact économique pour la Côte d’Ivoire est considérable. Actuellement, les phases 1 et 2 du projet Baleine génèrent plus de 62 000 barils de pétrole et 75 millions de pieds cubes de gaz quotidiennement. L’avenir s’annonce encore plus ambitieux avec le lancement imminent de la phase 3. Une fois cette étape franchie, la production devrait bondir pour atteindre 150 000 barils de pétrole et 200 millions de pieds cubes de gaz par jour. Cette montée en puissance fera de Baleine la pierre angulaire de la souveraineté énergétique ivoirienne, répondant durablement aux besoins croissants du marché national.


