Dans le cadre de sa stratégie de formalisation et de valorisation du secteur minier artisanal, le gouvernement congolais initie une expérience pilote ambitieuse visant à professionnaliser la production et l’exportation de l’or artisanal provenant de l’est du pays. Baptisé GoldConnect, ce projet s’appuie sur un partenariat étroit avec l’État et un investisseur canadien, en mettant l’accent sur les technologies numériques pour garantir traçabilité, transparence et création de valeur locale.
Porté par l’entrepreneur canadien Alain Lemieux via sa structure Phoenix Capital BV, le projet GoldConnect expérimente un modèle innovant de production et d’exportation. Celui-ci repose sur l’usage massif de solutions digitales, de la blockchain à la traçabilité en temps réel, afin de lutter contre la fraude, le financement illicite et les pertes de recettes pour l’État. Cette initiative s’inscrit dans le programme national AXIS, coordonné par le Fonds social de la République démocratique du Congo (FSRDC) et supervisé par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE).
Un projet pilote de trois mois doit démarrer en juin 2026. Il concernera les producteurs aurifères et une vingtaine de coopératives dans la province du Haut-Uélé, au nord-est du pays. Cette phase expérimentale permettra de tester sur le terrain l’ensemble de la chaîne : organisation des coopératives, sécurisation des sites, achat à des prix plus rémunérateurs pour les creuseurs, raffinage éventuel et exportation formelle. L’objectif est de transformer un secteur souvent informel en une filière structurée, éthique et génératrice de revenus durables pour les communautés locales.
Pour les autorités congolaises, ce projet représente un levier stratégique de reprise en main de la filière aurifère artisanale, qui échappe encore largement au contrôle de l’État malgré son poids économique considérable. En formalisant les circuits, Kinshasa espère augmenter les recettes fiscales, améliorer les conditions de travail des mineurs artisanaux et réduire les risques de conflit liés à l’exploitation illicite dans une région sensible. Le recours aux technologies numériques doit également faciliter la certification « or responsable », un critère de plus en plus exigé par les marchés internationaux.
Le partenariat avec Phoenix Capital et l’investisseur canadien Alain Lemieux s’inscrit dans une logique de collaboration public-privé innovante. Il intervient après la signature d’accords-cadres plus larges, dont certains prévoient des financements importants pour structurer les coopératives. Si le pilote s’avère concluant, GoldConnect pourrait être étendu à plusieurs centaines de coopératives dans les provinces aurifères de l’Est, contribuant ainsi à l’objectif national de formalisation du secteur artisanal.
Cette initiative intervient dans un contexte où la RDC cherche à maximiser la valeur ajoutée de ses ressources naturelles tout en répondant aux exigences internationales en matière de transparence et de durabilité. Les premiers résultats du projet pilote seront suivis de près par les acteurs du secteur minier et les partenaires au développement. Ils pourraient marquer une étape significative vers une exploitation plus souveraine et inclusive de l’or artisanal congolais.
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