La République démocratique du Congo (RDC) pourrait bientôt compter l’une des plus grandes mines de cuivre au monde. Le gouvernement congolais examine actuellement un projet d’envergure présenté par le géant chinois China Railway Resources Universal Limited (CRRU), qui ambitionne de lancer une production massive de métal rouge dans la région jusqu’ici préservée du Grand Kasaï.
Présenté officiellement le jeudi 7 mai aux autorités de Kinshasa, le projet prévoit l’exploitation de gisements dans les territoires de Miabi et Kabeya-Kamwanga, au Kasaï-Oriental. Selon les estimations communiquées par le ministère des Mines, la future mine pourrait produire entre 200 000 et 500 000 tonnes de cuivre par an. À son maximum, ce volume représenterait près de 15 % de la production nationale enregistrée l’année dernière, qui atteint désormais 3,4 millions de tonnes, consolidant ainsi la position du pays comme deuxième producteur mondial derrière le Chili.
Le projet est porté par China Railway Resources Universal Limited, une filiale du groupe public chinois CREC, en coentreprise avec la Minière de Bakwanga (Miba), société diamantaire historique du Congo. L’entreprise chinoise n’est pas un acteur nouveau sur la scène congolaise, puisqu’elle est déjà fortement engagée dans l’exploitation du mégaprojet Sicomines, pilier de la coopération sino-congolaise.
Au-delà de l’extraction minière, le package d’investissement comprend un volet énergétique conséquent avec la construction d’une centrale hybride combinant hydroélectricité et énergie solaire, dont la capacité est estimée entre 250 et 500 mégawatts. Cette infrastructure s’inscrit dans la stratégie assumée de Kinshasa, qui lie l’octroi de permis miniers au développement d’infrastructures nationales. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a d’ailleurs confirmé l’engagement au plus haut niveau de l’État, précisant que le dossier fait l’objet « d’un suivi particulier » du président Félix Tshisekedi, qui souhaite voir « sa concrétisation dans les meilleurs délais ». Si les responsables chinois ont mis en avant la création potentielle de milliers d’emplois directs et indirects, aucun calendrier de mise en œuvre ni détail sur la transformation locale du minerai n’ont encore été communiqués.
Cette annonce intervient alors que le contrôle des ressources congolaises est devenu un enjeu central de la rivalité stratégique entre Pékin et Washington. La RDC est aujourd’hui au cœur de la transition énergétique mondiale, et la compétition pour ses gisements de cuivre, de cobalt et de lithium ne cesse de s’intensifier. Si le gouvernement congolais tente de diversifier ses partenaires, notamment via un accord signé avec les États-Unis en décembre 2025 pour garantir un accès privilégié aux minerais critiques, la réalité du terrain montre une domination chinoise écrasante sur l’extraction.
Actuellement, des groupes chinois contrôlent déjà cinq des dix plus grandes mines du pays, et la production congolaise de cuivre, dopée par les investissements asiatiques, montre une croissance fulgurante. Dans ce contexte de lutte acharnée pour l’approvisionnement, l’Observatoire français des ressources minérales (OFREMI) note que la RDC « est en train de redessiner la carte mondiale du cuivre ». Le nouveau projet du Grand Kasaï, en déplaçant le centre de gravité minier hors du Katanga, pourrait ainsi renforcer encore un peu plus l’influence de la Chine sur le secteur le plus stratégique de l’économie congolaise.
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