Après une progression de 35 % en 2025, B2Gold affiche un bond spectaculaire de ses revenus aurifères au Mali pour le premier trimestre 2026. La compagnie minière canadienne a enregistré 734,8 millions USD de revenus sur ses opérations maliennes, contre 254,6 millions USD un an plus tôt, soit une hausse de 188 %. Cette performance, portée à la fois par l’augmentation des volumes d’or commercialisés et par la flambée des cours mondiaux, confirme l’importance stratégique de la mine Fekola, le joyau du groupe en Afrique de l’Ouest.
La production canadienne a écoulé 152 356 onces d’or au Mali au premier trimestre 2026, contre 87 808 onces un an auparavant, à un prix moyen réalisé de 4 823 USD l’once, contre 2 900 USD en 2025. Cette dynamique, exceptionnelle par son ampleur, s’explique par une hausse de la production à Fekola combinée à des cours mondiaux de l’or qui ont grimpé de plus de 60 % sur l’exercice précédent. À l’échelle globale, B2Gold a vu ses revenus consolidés atteindre 1,15 milliard USD, contre 532 millions USD un an plus tôt.
Un effet ciseaux prix-volumes très favorable
En 2026, la production annuelle de Fekola est attendue entre 410 000 et 460 000 onces d’or, un niveau certes en repli par rapport aux 530 769 onces produites en 2025, mais qui reste très significatif. La baisse opérationnelle anticipée est largement compensée par la flambée des prix. Le marché de l’or évolue en effet à des niveaux historiques, et des institutions financières comme JP Morgan et UBS anticipent une poursuite de la hausse des prix d’ici la fin de l’année.
Cette dynamique profite directement au Trésor malien. L’État détient 20 % du capital de la mine Fekola, et perçoit taxes, redevances et dividendes sur les ventes d’or. Dans le cadre du nouveau code minier adopté en 2023, la participation minimale de l’État et des collectivités locales a été portée de 20 % à 35 % pour les nouveaux projets, et le taux de redevance a été relevé. Pour le projet Fekola Regional, la clé de répartition est désormais de 65 % pour B2Gold et 35 % pour Bamako (dont 5 % réservés aux investisseurs locaux), contre 80 % et 20 % auparavant.
L’impact sur les finances nationales est déjà sensible. En 2024, les recettes publiques tirées de l’or ont bondi de 52,5 %. Le FMI prévoit une croissance de 5,4 % pour le Mali en 2026, tirée par l’exploitation minière et l’amélioration de la sécurité, et des recettes budgétaires attendues à environ 5,3 milliards USD.
B2Gold renforce son ancrage malien malgré un cadre plus strict
Malgré la refonte du code minier, souvent qualifiée de « nationalisme des ressources », B2Gold a choisi de réaffirmer son engagement au Mali. Le groupe a cédé pour 325 millions USD d’actifs européens au canadien Agnico Eagle afin de recentrer ses investissements sur ses gisements ouest-africains et de renforcer sa trésorerie, portée à 479 millions USD fin mars.
Cet apaisement réglementaire n’est pas un hasard. En septembre 2024, B2Gold a signé un accord avec les autorités maliennes pour résoudre les contentieux fiscaux et aligner ses activités d’exploration sur le nouveau cadre. L’ambition du groupe est claire : accroître la capacité du complexe Fekola en développant le projet souterrain et en exploitant le gisement satellite Fekola Regional, situé à une vingtaine de kilomètres de la mine principale. Ce dernier devrait produire 180 000 onces par an sur ses quatre premières années, soit environ un tiers de la production prévue pour la mine mère en 2026.
« La vente d’actifs européens souligne une réallocation calculée des capitaux vers une juridiction où B2Gold dispose à la fois d’une force opérationnelle et d’un alignement stratégique », souligne un analyste cité par Trendsnafrica.
Les défis persistent
Les investissements ne sont toutefois pas à l’abri des aléas. Le gouvernement du général Assimi Goïta a considérablement réduit la période de stabilité fiscale (de 30 ans à la durée de vie des mines) et supprimé les exonérations de TVA en phase de production. Des tensions sont également apparues entre la junte et certains opérateurs miniers au début de l’année, même si Barrick Gold est parvenu à un accord pour la reprise de sa mine Loulo-Gounkoto en février.
B2Gold, de son côté, a bénéficié d’une relative stabilité. Les seuls obstacles identifiés lors des récentes publications financières concernent des retards dans l’obtention du permis d’exploitation pour Fekola Regional, qui pourraient affecter les échéanciers de production, sans incidence sur les objectifs de l’année en cours. Par ailleurs, l’environnement sécuritaire dans la région du Sahel reste une source de vigilance.
En attendant, la dynamique haussière des cours de l’or et l’augmentation des volumes extraits à Fekola devraient continuer de gonfler les revenus de B2Gold et les recettes fiscales maliennes dans les trimestres à venir. Pour le gouvernement de transition comme pour l’opérateur canadien, le pari de la mine d’or semble, pour l’heure, parfaitement réussi.
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