La République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans la valorisation de son or artisanal. le ministère des Mines a officiellement lancé la première unité de raffinage d’or du pays à Kalemie, dans la province du Tanganyika. Baptisée DRC Gold Refinery, cette installation pilote est une avancée majeure dans la stratégie nationale de formalisation du secteur aurifère.
Le projet est le fruit d’un partenariat stratégique entre l’entreprise publique DRC Gold Trading et la société Lunga Mining, active dans l’exploration et le développement de gisements aurifères dans les provinces du Maniema et du Tanganyika. Selon un communiqué du ministère des Mines, l’unité couvre l’ensemble de la chaîne de valeur : de l’achat de l’or brut à son raffinage et à la production de lingots exportables.
La raffinerie dispose d’une capacité de production estimée entre 500 et 600 kilogrammes d’or par mois. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a souligné que cette infrastructure permettra à la RDC d’exporter de l’or raffiné à une pureté de 99,9 %, un standard international qui devrait significativement accroître la valeur ajoutée locale.
Cette initiative s’inscrit dans la politique de formalisation du commerce de l’or artisanal pilotée par DRC Gold Trading. Les autorités congolaises visent ainsi à réduire les pertes liées à la fraude et à la contrebande, tout en rapatriant davantage de devises étrangères. Pour l’année 2026, DRC Gold Trading ambitionne d’exporter entre 15 et 18 tonnes d’or artisanal, un objectif ambitieux dans un contexte où l’or reste l’une des ressources minières les plus importantes du pays.
Le lancement de Kalemie intervient près de trois ans après une première tentative avortée. En juillet 2023, la société Congo Gold Raffinerie, installée à Bukavu, avait vu son agrément retiré par le ministère des Mines avant même son démarrage, pour non-respect des obligations sociales et du cahier des charges en matière de responsabilité sociétale. Cette nouvelle unité à Kalemie semble donc tirer les leçons des expériences passées.
Dans un pays où l’exploitation artisanale représente une part prépondérante de la production aurifère, la mise en service de DRC Gold Refinery est perçue comme un signal fort envoyé aux investisseurs et aux opérateurs du secteur. Elle témoigne de la volonté des autorités de passer d’une simple extraction à une véritable transformation locale, génératrice d’emplois qualifiés et de revenus supplémentaires pour l’État.
Reste désormais à confirmer, dans les prochains mois, la montée en régime effective de l’usine et le respect des engagements en matière de traçabilité et de gouvernance. Pour la RDC, l’enjeu est clair : transformer son or en véritable levier de développement économique durable.


